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Le programme de surveillance téléphonique de la NSA est inconstitutionnel et coûteux
Il n'a pas empêché une seule attaque terroriste d'après un juge fédéral

Le , par Nancy Rey

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11  0 
La collecte de métadonnées de télécommunication des citoyens est l’une des tactiques les plus utilisées aujourd’hui par les gouvernements pour soi-disant lutter contre le terrorisme. Les groupes de défense des droits de l’Homme ont beau protester, mais cela reste toujours d’actualité. Les données provenant de l'Europe et des États-Unis montrent que la surveillance de masse ne contribue pas à arrêter les attaques terroristes. Pourtant, les autorités continuent de s'appuyer sur des technologies de surveillance telles que la reconnaissance faciale et la localisation.


Surveillance téléphonique de la NSA

PRISM, est un programme américain de surveillance électronique par la collecte de renseignements à partir d'Internet et d'autres fournisseurs de services électroniques. Ce programme classé, relevant de la NSA, prévoit le ciblage de personnes vivant hors des États-Unis. Le programme de surveillance téléphonique de la NSA a été mis en place dans le cadre de PRISM de 2008 à 2019 aux États-Unis. Il « autorise spécifiquement les agences de renseignement à surveiller les téléphones, le courrier électronique et les autres communications des citoyens américains pendant une semaine au maximum sans obtenir de mandat » lorsque l'une des parties se trouve hors des États-Unis.

Selon le New York Times, le programme de surveillance téléphonique de la NSA a coûté à ce jour plus de 100 millions de dollars aux contribuables américains. Pourtant, il n'a pas empêché une seule attaque terroriste. Le programme a cessé d'exister fin 2019 et n'est plus en place. La surveillance sans mandat des citoyens est anticonstitutionnelle aux États-Unis, en Allemagne ainsi que dans la plupart des pays démocratiques.

Surveillance sans mandat des citoyens

Néanmoins, PRISME était en place depuis plus d'une décennie et pendant cette période les citoyens américains étaient surveillés par les services secrets à leur insu. Le programme de collecte des relevés téléphoniques de la NSA a été mis en lumière pour la première fois par l'ancien contractant de la NSA, Edward Snowden, en 2013. Devant l'indignation publique qui a suivi cette révélation, l'agence a défendu le programme en affirmant qu'il avait contribué à contrecarrer les attaques terroristes. La NSA a fait valoir qu'elle avait besoin de ce type d'informations pour mettre fin aux attaques terroristes et assurer la sécurité des citoyens américains. Mais la NSA n'a pu citer qu'un seul exemple : le cas de Basaalay Moalin, un immigrant somalien qui, au début de cette année, a été condamné pour avoir conspiré en vue de fournir un soutien matériel au groupe terroriste al-Shabaab.

Mercredi, la cour d'appel a statué que non seulement la collecte des relevés téléphoniques de Moalin était illégale, mais qu'elle n'était finalement pas pertinente pour la condamnation. En d'autres termes, il n'y a aucune preuve que le programme d'enregistrement des appels téléphoniques de la NSA ait stoppé une attaque terroriste, ce qui contredit les déclarations publiques des responsables des services de renseignement américains suite à la révélation de Snowden, a déclaré le juge Marsha Berzon dans son jugement. « Dans la mesure où les déclarations publiques des responsables gouvernementaux ont créé une impression contraire, cette impression est en contradiction avec le contenu du dossier classifié », a-t-elle écrit.

L'arrêt a conclu que les preuves produites par la surveillance téléphonique illégale n'étaient pas nécessaires pour condamner le criminel et n'apportaient pas d'autres informations que celles déjà connues des autorités.

Une enquête similaire sur les attaques terroristes en Europe est arrivée à la même conclusion. Entre 2014 et 2017, 13 attentats terroristes islamistes ont eu lieu en Europe, à la suite desquels 24 auteurs ont été condamnés. Ces 24 personnes étaient déjà toutes connues des autorités avant l'attentat et avaient été classées comme violentes.

Faut-il mettre fin à la surveillance de masse ?

