Le groupe d'hacktivistes Anonymous a affirmé mercredi être à l'origine de cyberattaques contre plusieurs sites Web affiliés au gouvernement iranien dans le contexte des protestations qui ont suivi la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans, alors qu'elle était détenue par la police. Plusieurs sites Web, dont ceux de la banque centrale, du portail national du gouvernement et de certains médias d'État, sont désormais inaccessibles. Et alors que l'Iran semble avoir pris des mesures pour empêcher les manifestants d'accéder à Internet et aux applications de messagerie, Signal propose une solution de contournement aux utilisateurs.L'Internet iranien serait la cible de cyberattaques orchestrées par Anonymous
Les Iraniens ont été victimes d'une panne d'Internet généralisée mercredi, dans un contexte de manifestations de masse contre le gouvernement. Ils ont notamment perdu l'accès à Instagram et WhatsApp, deux des dernières plateformes occidentales de médias sociaux disponibles dans le pays. Signal, une application de messagerie fortement chiffrée est également indisponible dans la nation islamique. Les violents affrontements entre la police et la population ont éclaté après la mort en prison la semaine dernière de Mahsa Amini, qui avait été arrêtée par la police pour avoir prétendument porté le foulard islamique obligatoire de manière trop lâche.
Bien que les autorités iraniennes affirment que la police n'a pas agressé physiquement Mahsa Amini pendant sa garde à vue - elles déclarent au contraire que la jeune femme a eu une crise cardiaque et qu'elle est décédée à l'hôpital - sa famille a mis en doute ce récit, affirmant qu'elle n'avait pas d'antécédents cardiaques et qu'elle avait des bleus sur les jambes. Sa mort a suscité une indignation internationale et nationale, avec des vidéos montrant des foules acclamant des femmes mettant le feu à leur foulard - obligatoire en vertu des lois sur le hijab du régime clérical - et la police frappant violemment des manifestants, y compris des femmes.
Dans la foulée de ces événements, le groupe international d'hacktivistes Anonymous a lancé une nouvelle opération contre l'infrastructure en ligne de l'Iran. Baptisée OpIran (Operation Iran) par Anonymous, les hacktivistes ont mis hors service un certain nombre de sites Web gouvernementaux de premier plan et piraté plus de 300 caméras de sécurité dans différentes régions du pays. Certains comptes d'Anonymous ont affirmé avoir mené des attaques destructrices sur ces sites, notamment en supprimant les bases de données associées au site du porte-parole du gouvernement, bien qu'aucune preuve n'ait été fournie à l'appui de ces affirmations.
Selon Anonymous, le modus operandi d'OpIran comprend des attaques DDoS, des violations de données, des attaques d'ingénierie sociale, des tutoriels rapides sur la manière de déjouer la censure de l'État en utilisant le navigateur Tor, et d'échapper aux arrestations par la police. Selon certaines sources, le ministère iranien des Télécommunications a déclaré au début de cette semaine qu'il pourrait y avoir des perturbations de l'Internet en raison des implications des troubles en matière de "sécurité nationale". Toutefois, jusque-là, les autorités gouvernementales iraniennes n'ont pas publié de déclaration sur les cyberattaques des hacktivistes.
Anonymous aurait piraté le centre de recherche médico-légale d'Iran et aurait réussi à exfiltrer une base de données d'environ 100 Mo. Le groupe a annoncé par la suite que ces données contiennent les noms, les adresses électroniques, les journaux et les adresses IP des visiteurs du site du Centre dans le monde entier. En ce qui concerne les caméras de sécurité, le piratage aurait été rendu possible grâce à une vulnérabilité dont le score de gravité est de 5,4. Anonymous avait déjà revendiqué le piratage de plus de 400 caméras de surveillance en Russie en mars dernier dans le cadre de sa cyberguerre contre le pays, après l'invasion russe en Ukraine.
En outre, ce n'est pas la première fois que des pirates s'en prennent à des caméras de vidéosurveillance en Iran. En août de l'année dernière, des pirates du groupe Edaalate Ali (Justice d'Ali ou Cour d'Ali) ont réussi à pénétrer dans le système informatique et les caméras de sécurité d'une prison située dans le nord de...
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