L’homme derrière le premier virus informatique à s'être propagé à grande échelle a finalement admis sa culpabilité, 20 ans après l’infection de millions de machines à travers le monde par son logiciel. C’est le résultat d’un travail de longue haleine du journaliste spécialisé en technologie Geoff White.Pendant deux décennies, un quasi-mystère a plané sur l’identité de l’individu derrière cette attaque. En effet, suite aux enquêtes initiales menées à l’époque de l’apparition du virus informatique, le présumé auteur (alors étudiant en informatique) n’avait pas réfuté la possibilité qu’il soit le véritable responsable. Dans une récente publication, ce dernier met fin à toute spéculation et assume l’entière responsabilité de la première pandémie de virus informatique.
Celle-ci est connue du monde depuis le 4 mai 2000 sous diverses appellations : I Love You (je t’aime), Loveletter ou encore Love Bug. Les victimes recevaient un courriel avec une pièce jointe intitulée LOVE-LETTER-FOR-YOU. Cette dernière contenait en fait du code VBScript capable d’écraser des fichiers, de voler des mots de passe et d’envoyer des copies de lui-même de façon automatique à tous les contacts du carnet d’adresses Microsoft Outlook de la victime. En quelques heures, le virus mis au point par Onel de Guzman s’était propagé dans le monde entier. Bilan initial : près de 45 millions de machines, soit environ 10 % de tous les ordinateurs connectés à Internet sur la planète à cette époque. De grosses organisations comme le Pentagone et le Parlement du Royaume-Uni avaient dû déconnecter leurs infrastructures de courriel pendant des heures pour s’en prémunir. D’après ce que rapporte la BBC, les ravages causés par l’attaque informatique se chiffrent à des milliards de dollars.
À l'époque, la connexion à Internet se faisait par le biais du réseau téléphonique commuté et nécessitait de tels mots de passe. Onel de Guzman a expliqué à la BBC qu’il avait créé le ver informatique afin de voler des mots de passe et d'accéder ainsi à Internet sans débourser d’argent. Désormais âgé de 44 ans, de Guzman assure qu’il n’a jamais eu l’intention que son ver informatique se répande à l’échelle mondiale.
« Je ne m’attendais pas à ce qu’il se retrouve aux États-Unis et en Europe. J’étais surpris », a-t-il affirmé dans une entrevue. Pourtant, il a modifié le code du virus au printemps 2000 de façon à profiter d’une lacune du système d’exploitation Microsoft Windows 95, ce, pour créer une chaîne de transmission automatique au travers du logiciel Outlook de Microsoft. Initialement, il faisait parvenir le virus uniquement à des victimes aux Philippines. Le contact avec ces dernières se faisait via des espaces de clavardage.
À l’époque, les autorités le soupçonnaient sur la base de traces retrouvées sur des supports informatiques logés dans une chambre d’étudiant qu’il partageait avec son frère. En fait, les disques trouvés sur place par la police de Manille prouvaient qu’il était l’un des auteurs. Sur cet aspect, Onel de Guzman précise qu’il était le seul auteur du virus.
« C'est un cheval de Troie qui proclame son amour pour le destinataire et vous demande d'ouvrir sa pièce jointe. Même pour un premier rendez-vous, il vous aime alors tellement qu'il envoie des copies de lui-même à toutes les personnes de votre carnet d'adresses et commence à détruire des fichiers sur votre disque », souligne un internaute des contradictions caractéristiques de la conception de ce virus. En effet, comment expliquer la présence de fonctionnalités de destruction de fichiers alors que l’objectif était de récupérer des mots de passe pour accéder à Internet sans dépenser de l’argent ?
Onel de Guzman a exprimé des regrets quant aux dommages que sa création a causés. À Manille, il œuvre désormais dans la réparation de téléphones portables. Le code source du ver informatique est disponible à des fins pédagogiques :...
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Quels enseignements tirez-vous du code source de ce maliciel ?