Nombreux sont ceux qui répondront par l’affirmatif, notamment les groupes de défense des droits de l’Homme qui pensent que nous devons mettre fin à la surveillance de masse. Et que celle-ci n'est pas un outil adéquat pour lutter, encore moins pour prévoir la criminalité et qu’il n'est pas possible de l'aligner sur la constitution.

La position de ces groupes de défense est celle-ci : au lieu de réclamer davantage de surveillance, les responsables politiques devraient se concentrer sur la protection des droits de l'homme des citoyens, comme le droit à la vie privée et le droit à la liberté d'expression. Selon eux, ces droits ne peuvent pas être respectés si une surveillance de masse sans mandat est mise en place. Dans sa pire forme, elle pourrait conduire à une société qui ne serait plus libre de discuter des opinions ouvertement et sans crainte.

Sources : Document du tribunal, NY Times

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Que faut-il privilégier selon vous, la vie privée des citoyens ou la surveillance de masse au nom de la protection contre le terrorisme ?
Est-il justifié de violer la vie privée des citoyens pour raison de sécurité ? Pourquoi ?
Est-il possible d'avoir un compromis entre vie privée et sécurité selon vous ?

Voir aussi :

La CIA livre plus de détails sur son drone de surveillance en forme de libellule développé dans les années 70, pendant la guerre froide

La Chine exhorte les pays à s'opposer à la "surveillance de masse contre d'autres États", et invite les entreprises à ne pas installer "de backdoor dans leurs produits pour obtenir des données"

La Maison-Blanche demande de ré autoriser la surveillance des données téléphoniques des Américains, pour une durée indéterminée

Le FBI veut renforcer son niveau de surveillance des médias sociaux en collectant plus de données, dont les identifiants et les numéros de téléphone

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Avatar de Nancy Rey
Chroniqueuse Actualités https://www.developpez.com
Le 27/09/2022 à 9:51
Poutine accorde la citoyenneté russe au lanceur d'alerte américain Edward Snowden
qui a fui en Russie pour échapper aux poursuites fédérales après avoir divulgué des documents classifiés

Le président russe Vladimir Poutine a accordé lundi la citoyenneté à Edward Snowden, un ancien employé de la National Security Agency qui a divulgué des informations sur des programmes de surveillance américains top secrets et qui est toujours recherché par Washington pour espionnage. Le décret signé par Poutine concernait 72 étrangers, mais Snowden était le plus en vue. La Russie lui a accordé l'asile en 2013 après qu'il a fui les États-Unis pour échapper aux poursuites.


Les révélations de Snowden, publiées d'abord dans le Washington Post et le Guardian, comptent parmi les atteintes aux renseignements les plus importantes de l'histoire des États-Unis. La décision de Poutine d'accorder la citoyenneté à Snowden intervient quelques jours seulement après avoir ordonné à environ 300 000 personnes de rejoindre le combat en Ukraine.

L'ancien agent de renseignement de la NSA, s'est d’abord réfugié à Hong Kong, puis en Russie, pour échapper aux poursuites fédérales après avoir divulgué des documents confidentiels à des journalistes. Il a obtenu l'asile en Russie en 2013, puis la résidence permanente. Snowden, 39 ans, est resté en Russie depuis lors.

Les révélations de Snowden, publiées d'abord dans le Washington Post et le Guardian, comptent parmi les atteintes aux renseignements les plus importantes de l'histoire des États-Unis. Il a révélé l'existence de la collecte par la NSA de millions d'enregistrements téléphoniques d'Américains, un programme jugé par la suite illégal par une cour d'appel fédérale et fermé depuis. Il a également révélé les détails de la collaboration de l'industrie avec la collecte de renseignements de la NSA dans un programme distinct. Ces révélations ont grandement nui aux relations entre la communauté du renseignement et l'industrie technologique américaine.

Les informations qui ont suivi, tirées de plus de 7 000 documents classifiés, ont révélé les rouages d'une colossale opération de surveillance du gouvernement américain. Des responsables du renseignement ont précédemment déclaré que Snowden pourrait avoir emporté 1,7 million de fichiers classifiés. Ces informations ont révélé un vaste programme d'espionnage gouvernemental qui surveillait les communications de criminels, de terroristes potentiels et de citoyens respectueux de la loi. D'autres récits ont montré comment Washington surveillait aussi secrètement certains des plus proches alliés des États-Unis, comme la chancelière allemande de l'époque, Angela Merkel.

