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L'équipement réseau de Huawei fait toujours courir des risques de sécurité « importants »
Selon le Royaume-Uni

Le , par Christian Olivier

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En novembre 2010, le géant chinois des réseaux et des télécommunications Huawei a conclu un accord avec le gouvernement du Royaume-Uni afin de permettre des examens approfondis de la sécurité du matériel et des logiciels du géant chinois. Cette mesure visait à dissiper les craintes selon lesquelles la société poserait un risque de sécurité pour les réseaux du Royaume-Uni. Depuis lors, le Centre d’évaluation de la cybersécurité de Huawei (HCSEC) a donné aux responsables britanniques un aperçu des pratiques de l’entreprise en matière de sécurité de l’information.

Mais un rapport du gouvernement britannique publié en juillet de l’année dernière a révélé que des problèmes techniques affectant la chaîne d’approvisionnement des équipements du groupe chinois avaient exposé les réseaux de télécoms nationaux à de nouveaux risques de sécurité. Après plusieurs mois d’observation, un nouveau compte rendu suggère que les responsables britanniques ne sont toujours pas satisfaits des progrès réalisés par Huawei qui avait pourtant promis des investissements importants pour résoudre ces problèmes, notamment en décembre dernier avec une enveloppe de 2 milliards de dollars étalée sur cinq ans pour la cybersécurité afin de rassurer ses clients occidentaux.


Dans le rapport de 46 pages publié récemment, le Comité de surveillance du HCSEC, composé de représentants du Centre national de cybersécurité, du GCHQ et d’autres agences, ainsi que d’un haut responsable de Huawei, a averti que Huawei n’avait pas apporté les modifications promises depuis longtemps au niveau de son logiciel et de ses pratiques d’ingénierie, des modifications pourtant indispensables à l’amélioration de la sécurité.

« ;Les travaux de HCSEC ont continué à identifier les problèmes liés à l’approche de Huawei en matière de développement de logiciels, entraînant une augmentation significative des risques pour les opérateurs britanniques ;», ont noté les membres du Comité de surveillance. Ils estiment en outre qu’aucun progrès matériel n’a été accompli pour remédier à ces problèmes depuis leur constatation, précisant que des audits et des examens conduits par le HCSEC ont permis de mettre en évidence « ;d’autres problèmes techniques importants dans les pratiques d’ingénierie de Huawei ;».

Citation Envoyé par le Comité de surveillance du HCSEC
« ;À l’heure actuelle, le Comité de surveillance n’a encore rien vu qui puisse lui donner confiance dans la capacité de Huawei à mener à bien les éléments de son programme de transformation qu’il a proposé comme moyen de remédier à ces défauts sous-jacents. Le Comité exigera des preuves soutenues de l’amélioration de la qualité de l’ingénierie logicielle et de la cybersécurité, vérifiées par HCSEC et le NCSC. Dans l’ensemble, le Conseil de surveillance ne peut donner qu’une assurance limitée que tous les risques pour la sécurité nationale du Royaume-Uni découlant de la participation de Huawei aux réseaux critiques du Royaume-Uni peuvent être suffisamment atténués à long terme ;».
Ce rapport intervient alors que Huawei est sur le point de jouer un rôle majeur dans le déploiement des communications sans fil 5G au Royaume-Uni, malgré l’insistance du gouvernement américain qui milite pour le bannissement des équipements réseau du chinois par qu’ils constitueraient d’après lui une menace pour la sécurité. L’administration Trump veut persuader ses alliés qu’en raison des forts soupçons de collusion existant entre Huawei et le gouvernement et l’armée de Chine, les logiciels et le matériel de la société pourraient être utilisés par Pekin pour le cyberespionnage ou le sabotage.


La Grande-Bretagne a malgré tout refusé de céder aux pressions US pour bannir Huawei, affirmant qu’aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique Huawei n’existe et qu’elle est en mesure de gérer les risques de sécurité liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ladite entreprise. Les problèmes mis au jour par le HCSEC suggèrent que la plus grande menace vis-à-vis de Huawei est que l’équipement fourni par cette entreprise pourrait être piraté par à peu près tout le monde qui s’en donnerait la peine. Et à cause de la manière dont le géant chinois gère son développement logiciel, il est impossible d’accorder une certification générale pour la sécurité de n’importe quel produit.

Un problème majeur cité par le rapport est qu’une grande partie de l’équipement réseau de Huawei repose toujours sur la version 5.5 du système d’exploitation en temps réel (RTOS) VxWorks de Wind River, qui est arrivée en « ;fin de vie ;» et ne sera bientôt plus prise en charge. Huawei a acheté une licence premium pour le support à long terme de VxWorks qui expire en 2020. Cela pourrait mettre en péril le matériel installé par les entreprises de télécommunications.

Même si Huawei développait son propre RTOS pour éventuellement remplacer VxWorks, la sécurité de ce système d’exploitation suscite des inquiétudes, car le processus de développement logiciel de Huawei n’était pas vraiment fiable. HCSEC a indiqué que le processus de conception de logiciel utilisé par l’entreprise donnait lieu à des incohérences entre les images logicielles. En d’autres termes, les produits sont livrés avec des logiciels dont les empreintes digitales varient considérablement. Il est donc impossible de déterminer si le code est le même sur la base de sommes de contrôle. En outre, le RTOS interne de Huawei est basé sur le noyau Linux, et son intégration au code Huawei existant n’est pas claire.

Malgré les efforts déployés par le Royaume-Uni pour amener Huawei à améliorer ses processus de gestion de la configuration depuis 2010, le géant chinois a appliqué la gestion de la configuration de manière incohérente d’un produit à l’autre. Par exemple, lors d’une visite sur le terrain au centre de développement de Huawei à Shanghai, le Comité de surveillance s’est rendu compte qu’un « ;nombre ingérable ;» de versions de la bibliothèque OpenSSL pouvait être utilisé dans des produits, y compris certains avec des vulnérabilités connues. « ;La conclusion rapportée au Conseil de surveillance est que le processus d’ingénierie de base de Huawei ne gère pas correctement l’utilisation des composants ni les problèmes de maintien du cycle de vie, laissant les produits impossibles à prendre en charge en général ;», indique le rapport.

En conséquence, le Comité conclut qu’il est « ;difficile d’être certain que différents déploiements d’équipements Huawei similaires sont globalement sécurisés ;». L’absence de versions logicielles cohérentes signifie qu’il est difficile (au mieux) de déterminer si un bogue trouvé dans une version du logiciel a été entièrement corrigé dans une autre version.

Citation Envoyé par un porte-parole de Huawei
« ;Les problèmes identifiés dans le rapport OB (comité de surveillance) apportent une contribution essentielle à la transformation en cours de nos capacités d’ingénierie logicielle ;».
Source : CNBC, Rapport du HCSEC (PDF)

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

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Avatar de Michael Guilloux
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 21/05/2019 à 16:34
L'administration Trump a-t-elle sous-estimé la capacité de Huawei à surmonter la sanction US ?
Cela ne va-t-il pas encourager des alternatives à Play Store ?

La semaine passée, l'administration Trump a publié un décret qui place Huawei sur une liste noire, une décision qui contraint les entreprises américaines à ne plus faire affaire avec le géant chinois des télécoms, à moins d'avoir une autorisation officielle. Suite à cette décision, Google a décidé de ne plus fournir de logiciels, de matériel informatique ou service technique à Huawei à l’exception des services disponibles en open source. L'éditeur d'Android a toutefois assuré que Google Play et les protections de sécurité de Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants.

En plus d’être coupé du système d’exploitation le plus vendu au monde, Huawei a vu certains des principaux concepteurs et fournisseurs de puces au monde suspendre également leurs relations commerciales jusqu’à nouvel ordre. Et ce mouvement ne s'est pas limité aux USA : le fabricant allemand de puces Infineon Technologies a déjà suspendu ses livraisons de composants à Huawei, tandis que d'autres entreprises de semi-conducteurs en Europe et en Asie étudient pour le moment les conséquences du décret de Trump pour leurs entreprises.

S'étant sans doute vite rendu compte de la sévérité du décret de Trump et de ses conséquences sur les USA eux-mêmes, Washington a réduit les restrictions commerciales imposées à Huawei. L'administration Trump a en effet délivré au géant chinois des télécoms une licence générale de 90 jours, valable du 20 mai au 19 août. Cette licence temporaire est selon le département US du Commerce nécessaire pour, entres autres, assurer la fourniture de support et certains services importants, y compris des mises à jour logicielles ou des correctifs, aux réseaux et équipements existants, mais aussi aux combinés Huawei existants et disponibles au public. Les USA autorisent donc Huawei à continuer à envoyer des mises à jour logicielles à ses téléphones Android pendant trois mois.


Huawei, qui s'y attendait, s'est préparé à cette éventualité et a développé son propre OS au cas où ses relations avec Google se dégradaient. Et comme le révèle le quotidien Bloomberg, Huawei est également en train de construire une alternative au Play Store de Google, avec sa galerie d'applications, présente depuis un certain temps sur les appareils Android Huawei et Honor.

