La Commission européenne recommande des mesures pour sécuriser la 5G
Mais ne compte pas bannir Huawei (pour l'instant)

Le , par Bill Fassinou

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La 5G, la prochaine génération des réseaux de la téléphonie mobile se dévoile peu à peu au monde depuis l’année dernière. Certaines grandes entreprises comme Samsung ont déjà lancé des produits compatibles avec la 5G, mais le déploiement à très grande échelle du réseau semble ne pas être prévu avant le début des années 2020. La 5G est attendue non seulement pour la vitesse qu’elle offrira, mais également pour tout un tas d’autres caractéristiques. Elle devrait faciliter par exemple l’émergence de l’écosystème de l’IoT, permettre des progrès technologiques dans la mobilité du futur et améliorer quelques façades de l'armement.

Si la 5G doit représenter un élément clé dans la façon dont nous allons vivre dans les prochaines décennies avec des centaines de milliards d’appareils connectés allant des voitures aux petits gadgets (les téléphones, les tablettes, les objets de domotique, etc.), il serait primordial de songer, dès sa naissance, à mettre en place des mesures strictes dans le but de prévenir les éventuels dommages que pourrait subir le nouveau réseau. D’après certains, si aujourd’hui une panne ou une attaque de réseau se produit, cela ne provoquera presque rien de dramatique, mais dans le futur, une défaillance de la 5G pourrait causer des accidents de voiture très graves par exemple. Et dans les grandes villes, avec ces millions d’objets connectés concentrés dans une toute petite zone, les défaillances peuvent vite survenir. En bref, il faut s’apprêter à assurer la sécurité de la 5G.

L’Union européenne est bien consciente de cela, raison pour laquelle, à son assise du 26 mars à Strasbourg, la Commission de l’Union a recommandé une série d’étapes et de mesures pour garantir un niveau élevé de cybersécurité des réseaux 5G dans l’ensemble de la communauté UE. Pour la Commission européenne, la connectivité, à partir de 2020, va dépendre largement de la 5G et les recettes mondiales autour de ce réseau devraient atteindre les 225 milliards d’euros. En plus de cela, l’UE estime que la 5G va représenter un atout majeur de la compétitivité de l'Europe sur le marché mondial et la cybersécurité dans ce domaine est essentielle pour garantir l'autonomie stratégique de l'Union.

Un autre argument qu’on pourrait citer pour justifier la nécessité de garantir à un niveau élevé la sécurité de la 5G réside dans le fait que l’économie mondiale d’aujourd’hui fonctionne de plus en plus grâce aux réseaux à travers des technologies comme la blockchain et les cryptomonnaie. Les administrations d’États également tournent de plus en plus leurs systèmes vers les réseaux en utilisant par exemple des systèmes de vote ou d’élection en ligne en Suisse et en Corée du Sud. On reconnaît alors que la mise au point de système pour la sécurité de ce réseau est primordiale.


« Les réseaux de cinquième génération (5G) seront à l'avenir l'épine dorsale de nos sociétés et de nos économies, reliant des milliards d'objets et de systèmes, y compris dans des secteurs critiques comme l'énergie, les transports, les banques et la santé, ainsi que des systèmes de contrôle industriel qui véhiculent des informations sensibles et étayent des dispositifs de sécurité. Les processus démocratiques tels que les élections s'appuient de plus en plus sur les infrastructures numériques et les réseaux 5G, d'où la nécessité de remédier à toute vulnérabilité dans ce domaine et l'importance des recommandations formulées par la Commission dans la perspective des élections au Parlement européen en mai prochain », a déclaré la Commission européenne.

Pour la Commission européenne, toute vulnérabilité dans les réseaux 5G ou toute cyberattaque qui ciblerait les futurs réseaux dans un État membre affecterait l'Union dans son ensemble. C'est pourquoi des mesures concertées prises tant au niveau national qu'au niveau européen doivent garantir un niveau élevé de cybersécurité. La feuille de route qu’a présentée l’union pour mener à bien cette mission définie ainsi des mesures opérationnelles qui devront être mises en place au niveau national pour un État membre et d’autres au niveau de l’union elle-même. Au niveau étatique, chaque État membre devrait procéder à une évaluation nationale des risques liés aux infrastructures des réseaux 5G d'ici la fin du mois de juin 2019.

Sur cette base, les États membres devraient actualiser les exigences de sécurité existantes pour les fournisseurs de réseaux et les assortir de conditions garantissant la sécurité des réseaux publics, en particulier lorsqu'ils octroient des droits d'utilisation des radiofréquences dans les bandes destinées à la 5G. Les États membres de l'UE ont le droit d'exclure de leurs marchés, pour des raisons de sécurité nationale, des entreprises qui ne respectent pas leurs normes et leur législation. Selon certains, cette dernière mesure peut toucher plus tard le constructeur Huawei expulsé des USA par Trump. En effet, les États-Unis ont fait valoir que Huawei représente un risque parce que ses équipements pourraient être utilisés par les autorités chinoises pour espionner les communications et perturber les réseaux de télécommunications.

Cette position a conduit les principales entreprises de télécommunications sans fil aux États-Unis et les agences gouvernementales à éviter les produits de Huawei et de traiter avec les entreprises qui utilisent ces mêmes produits. L’administration Trump ne s’est pas arrêtée là. Selon le Wall Street Journal, les États-Unis ont lancé, en novembre dernier, une « campagne extraordinaire de sensibilisation » de ses alliés afin de tenter de persuader les fournisseurs d'accès à Internet sans fil dans ces pays d'éviter les équipements de télécommunication provenant du chinois Huawei, évoquant des préoccupations de sécurité nationale. Une campagne qui n’a rien donné jusqu’à présent. Cependant, aucun commentaire sur ce sujet n’a été fait de la part de la Commission européenne dans sa présentation.

Au niveau de l’UE, les États membres devraient s'échanger des informations et, avec le soutien de la Commission et de l'agence de l'Union européenne pour la cybersécurité (ENISA), ils mèneront à bien une évaluation coordonnée des risques au plus tard le 1er octobre 2019. Sur cette base, les États membres s'accorderont sur un ensemble de mesures d'atténuation pouvant être prises au niveau national. Ces mesures d'atténuation peuvent inclure des exigences de certification, des essais, des contrôles, ainsi que le recensement des produits ou fournisseurs jugés potentiellement non sûrs.

« Protéger les réseaux 5G, c'est protéger l'infrastructure qui est amenée à soutenir des fonctions sociétales et économiques vitales telles que l'énergie, les transports, les activités bancaires et le secteur de la santé, sans compter les usines du futur, qui seront beaucoup plus automatisées. C'est également protéger nos processus démocratiques, les élections par exemple, contre les ingérences et la propagation de la désinformation », a déclaré Mariya Gabriel, la commissaire responsable de l'économie et de la société numériques. En outre, d’autres étapes dans la sécurisation de la 5G sont émises et détaillées par la Commission européenne sur son canal de diffusion.

Source : Commission européenne

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