Snowden a été inculpé de vol de biens appartenant au gouvernement américain, de communication non autorisée d'informations relatives à la défense nationale et de communication délibérée de renseignements classifiés relatifs aux communications. Ces accusations sont passibles d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à 30 ans.

Les avis divergent sur le nouveau statut de Snowden

En 2017, Poutine a déclaré dans un documentaire réalisé par le réalisateur américain Oliver Stone que Snowden n'était « pas un traître » pour avoir divulgué des secrets gouvernementaux.

« Pensez ce que vous voulez de Snowden et de la Russie. Il a rendu un immense service public en exposant des programmes de surveillance de masse que de multiples tribunaux ont ensuite jugés inconstitutionnels », a écrit Jameel Jaffer, directeur exécutif du Knight First Amendment Institute de l'université Columbia, dans un tweet lundi.

La NSA, le ministère de la Justice et le Bureau du directeur du renseignement national ont refusé de commenter lundi le nouveau statut de Snowden. Mais Sue Gordon, une ancienne directrice adjointe principale du renseignement national, a déclaré que son acceptation de la citoyenneté russe « enlève toute illusion que ce qu'il faisait par ses divulgations était d'aider l'Amérique ». « Je pense vraiment que c'est une décision très discutable, sachant ce que nous savons de ce que la Russie perpétue, de devenir un citoyen russe en ce moment. Je pense que cela diminue tout argument patriotique qu'il aurait pu faire à l'époque », a-t-elle poursuivi.

Snowden a expliqué sa décision de demander la double nationalité sur Twitter en 2020. « Après des années de séparation avec nos parents, ma femme et moi n'avons aucune envie d'être séparés de nos fils. C'est pourquoi, en cette ère de pandémies et de frontières fermées, nous demandons la double nationalité américano-russe », a-t-il écrit.

« Lindsay et moi resterons Américains, élevant nos fils avec toutes les valeurs de l'Amérique que nous aimons - y compris la liberté de dire ce qu'il pense. Et j'attends avec impatience le jour où je pourrai retourner aux États-Unis, afin que toute la famille puisse être réunie », a-t-il ajouté.

James R. Clapper, ancien directeur du renseignement national, a reconnu lundi que la collecte d'enregistrements téléphoniques en vrac était un domaine où « nous aurions probablement dû être plus transparents », étant donné que le programme se concentrait sur les Américains. « Mais il a exposé tellement d'autres choses qui ont nui aux capacités de renseignement étranger et qui n'avaient rien à voir avec la soi-disant surveillance intérieure. Quel moment idéal pour devenir un citoyen russe », a déclaré Clapper.

La décision de Poutine d'accorder la citoyenneté à Snowden intervient quelques jours seulement après avoir ordonné à environ 300 000 personnes de rejoindre le combat en Ukraine. Le décret de Poutine accordant la citoyenneté à Snowden a rapidement donné lieu à des quolibets sur les médias sociaux selon lesquels le lanceur d'alerte sera bientôt enrôlé dans l'armée russe pour combattre en Ukraine dans le cadre de la campagne de mobilisation nationale du pays. « Snowden sera-t-il mobilisé ? », a écrit Margarita Simonyan, rédactrice en chef du radiodiffuseur public RT sur sa chaîne Telegram. L'avocat russe de Snowden, Anatoly Kucherena, a déclaré à l'agence de presse d'État Ria Novosti que son client ne pouvait pas être mobilisé parce qu'il n'avait jamais servi dans les forces armées russes. L'avocat a ajouté que l'épouse de Snowden, Lindsay Mills, demandait également la citoyenneté russe.

Source : Décret du président Poutine

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?