Selon Bloomberg, Huawei a promis aux développeurs d’applications en 2018 de les aider à percer en Chine, le plus grand marché de smartphones du monde, s’ils construisaient des applications pour sa galerie. En passe de devenir le fabricant de smartphones le plus prolifique au monde cette année, Huawei a aussi assuré à des partenaires développeurs d’applications que 50 millions de personnes utiliseraient son app store en Europe en 2018. La société aurait également proposé de fournir « un outil simple permettant de modifier les applications écrites pour Play Store afin qu'elles fonctionnent avec App Gallery », sa boutique d'applications.

La galerie d’applications de Huawei pourrait ainsi servir de pont entre l’est et l’ouest, c'est-à-dire un moyen pour les développeurs de distribuer leurs applications à un public européen et asiatique, principalement chinois. Cela aurait pu constituer une alternative sérieuse au Play Store de Google. Toutefois, l’interdiction générale imposée par l’administration Trump pourrait réduire les chances de ce plan de galerie d'applications de porter ses fruits.

D'après Bloomberg, citant des documents dont il a eu connaissance, les plans de Huawei de créer une boutique d'applications alternative à Play Store reposaient en effet sur le fait que le Chinois se verrait dans l'impossibilité de faire affaire avec Google, pas l'impossibilité de traiter avec tous les fabricants et fournisseurs de logiciels américains. Or, être interdit de travailler avec toute société américaine signifie que Huawei ne pourra pas non plus compter sur Facebook ou Twitter entre autres éditeurs d'applications populaires, pour créer sa galerie d'applications mobiles.

Bien que Huawei ait anticipé une telle décision du gouvernement US, celle-ci reste un coup dur qui, pour certains observateurs, pourrait avoir de graves conséquences pour le géant des télécoms, et pas seulement dans le domaine mobile. Mais en Chine, les utilisateurs semblent moins inquiets. Considérant Huawei comme une « fierté nationale », les internautes chinois ont apporté un soutien ferme à l'entreprise après le retrait de sa licence Android par Google et autres restrictions annoncées par le gouvernement US.

Sur les réseaux sociaux chinois, nombreux sont ceux qui ont juré de ne pas abandonner l'entreprise alors que d'autres disent se préparer à rejoindre la grande famille d'utilisateurs d'appareils Huawei. La plupart des commentaires sur Weibo, le site chinois de microblogging, indique que les Chinois sont confiants que Huawei n'aura aucun problème à surmonter la sanction des USA. De nombreux internautes ont déclaré qu'ils attendaient avec impatience le système d'exploitation Huawei et prédisaient que l'une des conséquences potentielles de la guerre commerciale sino-américaine serait que tous les smartphones chinois basculent éventuellement vers un système d'exploitation chinois et utilisent des puces et des produits électroniques fabriqués en Chine.

Quand on sait que la Chine est le plus grand marché de smartphones au monde, on peut s'attendre à ce que Google soit beaucoup affecté par cette situation. D'autres initiatives contre la mainmise de Google dans le monde Android pourraient également en profiter pour intensifier leurs campagnes et promouvoir leurs propres versions d'Android. Rappelons déjà que la e Foundation s'apprête à lancer une gamme de smartphones à bas prix avec sa propre version d'Android. Mais jusque-là, développer sa propre version d'Android n'a pas été le véritable problème. Ce qui freine l'adoption de versions d'Android différentes de celle de Google est surtout les applications qui y seront proposées. Mais certains projets essaient de lever cette difficulté. C'est le cas du projet microG, qui propose une réimplémentation libre des applications et bibliothèques propriétaires (Google) de l’espace utilisateur Android.

Sources : Licence temporaire pour Huawei, Bloomberg, What's on Weibo

Et vous ?

Google et les USA n'ont-ils pas sous-estimé Huawei ?
Cet incident ne va-t-il pas au contraire encourager les constructeurs mobiles à se détacher totalement de la mainmise de Google sur le marché Android en proposant leurs propres boutiques d'applications et leurs propres versions d'Android ?

Voir aussi :

La Chine prévoit un fonds de 47 milliards de dollars pour stimuler son industrie de semi-conducteurs et réduire le fossé technologique avec les USA
La Chine aurait commencé la production de ses processeurs x86 pour serveurs basés sur AMD Zen, Dhyana serait un clone pur et simple d'EPYC
Les USA envisagent de reconsidérer leur coopération avec les alliés qui utilisent les équipements 5G de Huawei en ne partageant plus les informations
Technologie 5G : la France dégaine la « loi Huawei », ou plutôt une « réponse technique et technologique à un problème technique et technologique. »
USA : la bataille opposant ZTE et les États-Unis touche à sa fin suite à un accord autour d'un dépôt d'entiercement de 400 millions de dollars
Les sanctions américaines contre ZTE pourraient à nouveau entrer en vigueur après un vote du Sénat malgré les efforts de Donald Trump
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Avatar de Christian Olivier
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 24/05/2019 à 15:51
Les motifs avancés par Trump pour justifier l’embargo contre Huawei sont inacceptables
Les USA auraient-ils bluffé depuis le début ?

Alors que l’entreprise chinoise Huawei est sur le point de jouer un rôle majeur dans le déploiement de la 5G à l’échelle planétaire, l’administration Trump s’est engagée dans une campagne de boycott de grande ampleur pour imposer le bannissement des équipements réseau du chinois. Les États-Unis veulent persuader leurs alliés de l’UE et des Big Five qu’en raison des forts soupçons de collusion qui existeraient entre Huawei et le gouvernement et l’armée de Chine, les logiciels et le matériel de cette société pourraient être utilisés par Pékin à des fins de cyberespionnage ou de sabotage.


La semaine dernière, l’administration Trump a pris des mesures extrêmes et sans précédent contre Huawei, mettant sous embargo le géant technologique chinois au risque d’une rupture à long terme des relations commerciales entre Washington et Pékin. Ces mesures incluent l’ajout du géant des télécoms chinois, comme la société russe de cybersécurité Kaspersky avant elle, dans une liste noire qui contraint les entreprises étasuniennes à ne plus faire affaire avec Huawei, à moins d’avoir une autorisation officielle préalable. Cette action a poussé de nombreuses entreprises technologiques américaines (Microsoft, Intel, ARM, Google…) à mettre un terme à leurs relations commerciales avec le second fabricant mondial de smartphones qui occupe près du quart du marché dans la zone EMEA.

Pour justifier sa décision, l’administration Trump a expliqué que le matériel Huawei expose les États-Unis à un risque accru d’espionnage. D’après elle, « ;les adversaires étrangers créent et exploitent de plus en plus de vulnérabilités dans les technologies et services d’information et de communication ;». Elle est persuadée que « ;l’acquisition ou l’utilisation sans restriction ;» d’équipements conçus par des adversaires étrangers aggrave ces vulnérabilités au point de constituer « ;une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale ;».

Si cette manœuvre avait pour but de restreindre Huawei dans le domaine de l’infrastructure réseau, ça pourrait se comprendre. Mais quel est le rapport avec le matériel exporté et surtout destiné à des marchés autres que celui des États-Unis : pourquoi les puces Intel, AMD et Qualcomm ou la mémoire flash de Micron ne devraient-elles pas être vendues à Huawei pour être utilisées sur des produits (PC ou smartphones et autres) destinés à l’Europe ;? Huawei ne vend pas de smartphones aux États-Unis et malgré le fait que la Chine a des antécédents de violation de la propriété intellectuelle et de vol de secrets commerciaux, pourquoi d’autres groupes chinois comme Lenovo, OnePlus ou DJI ne sont pas inquiétés ;?


Les États-Unis et la Chine se livrent une intense guerre commerciale depuis l’an dernier, un conflit dans lequel la surenchère verbale, l’arrestation de hauts responsables de multinationales de part et d’autre et la manipulation des tarifs douaniers font partie des principaux instruments de cette confrontation économique. Certains pourraient voir les mesures contre Huawei comme faisant partie d’une stratégie visant à augmenter la pression sur l’économie chinoise afin d’obtenir des concessions à l’avenir. Mais invoquer des raisons liées à la sécurité nationale dans l’affaire Huawei comme le font les USA actuellement ne pourrait-il pas nuire durablement à la crédibilité des USA en cas d’apparition d’une menace réelle pour la sécurité ;?

Récemment, le président Trump s’est adressé à la presse après un événement au cours duquel a été abordée la question de l’appui aux agriculteurs étasuniens impactés par la guerre commerciale entre Washington et Pékin. Lorsqu’un journaliste a interrogé Donald Trump au sujet des actions menées à l’encontre de Huawei, la réponse du président a été troublante : « ;Huawei est quelque chose de très dangereux. Si vous regardez ce qu’ils ont fait du point de vue de la sécurité, du point de vue militaire, c’est très dangereux. Il est donc possible que Huawei soit même inclus dans une sorte d’accord commercial. Si nous parvenions à un accord, j’imagine que Huawei pourrait être inclus dans un accord commercial sous une forme ou une autre ;».