Lire aussi :

La Russie accorde à Edward Snowden la résidence permanente après un récent changement de sa loi sur l'immigration, un pas vers la citoyenneté russe du lanceur d'alertes américain

Les États-Unis auraient demandé à l'agence d'espionnage britannique d'empêcher The Guardian de publier les révélations de Snowden, selon un nouveau livre

Snowden avertit que les États utilisent le coronavirus pour construire « l'architecture de l'oppression » et prédit que les mesures prises pour lutter contre le COVID-19 vont persister longtemps

Edward Snowden : c'est une erreur de considérer la NSA comme une menace plus grave à la vie privée que les grandes entreprises technologiques
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Avatar de calvaire
Membre expert https://www.developpez.com
Le 27/09/2022 à 10:11
Dire que ce héros a été refusé partout dans les soi-disant pays démocratiques… qui sont en fait tous des vassaux de l’impérialisme américain et qui ont trop peur de la réaction de l’oncle Sam…
La Russie, qu’on aime ou pas, c’est souverain… Ce qui est loin d’être notre cas.
15  2 
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 27/09/2022 à 10:04
Citation Envoyé par Nancy Rey Voir le message
Quel est votre avis sue le sujet ?
Edward Snowden et Julien Assange ont demandé à plusieurs pays de les accueillir, mais il n'y a que la Chine et la Russie qui ont eu le courage de le faire, les autres pays sont probablement terrorisé par les USA, donc ils n'ont pas voulu prendre le risque de protéger ces lanceurs d'alertes.

Pourquoi la demande d'asile d'Edward Snowden en France a peu de chance d'aboutir
L'Assemblée nationale refuse d'accorder l'asile en France au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange

L'état US est un bourreau. Peu de pays osent ne pas constamment aller dans son sens.
En ce moment les USA sont en train de perdre leur leadership, du coup ils deviennent plus agressif que d'habitude.
14  4 
Avatar de Fagus
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 08/10/2020 à 10:56
Si on considère que les attentats ont tous ou quasi tous été commis par des personnes connues voire, très bien connues de la justice|police, y compris pour des tentatives d'attentat... et que malgré cela elles sont parvenues à leur fin par défaut de surveillance, la vraie question serait plutôt : Combien de vies auraient été sauvées si les moyens alloués à l'espionage du quidam lambda étaient réalloués au suivi des personnes bien connues de la justice ?

Dans la liste des faux positifs : à une époque, j'étais systématiquement ennuyé dans les aéroports, dont une fois où à 16-17 ans j'ai été littéralement "enlevé" par les services de sécurité dans un aéroport américain. C'est à dire deux agents arrivent, un à gauche, un à droite, confisquent les papiers et demandent de suivre, sans prévenir la famille, sans moyen de communiquer, enfourguent dans un corridor dérobé, puis vous font poireauter 30mn dans une salle blanche avec un miroir sans teint, puis vous cuisinent pendant 15mn avec des questions du style : "Avez-vous déjà été en Irak dans des camps d'entraînement djihadistes ?". Un bon souvenir des USA...
6  0 
Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 01/09/2022 à 12:56
Les États-Unis auraient demandé à l'agence d'espionnage britannique d'empêcher The Guardian de publier les révélations de Snowden
selon un nouveau livre

Un nouveau livre, intitulé "The Secret History of Five Eyes", qui doit paraître ce jeudi affirme que les États-Unis ont tenté d'empêcher le journal britannique The Guardian de publier en 2013 les révélations de l'ex-contractant de la NSA, Edward Snowden, sur la collecte massive de données secrètes. Le livre affirme que les Américains ont téléphoné au chef du Quartier général des communications du gouvernement britannique (GCHQ) le matin même de la publication des documents et a demandé à l'agence de faire pression sur le journal pour qu'il abandonne son initiative. Mais l'agence a refusé de servir d'organe de censure.

Le 6 juin 2013, le monde entier découvrait avec stupéfaction les détails de vastes programmes de surveillance des alliés par les États-Unis. Snowden a révélé au grand jour les efforts considérables déployés par la NSA pour suivre les appels téléphoniques et surveiller le courrier électronique et le trafic Internet de pratiquement tous les Américains, mais également des alliés et partenaires du G20. À l'époque, l'ex-contractant de la NSA a laissé entendre qu'il avait accès aux listes complètes de toutes les personnes travaillant à l'agence de renseignement, à l'ensemble de la communauté du renseignement et aux agents infiltrés dans le monde entier.

À ce jour, de nombreux détails restent encore flous dans cette affaire, mais de nouvelles informations sont récemment apparues dans le nouveau livre du réalisateur et journaliste d'investigation Richard Kerbaj, "The Secret History of Five Eyes". Le livre raconte l'histoire inédite du réseau d'espionnage international, à travers ses cibles, ses traîtres et ses espions. On y apprend que la NSA a tenté désespérément d'empêcher la publication du Guardian de ce 6 juin 2013 sur les révélations de Snowden. La NSA aurait appelé tard dans la nuit Sir Iain Lobban, le chef du GCHQ, pour lui demander de faire pression sur le journal pour empêcher la publication.



Mais cette initiative n'a pas abouti. Lobban aurait refusé de céder aux pressions américaines visant à utiliser son agence pour censurer la presse, quels que soient les dommages potentiels qu'elle pourrait causer et les vies qu'elle pourrait mettre en danger. Le livre rapport que bien que le GCHQ ait été cité comme ayant participé aux programmes de surveillance, Lobban a pensé que faire pression sur un journal pour empêcher la publication d'un article afin de sauver la mise à la NSA était l'erreur de trop à ne pas commettre. « Ce n'était ni l'objectif de son agence ni le sien de s'occuper des relations publiques de la NSA », écrit Kerbaj.

Le livre indique que cet appel téléphonique aux premières heures du 6 juin 2013 est le premier d'une série d'éléments qui allait mettre à mal les relations entre les partenaires des Five Eyes (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et États-Unis). Cependant, des pressions ont manifestement été exercées à d'autres niveaux du gouvernement, puisque le Premier ministre britannique de l'époque, David Cameron, a menacé en octobre 2013 d'étouffer l'histoire par des injonctions ou d'autres "mesures plus sévères" pour empêcher toute nouvelle publication des révélations de Snowden sur les activités de la NSA et du GCHQ.

Parmi les révélations retentissantes de Snowden, on trouve les affirmations selon lesquelles les agences de renseignement américaines et britanniques ont réussi à déjouer une grande partie du chiffrement en ligne sur lequel des millions de personnes comptent pour protéger leurs données personnelles et leurs communications. Le livre a également révélé d'autres moments de tension entre les alliés, comme lorsque le général Keith Alexander, homologue de Lobban à la tête de la NSA, n'a même pas informé les Britanniques que Snowden était la source des articles du Guardian. Le GCHQ l'a appris au même moment que le grand public.

En effet, Lobban, qui avait lancé une chasse à la taupe au sein de sa propre organisation ne l'a appris qu'après que Snowden est l'auteur des fuites lors d'une interview publique au Guardian. « C'était un rappel effrayant de l'importance que l'on a, ou que l'on n'a pas », aurait déclaré un initié du renseignement britannique dans le livre de Kerbaj. Les trois autres membres des Five Eyes ont également été exposés par les fuites et incriminés dans l'espionnage d'alliés tels que la chancelière allemande de l'époque, Angela Merkel. Le reste du groupe s'est indigné qu'un contractant tel que Snowden puisse avoir accès à leurs secrets embarrassants.

Avant les révélations, Snowden travaillait comme administrateur de systèmes informatiques. Les quatre autres ont également appris qu'en raison de l'externalisation du gouvernement américain, 1,5 million d'Américains disposaient d'une habilitation de sécurité de haut niveau comme Snowden. Dans une interview lors de son départ à la retraite en 2014, Lobban a déclaré qu'il n'y aurait jamais une version britannique d'Edward Snowden, car le GCHQ traite les contractants "comme s'ils étaient de simples personnes". Le livre rappelle également que seuls les Britanniques avaient osé critiquer à l'été 2013 la façon dont la NSA fonctionnait.