Trump semble indiquer qu’un embargo a été imposé à Huawei parce que cette entreprise constitue une menace pour la sécurité nationale des USA. Mais il précise aussi que ces restrictions pourraient être levées dans le cadre d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine, ce qui à première vue ne parait pas logique : comment pourriez-vous négocier une menace à la sécurité dans le cadre d’un accord commercial sachant que votre partenaire ne peut pas promettre de façon crédible qu’il n’essayera pas de vous espionner ;?

Ces allégations apparemment incompatibles pourraient tout de même trouver un sens en admettant que la menace pour la sécurité nationale brandie par le camp étasunien était du bluff à la base. Quel que soit l’accord que Trump signe, les agences d’espionnage chinoises continueront leurs activités et si Huawei était une menace avant l’accord, elle le sera tout autant par la suite. Bien sûr, si la société technologique n’était pas vraiment une menace pour la sécurité et que l’administration Trump s’en est servi comme excuse pour intensifier la guerre commerciale, ce serait encore pire, car n’importe quelle autre entreprise technologique pourrait servir de bouc émissaire à l’avenir.

Le monde de la sécurité nationale repose sur des renseignements confidentiels et les opérations de vie ou de mort doivent souvent être entreprises pour des raisons qui ne peuvent être rendues publiques. Dans ces cas-là, le président et les autres chefs de gouvernement ne peuvent raconter qu’une partie de l’histoire, et au-delà de cela, ils ont besoin que le public ait confiance dans le fait qu’il existe une préoccupation de sécurité nationale valable pour dissimuler le reste. Cette confiance a été ébranlée ces dernières années, souvent pour de bonnes raisons, mais c’est une part importante de ce que signifie avoir un service de renseignement fonctionnel. Faire reculer des restrictions massives à la suite d’un accord commercial serait catastrophique pour cette crédibilité et la confiance dans cette institution est la principale raison pour laquelle nous devons croire que Huawei est une menace en premier lieu.

Il se pourrait que les propos de Trump aient été mal interprétés. Mais, quels que soient les faits, c’est au président de justifier ses actions auprès du public et de présenter clairement ces mesures contre Huawei dans le cadre d’un plan plus large entrepris pour le bien des États-Unis, ne serait-ce que pour préserver la crédibilité du gouvernement en place. La décision de Trump a causé un immense chaos et de l’inquiétude à l’échelle mondiale dans l’industrie technologique. Il doit au moins aux différents acteurs de ce milieu une explication honnête sur les raisons qui l’ont poussé à agir de la sorte.

Et vous ?

Que pensez-vous de l’embargo américain imposé à Huawei et des justifications avancés avancées par le président américain ?

Est-il, selon vous, possible de négocier une menace à la sécurité dans le cadre d’un accord commercial sachant qu’aucun des partenaires impliqués ne peut pas promettre de façon crédible qu’il n’essayera pas de vous espionner ;?

Invoquer des raisons liées à la sécurité nationale dans l’affaire Huawei comme le font les USA actuellement ne pourrait-il pas nuire durablement à la crédibilité des USA en cas d'apparition d'une menace « réelle » pour la sécurité ?

Est-il admissible que des puces Intel, AMD et Qualcomm ou la mémoire flash de Micron ne puissent pas être vendues à Huawei pour être utilisées sur des produits (PC ou smartphones et autres) destinés à des marchés autres que celui des USA ;?

Les USA auraient-ils bluffé depuis le début ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 15/05/2019 à 16:58
Le président Donald Trump pourrait signer un décret qui paverait le chemin,
vers le bannissement d'Huawei dans le domaine des télécoms aux USA

Le président américain Donald Trump devrait signer cette semaine un décret interdisant aux entreprises américaines d’utiliser des équipements de télécommunication fournis par des groupes représentant une menace en termes de sécurité nationale, ce qui ouvrira la voie à un bannissement du chinois Huawei, ont déclaré à Reuters trois responsables américains informés de ce projet.

Le décret, qui ne devrait explicitement mentionner aucun pays ou aucune entreprise, est à l’étude depuis plus d’un an mais a été retardée à plusieurs reprises, ont précisé les sources, demandant à ne pas être nommée car les préparatifs restaient confidentiels. Cela pourrait être retardé à nouveau, ont-elles dit.

Ce décret s’appuiera sur l’International Emergency Economic Powers Act, qui permet au président des Etats-Unis de prendre des mesures sur le plan commercial en cas d’urgence nationale face à une menace contre le pays. Il chargera alors le département du Commerce, en collaboration avec les différentes agences fédérales, d’élaborer un plan de mise en oeuvre des mesures prévues, ont précisé les sources.

Notons que Donald Trump a déjà promulgué en août 2018 une loi interdisant aux autorités fédérales américaines de recourir aux équipements de Huawei et d’un autre groupe chinois, ZTE.

Des tensions commerciales

S'il était signé, le décret entrerait à un moment délicat dans les relations entre la Chine et les États-Unis, les deux plus grandes économies du monde augmentant leurs droits de douane dans une bataille contre ce que des responsables américains appellent les pratiques commerciales déloyales de la Chine.

En substance, les États-Unis reprochent déjà à l’équipementier Huawei d’avoir espionné des entreprises américaines et volé leurs secrets technologiques. En outre, le gouvernement américain reproche à Huawei d’entretenir une collusion avec le parti communiste chinois, ce qui pourrait favoriser l’introduction de portes dérobées dans les équipements de Huawei et permettre au gouvernement chinois de surveiller le trafic et espionner les communications réseau partout dans le monde. Enfin, avec le déploiement de la 5G, l’accroissement de l’usage des technologies sans fil dans de nombreux domaines pourrait renforcer la position de Huawei tout en accroissant davantage les risques cités plus haut, selon les USA.

En référence à tous ces risques, les États-Unis ont interdit à ses agences gouvernementales d’acheter du matériel chinois y compris ceux de Huawei et contraint les opérateurs de télécom américains bénéficiant d’un financement public d’écarter Huawei de la liste des fournisseurs de matériels réseaux. Si cette démarche connaît du succès sur le territoire américain ainsi que chez certains de ses partenaires comme comme le Japon, l’Australie, et la Nouvelle-Zélande, le gouvernement américain peine encore à convaincre un de ses alliés majeurs qu’est le Royaume-Uni.


Pour ce dernier, bien que le réseau de Huawei comporte des risques de sécurité importants, il est en mesure de gérer ces risques liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ce dernier. De même, le pays ajoute qu’il n’existe aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique. Partant de ce fait, le Royaume-Uni a donc refusé de céder aux pressions américaines et de bannir Huawei des fournisseurs d’équipements réseau 5G dans le pays.

Huawei, qui a à plusieurs reprises nié les accusations, a décidé d’adopter une autre stratégie. En effet, mardi, son PCA s'est dit prêt à signer des accords de non-espionnage avec des gouvernements, y compris la Grande-Bretagne. « Nous sommes prêts à signer des accords de non-espionnage avec les gouvernements, y compris le gouvernement du Royaume-Uni, afin que notre équipement réponde à la norme de non-espionnage et soit exempte de porte dérobée », a déclaré le président de Huawei, Liang Hua, à Londres, par l'intermédiaire d'un interprète.

Liang a indiqué que Huawei n'avait agi pour le compte du gouvernement chinois sur aucun marché international.

« En dépit du fait que Huawei a son siège en Chine, nous sommes une société opérant dans le monde entier », a-t-il rappelé. « Partout où nous opérons dans le monde, nous nous sommes engagés à respecter les lois et réglementations locales applicables dans ce pays. Aucune loi chinoise n'oblige les entreprises à collecter des informations auprès d'un gouvernement étranger ou à implanter des portes dérobées pour le gouvernement ».


La Chine estime que la réaction des États-Unis n’est ni honorable, ni juste

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a déclaré lors d'un point de presse quotidien à Beijing que les Etats-Unis avaient « abusés de leur pouvoir national » pour « délibérément discréditer » et réprimer certaines entreprises chinoises.

« Ce n'est ni honorable, ni juste », a-t-il déclaré.

« Nous exhortons les États-Unis à cesser d'utiliser l'excuse des problèmes de sécurité pour réprimer de manière déraisonnable les sociétés chinoises et créer un environnement juste, équitable et non discriminatoire pour les sociétés chinoises qui effectuent des investissements et des opérations normales aux États-Unis.»

Les États-Unis poussent activement d'autres pays à ne pas utiliser les équipements de Huawei dans les réseaux 5G de prochaine génération qu'ils qualifient de « non fiables ». En août, Trump a signé un projet de loi interdisant au gouvernement américain d'utiliser lui-même les équipements de Huawei et d'un autre fournisseur chinois. ZTE Corp.