Mais la dynamique du pouvoir entre les cinq pays était claire, car ils craignaient tous d'être coupés du flux vital de financement et de renseignements de la NSA. Une fois de plus, le livre révèle que Sir Kim Darroch, ancien conseiller à la sécurité nationale du Royaume-Uni, a déclaré : « les États-Unis nous donnent plus que nous ne leur donnons, alors nous devons simplement faire avec ». Bien que la Russie ait accordé à Snowden le statut de résident permanent depuis 2020, les États-Unis cherchent toujours le moyen de le rapatrier afin qu'il soit jugé pour espionnage, vol et utilisation illégale de biens gouvernementaux.

Rappelons que le 2 septembre 2020, la cour d'appel des États-Unis pour le neuvième circuit (la plus importante cour d'appel fédérale du pays) a estimé que les agissements de la NSA allaient à l'encontre du "Foreign Intelligence Surveillance Act" de 1978 et pourrait avoir été inconstitutionnelle. L’annonce du verdict a été immédiatement Snowden. « Je n’aurais jamais imaginé que je vivrais assez longtemps pour voir nos tribunaux condamner les activités de la NSA comme étant illégales et dans le même jugement me créditer pour les avoir exposées. Et pourtant, ce jour est arrivé », a-t-il écrit le sur Twitter.

Pourtant, jusqu'à ce moment, les hauts responsables du renseignement ont publiquement insisté sur le fait que la NSA ne collectait jamais sciemment d'informations sur les Américains. Après la révélation du programme, les responsables américains se sont repliés sur l'argument selon lequel l'espionnage avait joué un rôle crucial dans la lutte contre l'extrémisme domestique, citant en particulier le cas de quatre résidents de San Diego qui étaient accusés de fournir une aide à des fanatiques religieux en Somalie. Le programme de collecte de métadonnées en masse de la NSA aurait été interrompu en 2015.

L'on ignore combien d'années de prison il risque, contrairement à Julian Assange qui encourait une peine allant jusqu'à 175 ans. Depuis son exil toutefois, Snowden continue ses dénonciations et ses provocations envers le gouvernement américain. En avril 2020, il a averti que les États utilisent le coronavirus pour construire « l'architecture de l'oppression » et a prédit que les mesures prises pour lutter contre la pandémie Covid-19 vont persister longtemps. Un an auparavant, il déclarait que cela serait une erreur de considérer la NSA comme étant la plus grande menace à la vie privée. Selon lui, ce titre revient aux grandes entreprises technologiques.

« L’objectif interne de Facebook, qu’il le déclare publiquement ou non, est de compiler des archives parfaites de la vie privée dans toute la mesure de ses possibilités, puis de les exploiter pour son propre enrichissement, et ce, sans tenir compte des conséquences. C’est en fait exactement la même chose que ce que fait la NSA. Google a un modèle très similaire », a déclaré Snowden dans une interview en 2019. Il a tout de même reconnu que ces entreprises n'en savent toujours pas autant que le gouvernement, qui peut collecter des informations à partir de toutes les nombreuses plateformes technologiques.

Il s'est également rebellé contre les tentatives répétées des gouvernements, notamment des agences nationales de renseignement, pour saper le chiffrement sur Internet. Les gouvernements font pression sur les géants de la technologie comme Facebook et Apple pour qu'ils accordent aux autorités l'accès aux messages chiffrés, mais les entreprises font valoir que le chiffrement est nécessaire pour garantir la vie privée des utilisateurs. Snowden est de cet avis et a prévenu que l'affaiblissement du chiffrement en ligne aurait "des conséquences désastreuses" et pourrait causer la mort de nombreuses personnes.

Il pense que cela pourrait déclencher une traque sans précédent d'une plus grande ampleur que ce qui a été observé en Afghanistan après la reprise du pouvoir par les talibans. « La vie privée, c'est le pouvoir. Si vous affaiblissez le chiffrement, des gens vont mourir. Rien que cette année, après la chute du gouvernement afghan, nous avons vu à quel point le chiffrement est crucial pour assurer la sécurité des gens ordinaires », a déclaré Snowden, lors d'une interview en 2020.

Cependant, les gouvernements prétendent que le chiffrement entrave la lutte contre le terrorisme et la pédopornographie, de rechercher le matériel sur les abus sexuels sur les enfants (Child Sexual Abuse Material - CSAM), etc. Et force est de constater que les projets de loi visant à saper le chiffrement se multiplient en Europe, aux États-Unis et ailleurs dans le monde, ce qui ne présage rien de bon. En France, le président Emmanuel Macron a également dit qu'il ne souhaitait plus d'anonymat en ligne.

Source : The Guardian

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous des révélations du livre de Richard Kerbaj ?
Que pensez-vous de l'affaire Snowden ? A-t-il trahi son pays en révélant ses informations ?
Que pensez-vous des lanceurs d'alerte et des dénonciateurs ? Pourquoi certains sont-ils traqués par la justice ?

Voir aussi

Snowden avertit que les États utilisent le coronavirus pour construire « l'architecture de l'oppression », et prédit que les mesures prises pour lutter contre le COVID-19 vont persister longtemps

Edward Snowden : c'est une erreur de considérer la NSA comme une menace plus grave à la vie privée que les grandes entreprises technologiques

Edward Snowden : « Sans le chiffrement, nous perdrons toute confidentialité. C'est notre nouveau champ de bataille », cependant, les gouvernements continuent de s'y opposer au nom de la sécurité

Edward Snowden : « Des gens mourront si vous affaiblissez le chiffrement », il estime que la vie privée est un pouvoir essentiel
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Avatar de sevyc64
Modérateur https://www.developpez.com
Le 02/09/2022 à 18:47
C'est bien gentil ce USA-bashing avec cette affaire Snowden, mais faut quand même pas oublié que l'ensemble des pays occidentaux, y compris la France, ont refusé de l'accueillir quand il s'est exilé.
Pour la simple et bonne raison que ces mêmes pays, y compris la France, ont tous une administration interne équivalente à la NSA. Que l'on s'amuse à croire moins performante, mais par définition du secret même, on en ignore, en réalité cette puissance.

Seule la Russie l'a accueillie, non pas en tant que lanceur d'alerte mais parce qu'il est devenu l’ennemie n°1 aux États-Unis, non pas pour le protéger en tant que tel, mais juste pour provoquer les États-Unis.

La France, elle, pays des droits de l'Homme, a rejeté à plusieurs reprises ses demandes d'asiles.
5  0 
Avatar de defZero
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 05/10/2020 à 20:10
Quel est votre avis sur le sujet ?

Le problème avec la "surveillance de masse" c'est bien la partie "masse" de la chose.
En soit, surveiller un ou plusieurs individus déjà suspect me parait normale, mais surveiller la masse et donc supposer que tout le monde est suspect, me parait poser un sérieux problème étique et morale.
Soit on est en démocratie est c'est inadmissible, soit on ne l'est pas et là on ce fout de notre gueule et on a d'autres problèmes à gérer .

Que faut-il privilégier selon vous, la vie privée des citoyens ou la surveillance de masse au nom de la protection contre le terrorisme ?

Puisqu'il est de notoriété public que la surveillance de masse est inefficace contre le terrorisme, au hasard, je dirais la vie privé.
Ou bien c'est un faux prétexte et nos dirigeants nous prennent bien pour des c**.

Est-il justifié de violer la vie privée des citoyens pour raison de sécurité ? Pourquoi ?

C'est injustifiable, puis-qu’inutile pour les motifs évoqués.

Est-il possible d'avoir un compromis entre vie privée et sécurité selon vous ?

Le problème avec cette question c'est qu'elle oppose "vie privée" et "sécurité".
Or, le problème ce n'est ni la "vie privée", ni la "sécurité" mais les personnes qui commettent des actes nuisibles en ce cachant derrière, courageux qu'ils/elles sont.
D'ailleurs qui a bien pu penser une seconde qu'espionner la terre entière aller aider à luter contre le crime.
Au mieux ça peut fournir des indices après coups ou servir pour faire du chantage quand quelqu'un devient gênant, mais comment voulez vous que ce soit utile à fortiori avant que tout acte est été même prémédité ?
4  0 
Avatar de Cpt Anderson
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 06/10/2020 à 10:01
Rien ne vaut les méthodes à l'ancienne qui ont fait leurs preuves : l’enquête et la surveillance par des gens de terrain. La surveillance de masse, le big data et tout le reste, c'est couteux, contraignant et ça ne sert à rien !
4  0 
Avatar de calvaire
Membre expert https://www.developpez.com
Le 27/09/2022 à 12:02
Citation Envoyé par AoCannaille Voir le message
Pour rappel, la France a des accord d'extraditions bi-lattéraux avec les USA, comme avec plein d'autres de pays, Si elle lui accordait l'asile, il aurait pu être extradé dans la foulée.