Source : Reuters

Voir aussi :

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Vodafone nie avoir découvert des backdoors cachés dans les équipements de Huawei, il ne s'agirait que du protocole Telnet
Les USA envisagent de reconsidérer leur coopération avec les alliés qui utilisent les équipements 5G de Huawei, en ne partageant plus les informations
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Avatar de Michael Guilloux
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 23/05/2019 à 4:15
ARM coupe ses liens avec Huawei à cause des sanctions US
ce qui menace la capacité du Chinois à concevoir de nouvelles puces pour ses smartphones

Le concepteur britannique de puces, ARM, a mis un terme à ses relations avec Huawei dans un souci de se conformer aux sanctions prises par les USA contre le géant chinois des télécoms. Comme nous l'avons rapporté la semaine passée, l'administration Trump a en effet publié un décret qui place Huawei sur une liste noire, une décision qui contraint les entreprises américaines à ne plus faire d'affaires avec le géant chinois des télécoms, à moins d'avoir une autorisation officielle.

Avec cette sanction, Huawei a vu rapidement ses partenaires US commencer à suspendre leurs relations commerciales jusqu'à nouvel ordre. C'est le cas de Google, l'éditeur de l'OS utilisé par les téléphones Huawei, mais aussi bon nombre de fournisseurs de semi-conducteurs entre autres entreprises technologiques : Intel, Qualcomm, Xilinx, Broadcom, Qorvo, Micron Technology et Western Digital.

Ce mouvement ne s'est toutefois pas limité aux USA. Le fabricant allemand de puces Infineon Technologies a par exemple suspendu ses livraisons de composants à Huawei, tandis que d'autres firmes technologiques en Europe et en Asie ont indiqué étudier les conséquences du décret de Trump pour leurs entreprises. Il s'agit notamment du fabricant franco-italien de puces ST Microelectronics ; Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC), le principal fournisseur asiatique de puces en Chine ; Toshiba Memory, le deuxième fournisseur mondial de mémoire flash au monde ; et le fournisseur d'écrans Japan Display Inc.

Il semble en effet que les entreprises étrangères utilisant une certaine quantité de technologie américaine dans la fabrication de produits qu'elles vendent à Huawei sont également soumises à la même restriction. Elles risquent donc des répercussions juridiques aux États-Unis si elles ne se conforment pas au décret de Donald Trump. Elles pourraient elles-mêmes être inscrites sur une liste noire. C'est ce qui explique la décision du concepteur de puces ARM, racheté en 2016 par le Japonais Softbank, mais qui maintient son siège à Cambridge.

La société britannique a ordonné à ses employés de suspendre « tous les contrats actifs et engagements en cours » avec Huawei après que les États-Unis ont ajouté Huawei à une liste d'entreprises avec lesquelles les entreprises US ne peuvent pas traiter. ARM a déclaré dans un mémo interne que ses conceptions contenaient une technologie d'origine américaine. Par conséquent, son personnel n'était plus autorisé à « fournir de l'assistance, des technologies (logiciels, codes ou autres mises à jour) ou engager des discussions techniques » avec Huawei.

« ARM se conforme aux dernières restrictions établies par le gouvernement américain et est en discussion avec les agences gouvernementales américaines appropriées pour s'assurer que nous restons en conformité », a déclaré un porte-parole d'ARM dans un communiqué. « ARM apprécie sa relation avec notre partenaire de longue date HiSilicon [la branche de Huawei spécialisée dans les semi-conducteurs, NDLR] et nous espérons une résolution rapide de ce problème. »


Si Huawei dit avoir un plan B pour contourner Android, sans ARM, ce serait plus difficile de surmonter les restrictions des USA. ARM propose en effet des architectures qui sont vendues sous licence de propriété intellectuelle à de nombreux concepteurs. Elle propose différentes options dans lesquelles les constructeurs peuvent prendre ce qui les intéresse pour compléter avec leurs options propres ou celles de concepteurs tiers. Aujourd'hui, ARM est surtout connue pour ses systèmes sur puce (SoC), intégrant sur une seule puce : microprocesseur, processeur graphique (GPU), DSP, FPU, SIMD, et contrôleur de périphériques. Et ceux-ci sont présents dans la majorité des smartphones et tablettes.

Par conséquent, lorsque vous entendez parler d'un appareil alimenté par une puce Samsung Exynos, Qualcomm Snapdragon ou Apple A11, c'est toujours la technologie ARM qui est impliquée. Comme Apple et des fabricants de puces tels que Qualcomm, Huawei utilise la propriété intellectuelle d'ARM pour concevoir les processeurs qui alimentent ses smartphones. Autrement dit, ARM est à la base de la conception des puces pour les smartphones Huawei. Pour cette raison, certains analystes estiment que la décision d'ARM constitue un obstacle insurmontable pour Huawei. Cela paralysait potentiellement la capacité de la société chinoise à fabriquer de nouvelles puces pour ses futurs smartphones.

Source : Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous du fait que les entreprises étrangères reconsidèrent leurs relations avec Huawei à cause d'une décision US ?
Cela ne devrait-il pas interpeller l'Europe sur la nécessité d'être technologiquement souveraine ?

Voir aussi :

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Le 01/06/2019 à 10:09
La Chine s’apprête à publier sa liste d’entreprises étrangères jugées à risque et à bannir de son marché
Comme l’ont fait les USA avec Huawei

La Chine s’apprête à publier sa propre liste d’entités étrangères jugées à risque et à bannir de son marché. C’est ce qui ressort d’une récente communication du ministre du Commerce de ce pays. La liste comprendra des entités, individus et entreprises étrangères qui bloquent la chaîne d’approvisionnement ou prennent des mesures discriminatoires pour des raisons non commerciales et qui, par leurs actions, mettent en danger les activités des entreprises chinoises ainsi que les consommateurs et entreprises mondiales.


M. Gao – ministre du Commerce chinois – a indiqué que ladite liste est basée sur certaines lois chinoises dont celles sur le commerce extérieur et la sécurité nationale. Le détail quant à ce qui concerne les entités et entreprises étrangères concernées fera l’objet d’une publication dans les jours à venir. On reste de même dans l’attente d’informations supplémentaires pour ce qui est des mesures que le gouvernement chinois entend prendre.

L’une des plus grosses contre-mesure depuis le début de cette rixe entre Américains et Chinois ?

À mi-parcours du mois de mai, le président Donald Trump a signé un décret qui établit les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis. La mesure vise à neutraliser la capacité de la Chine à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » susceptible de saboter des systèmes de communication américains ou de créer des « effets catastrophiques » sur l’infrastructure américaine. Y faisant suite, le ministère américain du Commerce a pris une mesure connexe qui interdit aux entreprises américaines de vendre des composants et des logiciels à Huawei et à 70 de ses affiliés (désormais inscrits sur la liste américaine d’entités à bannir) sans autorisation.


Depuis que ces deux décisions sont tombées, l’équipementier chinois est sevré de licence Android et de partenaires stratégiques comme la Wi-Fi Alliance et la SD Association. Huawei peut donc uniquement faire usage de la version publique d’Android (celle de l’AOSP), mais ne peut accéder aux applications et services propriétaires de Google. L’entreprise ne pourra de même s’appuyer sur les cartes microSD pour les futures générations de ses smartphones. L’on anticipe de même qu’elle aura du mal à coller aux futures normes sur les réseaux Wi-Fi. À date, la liste est bien longue avec (entre autres) le britannique ARM et l’Allemand Infineon qui ont eux aussi mis une pause à leurs collaborations respectives avec l’entreprise chinoise.

En réponse à l’étau américain Huawei a annoncé un certain nombre de mesures. L’entreprise a déjà fait savoir qu’un système d’exploitation destiné à remplacer Android est en gestation au sein de ses laboratoires. Puisqu’il s’agit désormais d’une rixe inter-états, la Chine a annoncé qu’elle va se passer de Windows comme système d’exploitation sur les postes de travail de son armée, ce, au profit d’un système d’exploitation personnalisé qui, d’après les retours initiaux, ne sera pas basé sur Linux non plus. Mais, l’escalade en termes de décision est clairement perceptible puisque Huawei vient d’ordonner à ses employés de ne plus organiser de réunions techniques avec leurs contacts américains. D’après une publication du Financial Times, l’équipementier chinois a également renvoyé des citoyens américains exerçant des fonctions de recherche et développement à son siège à Shenzhen. Avec l’annonce de la future publication de cette liste chinoise d’entités à bannir, des observateurs pensent que la Chine vient de se lancer sur l’une des plus grosses contre-mesure depuis le début de cette rixe.

Quelles conséquences ? Et pour lequel des acteurs ?

Ces diverses pertes de relations et de partenariats pourraient engendrer une baisse des livraisons de Huawei dans le monde. Selon Fubon Research and Strategy Analytics, les livraisons de smartphones chez Huawei, le deuxième fabricant mondial de smartphones en volume, pourraient chuter entre 4 % et 24 % en 2019 si les USA maintiennent le status quo sur leurs récentes décisions. Une perte définitive de l’accès aux services et applications propriétaires de Google est susceptible d’entraîner la disparition de son marché en Europe occidentale. De plus, plusieurs autres experts anticipent sur une diminution des expéditions mondiales de Huawei au cours des six prochains mois. En outre, Huawei ne devrait expédier que 200 millions de smartphones en 2019 contre 258 millions d’après des prévisions de Fubon Research.

Mais, il semble que dans un environnement des affaires délétère, personne ne puisse au finish être à son aise. Huawei est l’un des acteurs majeurs de la mise en œuvre des réseaux 5G vers lesquels les gouvernements du monde qui ont les moyens veulent aller. Bannir l’entreprise à l’échelle globale impliquerait un ralentissement conséquent du déploiement de cette technologie de réseaux sans fils – argument que certains pays d’Europe ont déjà mis sur la table.

Source : Global Times

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

La Chine a-t-elle les moyens de battre les USA à son propre jeu ?

Voir aussi :

L'Europe doit se méfier de Huawei, dit un responsable technique européen, après l'arrestation d'un dirigeant de Huawei dans le cadre d'une enquête
Huawei prévoit une enveloppe de 2 milliards USD sur cinq ans pour la cybersécurité, afin de rassurer ses clients occidentaux
Huawei a été accusé d'avoir triché sur les tests de plusieurs flagships, en se servant d'un « mode performance » pour booster ses appareils
Les liens de Google avec Huawei vus d'un mauvais œil par des législateurs américains, qui y voient une menace pour la sécurité des États-Unis
La demande mondiale de nouveaux smartphones serait en chute libre, Huawei pourrait en profiter pour devenir le numéro 2 du marché devant Apple
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Le 04/06/2019 à 16:33
L'IEEE décide de lever les sanctions contre Huawei sur les activités éditoriales,
après les éclaircissements du département américain du Commerce

Le mois dernier, suite à une longue liste d’entreprises et d'organisations internationales qui se sont désolidarisées de Huawei depuis que le président Donald Trump a signé un décret interdisant l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger », assorti d’une mesure connexe prise par le ministère américain du Commerce interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 68 affiliés, l'Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE) a interdit aux employés de Huawei d'examiner les articles publiés dans ses revues en raison des sanctions mentionnées ci-dessus.

IEEE est une importante société scientifique basée à New York qui dispose d’un large éventail d'activités et d'avantages pour ses membres, les bénévoles et la communauté technique, y compris ses quelque 200 revues. Mais l’association a déclaré le mois dernier aux rédacteurs en chef des revues qu'elle craignait des « conséquences juridiques graves » si elle continuait à avoir les scientifiques de Huawei comme examinateurs pour la révision des documents techniques. Ils « ne peuvent pas s'occuper des papiers » jusqu'à ce que les sanctions soient levées, pouvait-on lire dans un courriel envoyé aux rédacteurs en chef par l’association. Toutefois, l’IEEE a rassuré que l'impact de la politique commerciale aurait des effets limités sur ses membres, et que les employés de la firme chinoise pouvaient continuer à siéger aux comités de rédaction de l'IEEE et faire bien d’autres choses qu’ils faisaient avant.

Des réactions en chaîne

Le 15 mai dernier, le président des États-Unis a signé un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. Le 16 mai, le Bureau de l'industrie et de la sécurité (BIS) du département du Commerce des États-Unis, qui administre et applique les règlements américains sur l'administration des exportations (EAR), a expressément ajouté Huawei Technology Ltd. et 68 de ses filiales à sa liste noire commerciale.

Ces décisions ont contraint certaines grandes entreprises et organisations à mettre fin à leur collaboration avec Huawei. Quelques jours seulement après la prise de la mesure, Google a mis une pause à sa collaboration avec Huawei en lui bloquant certains services Android ; ARM aurait ensuite ordonné à ses employés de suspendre leurs activités avec la firme ; les fabricants de puces, Intel et Qualcomm auraient également coupé des liens avec Huawei ; Wi-Fi Alliance et SD Association ont également rompu tout lien avec l’entreprise chinoise.

Selon la déclaration de l’association, il était toujours permis à Huawei et ses employés de continuer à participer à d'autres activités en tant que membre, y compris accéder à la bibliothèque numérique de l'IEEE, soumettre des articles techniques pour publication, faire des présentations à des conférences parrainées par l'IEEE et accepter des prix IEEE. Les employés de Huawei pouvaient également continuer à exercer leur droit de vote, assister aux réunions d'élaboration des normes, soumettre des propositions et faire des commentaires lors des débats publics sur les nouvelles normes, en tant que membres de l’association. Les membres affiliés à Huawei pouvaient également participer à des réunions d'affaires, de logistique et autres, y compris celles liées à la planification de conférences.


Cette déclaration a suscité de l’indignation parmi les professeurs chinois membres de l’association. Ils reprochent aux responsables de l’association de laisser la politique s'immiscer dans la collaboration universitaire, en soulignant le danger que cela pourrait représenter. Haixia(Alice) Zhang, professeur à l’Institut de microélectronique à l’Université de Pékin, a écrit dans un courriel, en réponse à la décision de l’IEEE :

« Haixia Zhang de l'Université de Pékin, en tant que vieille amie et membre senior de l'IEEE, je suis vraiment choquée d'apprendre que l'IEEE est impliqué dans « US-Huawei Ban » pour remplacer tous les réviseurs de Huawei, ce qui est bien au-delà du domaine scientifique et technologique de base que je suis depuis ma formation professionnelle ».

« Aujourd'hui, ce message de l'IEEE pour « remplacer tous les réviseurs de Huawei dans les revues de l'IEEE » remet en question mon intégrité professionnelle. Je dois dire qu'en tant que professeur, je ne l'accepte PAS. Par conséquent, j'ai décidé de quitter le comité de rédaction de l'IEEE NANO et de l'IEEE JMEMS jusqu'au jour où il reviendra à notre intégrité professionnelle commune », a-t-elle ajouté.

La décision de l’IEEE a suscité également de nombreux commentaires sur les sites Web et plusieurs commentateurs lient la décision à la négociation commerciale qui a lieu depuis des mois entre les États-Unis et la Chine. Selon un autre commentaire, Huawei et ses entreprises seraient traqués parce que la société aurait une longueur d'avance sur les entreprises américaines en termes d'infrastructure 5G et que l'Amérique craint de ne pas être dans la course à un développement technologique qui pourrait représenter des centaines de milliards de dollars.

Après les éclaircissements, l’IEEE lève les sanctions

Le jeudi 16 mai 2019, le département américain du Commerce a appliqué des restrictions de contrôle des exportations à Huawei Technology Ltd. et à 68 de ses filiales. L’IEEE a publié une déclaration concernant la conformité et a précisé que si le gouvernement américain clarifiait l’application du Règlement d’exportation des exportations des États-Unis en ce qui concerne l’examen par les pairs. L’IEEE fournirait une mise à jour à la communauté de l’IEEE.

L’IEEE a reçu les éclaircissements demandés par le département américain du Commerce sur l’applicabilité de ces restrictions de contrôle des exportations aux activités de publication de l’IEEE. Sur la base de ces nouvelles informations, l’IEEE a déclaré que les employés de Huawei et de ses filiales peuvent participer en tant qu’évaluateurs et réviseurs à ses processus de publication. Tous les membres de l'IEEE, quel que soit leur employeur, peuvent continuer à participer à toutes les activités de l'IEEE.

« Notre approche initiale, plus restrictive, était uniquement motivée par notre volonté de protéger nos bénévoles et nos membres contre les risques juridiques. Avec la clarification reçue, ce risque a été traité. Nous apprécions les nombreuses questions et commentaires de nos membres et de nos bénévoles du monde entier et les remercions de leur patience alors que nous travaillions dans une situation complexe sur le plan juridique.

« L'IEEE propose un large éventail d'activités et d'avantages pour ses membres, ses volontaires et la communauté technique au sens large, notamment en parrainant plus de 1 900 conférences et événements annuels dans le monde entier et en donnant accès à plus de 4,8 millions de publications sur IEEE Xplore®.

« IEEE reconnaît que la science et la technologie sont une activité mondiale. Nous sommes fiers du travail accompli par nos membres dans le monde entier et nous nous engageons à promouvoir l'excellence technologique au profit de l'humanité« l'»

Source : IEEE

Huawei aurait arrêté sa production de smartphones après son ajout sur la liste noire des Etats-Unis, en pleine guerre commerciale avec la Chine
Vente de smartphones : Huawei enregistre la plus forte croissance et reste second malgré son absence aux USA, d'après les statistiques de Gartner
La Chine s'apprête à publier sa liste d'entreprises étrangères jugées à risque et à bannir de son marché comme l'ont fait les USA avec Huawei
Huawei a demandé à ses employés de ne plus avoir de réunions techniques avec leurs contacts US, et a remercié ses employés US travaillant en R&D
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Le 02/12/2019 à 5:41
Huawei, qui était dépendant des constructeurs US, a présenté un smartphone sans puces américaines
dans un contexte où les entreprises US voudraient reprendre les affaires avec lui

Mi-mai, l'administration Trump a publié un décret qui plaçait Huawei sur une liste noire, une décision qui contraignait les entreprises américaines à ne plus faire affaire avec l'équipementier chinois, à moins de disposer d'une autorisation officielle. Suite à cette décision, Google a décidé de ne plus fournir de logiciels, de matériel informatique ou service technique à Huawei à l’exception des services disponibles en open source. L'éditeur d'Android a toutefois assuré que Google Play et les protections de sécurité de Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants.