Si la France était 100% vassale politiquement des USA, elle aurait accordé l'asile et l'aurait extradé, point barre.

Donc en terme de "volonté politique" pour les protéger, leur refuser l'asile était la seule solution pour la France.

Ceci dit, je suis d'accord que ça manque de souveraineté tous ces accords...
Le gouvernement Français pourrait aussi dire fuck à Biden et assumer les représailles usa. Revoir quelques lois liberticide et assumer le rôle du plus grand défenseur de la démocratie et de la liberté d'expression de ce monde.
C'est du courage politique de s'opposer aux USA, de boycotter les JO de Pekin et la coupe du Qatar. On voit dans ces moments la quels pays porte le pantalon.

Au moins la nous aurions plus grande légitimité pour donner des leçons à Poutine ou à la Chine.
Eux pendant ce temps n'ont aucune considération pour notre pays insignifiant, ils traitent directement avec nos maitres les américains pendant les sommets international.
7  3 
Avatar de tanaka59
Inactif https://www.developpez.com
Le 07/10/2020 à 22:03
Bonsoir,

Le programme de surveillance téléphonique de la NSA est inconstitutionnel et coûteux

Quel est votre avis sur le sujet ?
Inconstitutionnel > on surveille en masse et cela donne des faux positif en masse ... Pour preuve, un exemple personnellement constaté pas plutard qu'en juillet, via la page facebook de la boutique pour un commerçant américain . Celui ci vend
des kits améliorations pour les avions RC au 1/16. Un descriptif produit d'un hélico/avion contenait les terme "making" et "bomb" ... Les algorithmes FB ont déclenché une alerte pour suspicion d'activité terroriste ... Puis visite d'une patrouille et de l'administration du FBI ... Sur le coup l'affaire prête à sourire. Dans les faits beaucoup moins ... le commerçant perd du temps à devoir justifier d'activités tout à licite auprès de l'administration ... Pendant ce temps l'administration jette le doute et l'opprobre sur un citoyen lambda qui à rien a se reprocher ...

coûteux > traiter de nombreux faux positif a un moment demande des ressources humaines, financières et matériels ... en somme un coût financier pour la collectivité dont l'efficacité est plus que contestable faute d'actes ou de chiffres concluants

Que faut-il privilégier selon vous, la vie privée des citoyens ou la surveillance de masse au nom de la protection contre le terrorisme ?
> la vie privée des citoyens

la surveillance de masse = c'est valable à un instant T genre un contrôle inopiné , sinon c'est des contrôles spécifiques. On voit bien ici la méconnaissance de l'administration face aux contrôles de masses. Des ressources humaines, financières et matériels à allouer colossaux ... C'est mathématiquement et physiquement impossible à allouer. Tout comme chaque citoyen peut jouir et mener sa vie comme il l'entend. On ne peut pas la codifier ou lui imposer une "vie".

Est-il justifié de violer la vie privée des citoyens pour raison de sécurité ? Pourquoi ?
A la condition que la recherche vise à mettre la main sur quelqu'un ou quelque chose de compromettant un instant T . Pas sur le long terme si le but n'est pas identifier cela n'a pas lieu d'être.

Est-il possible d'avoir un compromis entre vie privée et sécurité selon vous ?
Non .

Quelqu'un de mal intentionné peut avoir accès aux données du contrôle de masse dans un but personnel illégale.

Comme la surveillance de masse peut être contreproductive à ne rien remonter si elle est mal ficelée. ...

Comme il y aura toujours les anti et pro avec des arguments recevables selon les circonstances .
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