En plus d’être coupé du système d’exploitation le plus vendu au monde, Huawei a vu certains des principaux concepteurs et fournisseurs de puces au monde suspendre également leurs relations commerciales jusqu’à nouvel ordre.

S'étant sans doute vite rendu compte de la sévérité du décret de Trump et de ses conséquences sur les USA eux-mêmes, Washington a réduit les restrictions commerciales imposées à Huawei. L’administration Trump a publié un nouvel arrêté qui prolonge de 90 jours (désormais jusqu’en février 2020) « ;la période de grâce ;» durant laquelle elle autorise les entreprises américaines à faire des affaires avec l’entreprise chinoise Huawei Technologies. Il a également été rapporté que le département américain du Commerce examinait en parallèle la possibilité d’octroyer des licences individuelles aux entreprises locales qui souhaitent continuer à faire des affaires avec des entités « ;à risque ;» comme Huawei qui figurent sur la liste noire du gouvernement US pour des raisons de sécurité nationale. Des sociétés comme Google, Intel ou Microsoft sont particulièrement intéressées par la seconde option qui leur procurerait, à eux ainsi qu’à leurs partenaires (Huawei en l’occurrence) une certaine stabilité et de meilleures garanties pour la poursuite de leurs transactions commerciales.

Les entreprises de technologie américaines ont donc obtenu le feu vert de Washington pour reprendre leurs affaires avec le constructeur de smartphones Huawei Technologies Co., mais il est peut-être trop tard : l'entreprise construit actuellement des smartphones sans puce américaine.


Le dernier téléphone de Huawei, qu'il a dévoilé en septembre (le Mate 30 avec un écran incurvé et des caméras grand angle qui rivalise avec l'iPhone 11 d'Apple Inc.) ne contenait aucune pièce américaine, selon une analyse effectuée par UBS et Fomalhaut Techno Solutions, un Laboratoire technologique japonais qui a démonté l'appareil pour en inspecter l'intérieur.

Le décret de Trump en mai a empêché des sociétés comme Qualcomm Inc. et Intel Corp. de vendre des puces à Huawei, bien que certaines ventes de pièces aient repris au cours de l’été, après que les sociétés ont déterminé qu’elles n’étaient pas concernées par cette interdiction. Pendant ce temps, Huawei a beaucoup progressé dans la réduction de sa dépendance vis-à-vis de sociétés américaines.

Huawei a longtemps compté sur des fournisseurs tels que Qorvo Inc., le fabricant de puces basé en Caroline du Nord pour connecter des smartphones avec des tours de téléphonie cellulaire, et Skyworks Solutions Inc., une entreprise basée à Woburn, dans le Massachusetts, qui fabrique des puces similaires. Il a également utilisé des composants de Broadcom Inc., le fabricant de puces Bluetooth et Wi-Fi basé à San Jose, et de Cirrus Logic Inc., une société basée à Austin, au Texas, qui fabrique des puces pour la production de son.

« Lorsque Huawei a lancé ce téléphone haut de gamme - et il s'agit de son produit phare - sans contenu américain, cela a eu l'effet d'une grosse annonce », a déclaré Christopher Rolland, analyste des semi-conducteurs chez Susquehanna International Group.

Les dirigeants de Huawei ont dit à Rolland que la société s'éloignait des pièces américaines, mais la vitesse à laquelle cela se produit reste surprenante même pour les analystes. Néanmoins, nombreux sont ceux qui pensent que cette réduction de la dépendance aux entreprises US devait arriver, mais que le décret de Trump a été le catalyseur qui a précipité les choses.

Sur le marché du smartphone, Huawei conserve sa seconde place selon les baromètres depuis plusieurs trimestres déjà, se rapprochant sensiblement du numéro un mondial Samsung. Par exemple, Gartner indiquait qu'Huawei a enregistré la plus forte croissance parmi les constructeurs malgré une absence aux USA, précisant que « Huawei a particulièrement bien réussi dans deux de ses plus grandes régions, l’Europe et la Grande Chine, où ses ventes de smartphones ont augmenté de 69% et 33%, respectivement ».

Huawei s'est également préparé à l'éventualité de perdre sa licence d'exploitation sur Android et a continué de développer son propre OS au cas où ses relations avec Google se dégraderaient. De plus, le constructeur est également en train de développer une alternative au Play Store de Google, avec sa galerie d'applications, présente depuis un certain temps sur les appareils Android Huawei et Honor.

En 2018, Huawei a promis aux développeurs d’applications de les aider à percer en Chine, le plus grand marché de smartphones du monde, s’ils construisaient des applications pour sa vitrine de téléchargements. En passe de devenir le fabricant de smartphones le plus prolifique au monde cette année, Huawei a aussi assuré à des partenaires développeurs d’applications que 50 millions de personnes utiliseraient son app store en Europe en 2018. La société aurait également proposé de fournir « un outil simple permettant de modifier les applications écrites pour Play Store afin qu'elles fonctionnent avec App Gallery », sa boutique d'applications. Une situation qui pourrait avoir des répercussions sur les entrées de Google.

Source : WSJ

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Le 19/02/2020 à 8:20
Huawei serait-il en train de prendre l'avantage sur le bras de fer l'opposant aux États-Unis ?
Les Américains ne parviennent pas à pousser la Grande-Bretagne et l'Allemagne à bannir l'entreprise

La campagne mondiale des États-Unis pour empêcher ses alliés les plus proches d'utiliser Huawei, la grande enseigne chinoise des télécommunications, dans le déploiement de la prochaine génération de réseaux sans fil semble ne pas porter ses fruits ; les dirigeants des nations alliées révoquent l'argument des États-Unis selon lequel l'entreprise représente une menace à leur sécurité.

Une situation qui a conduit les responsables américains qui, jusqu’à lors, étaient restés plutôt vagues et maintenaient le secret sur les éventuelles preuves susceptibles de confirmer les soupçons qui pèsent sur Huawei en matière d’espionnage technologique, à affirmer détenir des preuves que Huawei installe et entretient des portes dérobées dans les réseaux de télécommunications du monde entier où l’entreprise a pu gagner des marchés, à commencer par les équipements 4G vendus en 2009. Washington a été contraint de partager ces éléments de preuve avec le Royaume-Uni et l'Allemagne.

La Grande-Bretagne a déjà qualifié de bluff les décisions de l'administration Trump, pariant que les responsables reculeraient devant leur menace de cesser de partager des informations avec tout pays utilisant des équipements Huawei dans son réseau. Elle a décidé de ne pas céder à la pression américaine.

L'Allemagne lui a emboîté le pas, malgré un flot alterné de promesses et de menaces du secrétaire d'État Mike Pompeo, du secrétaire à la Défense Mark T. Esper et d'autres responsables américains lors d'une conférence mondiale sur la sécurité à Munich le week-end dernier.

Dans des discours publics et des conversations privées, Pompeo et Esper ont continué à rappeler les dangers de laisser une entreprise chinoise dans des réseaux qui contrôlent les communications critiques, disant que cela donnerait au gouvernement chinois la capacité d'espionner (ou, en temps de conflit, de couper) ces réseaux. Les risques pour la sécurité sont si graves, ont-ils averti, que les États-Unis ne pourraient plus partager de renseignements avec aucun pays dont le réseau utilise Huawei.

« Si les pays choisissent d'emprunter la voie Huawei », a déclaré Esper aux journalistes samedi, « cela pourrait bien mettre en péril tout le partage d'informations et le partage de renseignements dont nous avons parlé, et cela pourrait saper l'alliance, ou du moins notre relation avec ce pays ».


Une méthode qui s’essouffle

Pourtant, les responsables sentent que leur rythme continu d'avertissements perd de son efficacité en Europe, de sorte que l'administration modifie son approche. Les États-Unis visent maintenant à paralyser Huawei en étouffant son accès à la technologie américaine dont ils ont besoin et en essayant de concocter une alternative américano-européenne viable pour la concurrencer.

À en croire les récentes informations rapportées par le quotidien londonien Financial Times, l’administration Trump pourrait envisager de subventionner (à travers des crédits) les concurrents de Huawei, à savoir le suédois Ericsson et le finlandais Nokia (qui a avalé le franco-américain Alcatel-Lucent) pour les rendre plus attractifs auprès des opérateurs télécom. Selon les analyses du journal, ce geste revient à admettre que Huawei est clairement le moins cher. Cela pourrait aussi signifier que malgré la position actuelle délicate de Huawei, bon nombre d’opérateurs télécom dans le monde ont tout de même du mal à le concurrencer.

Selon le Financial Times, Washington serait prêt à délivrer des crédits à Ericsson et Nokia pour leur permettre de mieux résister au géant chinois. Parallèlement, les États-Unis tentent de convaincre des sociétés américaines de se lancer sur le marché des équipements 5G. Le Financial Times a expliqué que l'objectif de Washington est de permettre à ces entreprises de s'aligner commercialement avec Huawei qui propose des conditions de financement généreuses (grâce au soutien des banques de Pékin) à ses clients et des délais de paiement plus longs.

Le combat contre Huawei n'est qu'une partie d'une plus grande bataille américano-chinoise, alors que Washington essaie de contenir l'influence et le pouvoir de Pékin et de s'assurer que la deuxième économie mondiale ne domine pas les industries avancées qui pourraient lui donner un avantage économique et militaire. Cela inclut les réseaux de télécommunications de nouvelle génération que Huawei construit, connus sous le nom de 5G. Ces réseaux ultrarapides contrôleront les communications, les infrastructures critiques et, ce qui est le plus inquiétant pour les responsables américains, les appareils « Internet des objets » qui contrôlent déjà les usines, les véhicules autonomes et les opérations quotidiennes des bases militaires.

Les États-Unis tentent également de limiter plus largement l'accès de la Chine aux technologies américaines et envisagent de restreindre les ventes de micropuces, d'intelligence artificielle, de robotique et de certains types de logiciels avancés, ainsi que d'empêcher les entreprises technologiques de s'associer (ou même de faire de la recherche) avec les entreprises chinoises.


Une action en justice

La semaine dernière, des procureurs américains ont accusé l’entreprise Huawei d’avoir volé des secrets commerciaux pour soustraire des technologies clés à d’autres entreprises et chercheurs aux États-Unis et renvoyer ces informations en Chine. Les procureurs affirment que Huawei a même mis en place un système de primes pour les employés qui pourraient voler la meilleure technologie et a aidé l’Iran à traquer des manifestants. Le nouvel acte d’accusation qui remplace celui qui a été rendu public l’année passée et déposé devant la Cour fédérale de Brooklyn, à New York.

En tout, la société Huawei est poursuivie par le gouvernement américain pour 16 chefs d’accusation. Une panoplie de techniques aurait permis à la firme de Shenzhen de réduire ses coûts en matière de R/D et de prendre un avantage non négligeable sur ses concurrents. On peut voir dans le dossier d’accusation que le géant Huawei et certaines de ses filiales sont poursuivis pour conspiration, violation d’une loi sur le racket utilisée en général pour lutter contre le crime organisé, vol des secrets commerciaux dans six entreprises américaines, mais aussi pour fraude et blanchiment d’argent.

Le dossier d'accusation contient en outre de nouvelles allégations concernant l’implication de l’entreprise dans des pays faisant l’objet de sanctions (Iran et la Corée du Nord notamment) établies par les USA et affirme, entre autres, qu'elle a installé en Iran du matériel de surveillance qui a été utilisé pour surveiller, identifier et séquestrer des manifestants lors des manifestations antigouvernementales de 2009 à Téhéran.

Les nouvelles allégations de vol de secrets commerciaux proférées par l'Oncle Sam concernent le détournement (par des moyens physiques ou autres) de la technologie liée aux antennes cellulaires, de la technologie robotique, du code source et des manuels d’utilisation de routeurs. Huawei est aussi accusé d’avoir élaboré un programme récompensant les employés-informateurs ayant détourné et transmis le plus de données confidentielles sur ses concurrents, de recruter des employés d’autres entreprises, de faire des efforts pour obtenir la propriété intellectuelle de ces entreprises et d’utiliser des professeurs d’instituts de recherche et divers autres moyens pour s’approprier des technologies protégées par le droit d’auteur.

Les nouvelles accusations ont été ajoutées à un ensemble plus large déposé en 2019 qui accusait la société et son directeur financier, Meng Wanzhou, de fraude et d'évasion de sanctions. Dans le cadre de cette affaire, l'administration Trump a fait pression sur le Canada pour extrader Meng, qui a été arrêtée fin 2018 à Vancouver à la demande de responsables américains, afin qu'elle puisse faire face à des accusations aux États-Unis. Meng est la fille aînée du fondateur de Huawei, Ren Zhengfei.

Un bouc émissaire trop « complexe » pour les États-Unis ?

Ce mois-ci, l'administration devrait essayer de resserrer encore l’étau autour d’Huawei en fermant une échappatoire qui a permis à la société de continuer à acheter des pièces et des produits à des sociétés américaines, malgré l'interdiction imposée par l'administration Trump de vendre à Huawei. Alors que le Pentagone s'est initialement opposé à cet effort, craignant que cela ne nuise aux fournisseurs de matériel de défense, il a maintenant inversé sa position sous la pression d'autres responsables administratifs.

Mais l'effort pour handicaper Huawei a été compliqué par le manque d'alternative à la société, qui propose des équipements de télécommunications à bas prix partiellement subventionnés par le gouvernement chinois. À l'heure actuelle, les seuls véritables concurrents sont Nokia et Ericsson, deux entreprises européennes qui affirment avoir déployé plus de réseaux 5G que Huawei, mais ont clairement du mal à égaler ses prix ou à suivre la recherche et le développement de l'entreprise chinoise.

Aussi, l'administration Trump s’est empressée de présenter aux pays européens et autres une autre option. En l'espace de 10 jours, le procureur général William P. Barr, le vice-président Mike Pence et d'autres responsables ont proposé différentes stratégies américaines pour construire un concurrent crédible pour Huawei. Pourtant, parfois, ils se contredisent, souvent en public.

Lors de réunions privées, Trump a exhorté les entreprises américaines à se lancer elles-mêmes dans la compétition. Mais l'administration est profondément divisée en interne sur la question de savoir si les États-Unis doivent investir dans la technologie ou quitter le marché pour la régler.

Barr s’est encore illustré dans un discours ce mois-ci où il a appelé à l'acquisition américaine de Nokia et d'Ericsson « par la propriété américaine d'une participation majoritaire, soit directement, soit par le biais d'un consortium de sociétés privées américaines et alliées ».

« Nous et nos alliés les plus proches devons certainement envisager activement cette approche », a estimé Barr.

Source : NYT

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Le 16/05/2019 à 17:01
Trump signe un décret pavant le chemin vers le blocage d'Huawei aux USA,
la France assure pour sa part qu'elle n'a pas l'intention de faire la même chose

Le président Donald Trump a signé mercredi un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération.

L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par «un adversaire étranger» et susceptible de créer un «risque de sabotage indu» des systèmes de communication américains ou des «effets catastrophiques» sur l’infrastructure américaine.

« Moi, DONALD J. TRUMP, Président des États-Unis d'Amérique, constate que les adversaires étrangers créent et exploitent de plus en plus de vulnérabilités dans les technologies et les services de l'information et de la communication, qui stockent et communiquent de grandes quantités d'informations sensibles, facilitent l'économie numérique et soutiennent infrastructures critiques et services d’urgence essentiels, afin de mener des actions malveillantes fondées sur le numérique, y compris l’espionnage économique et industriel contre les États-Unis et leur population.

« Je conclus en outre que l’acquisition ou l’utilisation sans restriction aux États-Unis de technologies ou de services de l’information et de la communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues par, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d’adversaires étrangers, accroissant la capacité des adversaires étrangers à créer et exploiter des vulnérabilités dans les technologies ou les services d’information et de communication, avec des effets potentiellement catastrophiques, constituent ainsi une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l’économie des États-unis ».


Le Département du commerce dispose de 150 jours pour élaborer des règles permettant d’identifier « des pays ou des personnes » en tant qu’adversaires étrangers. Il est presque certain que ces règles indexent la Chine, Huawei ou les deux.

Le décret suscitera certainement la colère de Pékin à un moment où les deux plus grandes économies du monde luttent pour résoudre une guerre commerciale qui bouleverserait les marchés. La directive intervient également alors que le ministère de la Justice demande l'extradition du Canada d'un dirigeant de Huawei accusé d'avoir violé les sanctions contre l'Iran.

Le décret-loi tant attendu de Trump invoque la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale et déclare une urgence nationale pour habiliter le gouvernement à bloquer l’achat de technologies liées à des adversaires étrangers.

Le ministère américain du Commerce prend une mesure connexe

Le ministère américain du Commerce a pris mercredi une mesure distincte, mais connexe, interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 70 affiliés en les ajoutant à la « liste d'entités » (une décision qui interdit donc à la société d’acquérir des composants et des technologies auprès de sociétés américaines sans l’approbation du gouvernement). L'administration a engagé une action similaire à l'encontre de ZTE, une autre entreprise de télécommunication chinoise, pour violation présumée des sanctions américaines sur l'Iran, mais Trump a renversé la décision et infligé à la société une lourde amende.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a déclaré que le président Donald Trump avait soutenu la décision « d'empêcher que des entités sous contrôle étranger utilisent la technologie américaine de manière potentiellement préjudiciable à la sécurité nationale ou aux intérêts de la politique étrangère des États-Unis ».

Huawei, qui affirme que ses produits ne représentent pas une menace pour la sécurité, a déclaré qu’il était « prêt et disposé à s’engager avec le gouvernement américain et à proposer des mesures efficaces pour assurer la sécurité des produits ».

Il a déclaré que le fait d'empêcher Huawei de faire des affaires aux États-Unis « limiterait les États-Unis à des alternatives inférieures mais plus coûteuses, laissant les États-Unis à la traîne dans le déploiement de la 5G et finissant par nuire aux intérêts des entreprises et des consommateurs américains ».

S'exprimant lors d'une audience du sous-comité du Sénat sur les crédits au Sénat américain, Steven Mnuchin, le Secrétaire au Trésor, a qualifié de constructives les deux journées de pourparlers de haut niveau avec des responsables chinois à Washington la semaine dernière.

« Je m'attends à ce que nous nous rendions à Beijing dans un proche avenir pour poursuivre ces discussions », a-t-il déclaré. « Il reste encore beaucoup de travail à faire ».

La France n'a pas l'objectif d'interdire Huawei

La France n’a pas pour objectif d’interdire l’équipementier télécoms chinois Huawei, comme l’ont fait les États-Unis, et il ne lui paraît pas judicieux de déclencher une guerre technologique ou commerciale pour préserver sa sécurité nationale, a déclaré jeudi Emmanuel Macron.

« La France et l’Europe sont pragmatiques, réalistes: nous voulons développer l’emploi, l’activité, l’innovation et nous croyons en la coopération et dans le multilatéralisme », a dit en anglais le président français à l’occasion du salon Vivatech organisé à Paris.


« En même temps, pour la 5G par exemple et beaucoup d’innovations, nous sommes extrêmement attentifs au sujet de l’accès aux technologies essentielles pour préserver notre sécurité nationale », a-t-il poursuivi en réponse à une question sur Huawei et la décision prise mercredi par son homologue américain Donald Trump.

« Notre perspective n’est pas de bloquer Huawei ou toute autre entreprise, c’est de préserver notre sécurité nationale et la souveraineté européenne », a poursuivi Emmanuel Macron. « Mais je pense que déclencher maintenant une guerre technologique ou une guerre commerciale vis-à-vis d’un autre pays n’est pas judicieux ».

Les Etats-Unis pensent que les équipements de Huawei pourraient servir à des activités d’espionnage de la Chine et ils exhortent leurs alliés, notamment en Europe, à ne pas s’appuyer sur le groupe chinois pour le déploiement de la nouvelle génération de téléphonie mobile, la 5G.

Sources : décret présidentiel, Reuters (1, 2)

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Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 02/06/2019 à 19:51
Huawei aurait arrêté sa production de smartphones après son ajout sur la liste noire des Etats-Unis
En pleine guerre commerciale avec la Chine

« Comme la nouvelle situation a surgit, il est trop tôt pour dire si nous sommes en mesure d'atteindre l'objectif », a déclaré Zhao Ming, le président de Honor, l'une des marques de téléphones intelligents de Huawei, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue vendredi soir à Shanghai, lorsqu’il répondait aux questions sur l’objectif de Huawei de dépasser Samsung Electronics et de devenir le plus grand fournisseur mondial de smartphones avant la fin 2020, selon un rapport du South China Morning Post. Selon M. Ming, Huawei Technologies serait en train de réévaluer cet objectif, après qu'un décret d’interdiction commerciale signé par le président des Etats-Unis ait affecté considérablement, non seulement, ses capacités de production de nouveaux smartphones, mais également, ses capacités de distribution à l’internationale, a rapporté le quotidien de Hong Kong.

En effet, le 15 mai dernier, le président Donald Trump a signé un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. Le 16 mai, le Bureau de l'industrie et de la sécurité (BIS) du département du Commerce des États-Unis, qui administre et applique les règlements américains sur l'administration des exportations (EAR), a expressément ajouté Huawei Technology Ltd. et 68 de ses filiales à sa liste noire commerciale.


L’ajout de Huawei sur la liste noire commerciale par le gouvernement américain prive l'entreprise des services et des pièces de rechange qu’elle acquérait avec des entreprises américaines, qui doivent dorénavant obtenir une autorisation gouvernementale avant la vente de tout produit et service aux entreprises originaires des « pays adversaires » des Etats-Unis.

Après l’entrée en vigueur de l’interdiction commerciale, les partenaires américains du géant chinois, dont les fabricants de puces Intel, Qualcomm, Xilinx et Broadcom, ont dit à leurs employés de ne pas fournir Huawei jusqu'à nouvel ordre, au risque de subir les conséquences juridiques du non-respect de l’interdiction américaine. Google a également suspendu l'accès de Huawei aux futures mises à jour du système d'exploitation Android, affectant sa capacité à offrir des applications Google populaires sur ses téléphones dans l'avenir. D’autres entreprises et organisation comme ARM, Wi-Fi Alliance et SD Association ont fait de même. Le mouvement s’est même étendu hors des Etats-Unis, à certaines entreprises en Europe.

Selon Bloomberg, Huawei, qui avait prévu la détérioration de ses relations avec Google, avait développé son propre OS pour mobile et serait en train de construire une alternative au Play Store de Google afin de continuer sa production de smartphones. Mais Foxconn, le fabricant taïwanais d'appareils électroniques qui assemble des produits pour de nombreuses marques de téléphones, y compris Apple et Xiaomi, a arrêté plusieurs lignes de production pour les téléphones Huawei ces derniers jours, a rapporté le South China Morning Post.

En effet, Huawei aurait réduit ses commandes de nouveaux téléphones auprès de Foxconn, selon des personnes familières avec la question, et qui s’exprimaient sous le couvert de l’anonymat. Réduction de la production temporaire ou à long terme ? Ce n’est pas encore clair. Cependant, le quotidien chinois a également rapporté que les ventes mondiales de smartphones de la société ont augmenté à 15,7 % au premier trimestre 2019, contre 10,5 % à la même période l'an dernier, selon les données du cabinet d'études Gartner. Selon les mêmes données, l’américain Apple, le troisième fournisseur mondial, et le Coréen Samsung, actuellement le plus grand fournisseur de smartphones, ont vu leur part de marché baisser respectivement à 11,9 % et 19,2 %, au cours de la même période.


Plus tôt ce mois, avant l’ajout de Huawei sur la liste BIS, la guerre commerciale qui oppose les Etats-Unis la Chine s’était davantage intensifiée. Le président Trump avait annoncé la fin des négociations officielles et avait augmentant de 15 % les droits de douane sur les importations chinoises d'une valeur de 200 milliards de dollars, faisant passer les tarifs de 10 à 25 %. Suite à cette augmentation, la réaction de la Chine ne s’était pas fait attendre. Le gouvernement chinois avait répondu en augmentant également les droits de douane sur 60 milliards de dollars de marchandises américaines, à compter du 1er juin.

Pour rappel, Huawei a lancé une offensive le mercredi dernier. Lors d’une sortie de l’entreprise, en lien avec la décision de l’administration Trump de l’exclure du marché américain des technologies, Huawei a demandé (dans une plainte déposée il y a peu auprès d’un tribunal US) l’annulation de l’interdiction faite aux administrations fédérales d’acheter ses équipements.

Selon un rapport publié jeudi dernier, Huawei a pris d’autres mesures à l’égard des Etats-Unis. L’entreprise a ordonné à ses employés de ne plus organiser de réunions techniques avec leurs contacts américains. L’équipementier chinois a également renvoyé des citoyens américains exerçant des fonctions de recherche et développement à son siège à Shenzhen, selon le Financial Times. Cette décision de Huawei est intervenue deux semaines, après que le président américain Donald Trump ait signé le décret interdisant à Huawei de se substituer aux fournisseurs américains.

Selon ce rapport de Financial Times, depuis la décision du président Trump, Huawei vérifie que les visiteurs étrangers ne détiennent pas de passeports américains et a demandé à tous les employés américains d'éviter de discuter technologie, car il essayait de se conformer à la réglementation, a déclaré Dang Wenshuan, architecte en stratégie de Huawei.

Par ailleurs, selon Global Times, un autre quotidien chinois, la Chine s’apprête à publier sa propre liste d’entités étrangères jugées à risque et à bannir de son marché, d’après une récente communication du ministre du Commerce de ce pays. La liste noire chinoise comprendra des entités, individus et entreprises étrangères qui bloquent la chaîne d’approvisionnement ou prennent des mesures discriminatoires pour des raisons non commerciales et qui, par leurs actions, mettent en danger les activités des entreprises chinoises ainsi que les consommateurs et entreprises mondiales.

Selon South China Morning Post, M. Ming a également déclaré, lors de la conférence de presse organisée le vendredi dernier pour dévoiler sa série phare Honor 20 destinée au marché chinois, que « Toutes les difficultés nous rendent plus forts, que ce soit dans la mentalité ou dans l'action ». Certes, l’entreprise chinoise subit sévèrement les conséquences de son bannissement général, mais qu’arrivera-t-il aux pays dont le plan de déploiement de la 5G reposait sur Huawei ?

Source : South China Morning Post

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