Le Royaume-Uni aurait secrètement demandé à Apple de lui fournir un accès général à tous les contenus chiffrés téléchargés sur sa plateforme de stockage iCloud par ses utilisateurs. L'ordre aurait été intimé à Apple en janvier 2025 et exige du fabricant de l'iPhone qu'il crée une porte dérobée permettant aux agents de sécurité britanniques d'accéder librement aux données chiffrées des utilisateurs dans le monde entier. Il s'agit en effet d'une demande sans précédent qui n'a jamais été formulée dans aucun autre pays démocratique. Une telle porte dérobée compromettrait l'engagement d'Apple envers ses utilisateurs en matière de protection de la vie privée.Le Royaume-Uni mène une guerre sans fin contre le chiffrement de bout en bout
Le projet du Royaume-Uni visant à compromettre le chiffrement en ligne ne date pas d'aujourd'hui. Le pays s'est toutefois heurté à l'opposition farouche des entreprises technologiques, qui ont pour la plupart menacé de quitter le Royaume-Uni si une telle loi était votée. Alors que l'on pensait que les politiques britanniques ont mis le projet en retrait dernièrement, un nouveau rapport nous révèle qu'il n'en est rien. Ils poursuivent leurs efforts dans l'ombre.
Selon le rapport, publié par le Washington Post, en janvier 2025, le gouvernement britannique a ordonné à Apple de mettre en place une porte dérobée qui lui permettrait d'accéder au contenu iCloud des utilisateurs, et ce, dans le monde entier. L'ordre est resté secret et n'a jamais été divulgué publiquement. D'après des personnes au fait de la question, l'ordre indique que la fonction ne vise pas « une simple assistance pour craquer un compte spécifique ».
Au contraire, le gouvernement britannique exige « une capacité générale » à visualiser des contenus entièrement chiffrés des utilisateurs d'iCloud. En outre, cette capacité n'a pas de précédent connu dans les grandes démocraties. Son application marquerait une défaite majeure pour les entreprises technologiques dans la bataille qu'elles mènent depuis des décennies pour éviter d'être utilisées comme des outils gouvernementaux contre leurs propres clients.
« Pourquoi le Royaume-Uni voudrait-il épier le stockage iCloud des Français ou des Brésiliens ? C'est ahurissant ! La société de surveillance que certains dirigeants occidentaux souhaitent mettre en place pourrait s'avérer pire que ce que nous observons aujourd'hui dans certaines dictatures », a écrit un critique.
Selon les critiques, la demande du Royaume-Uni est non seulement inédite, mais elle révèle également que certains gouvernements occidentaux n'ont pas renoncé à leurs velléités de surveillance de la planète entière, malgré l'onde de choc provoquée par les révélations d'Edward Snowden en 2013.
La mise en œuvre de l'ordonnance détruirait toutes les protections des utilisateurs
La mise en œuvre de l'ordonnance compromettrait la protection des données des utilisateurs d'iCloud. Apple a commencé à déployer cette option, appelée « protection avancée des données », en 2022. Il avait cherché à l'offrir plusieurs années auparavant, mais il a fait marche arrière après les objections du FBI pendant le premier mandat de Donald Trump, qui a cloué l'entreprise au pilori pour ne pas avoir aidé à l'arrestation de « criminels violents ».
Le service est une option de sécurité disponible pour les utilisateurs d'Apple aux États-Unis et ailleurs. Cette fonctionnalité permet aux utilisateurs de chiffrer de bout en bout de nombreuses catégories de données iCloud supplémentaires, notamment les photos, les notes, les mémos vocaux, les sauvegardes de Messages, les sauvegardes d'appareils, etc., rendant ainsi leurs données personnelles inaccessibles à quiconque, y compris à Apple lui-même.
Bien que la plupart des utilisateurs d'Apple ne fassent pas les démarches nécessaires pour l'activer, la fonction offre une protection renforcée contre le piratage et met fin à une méthode habituelle utilisée par les forces de l'ordre pour accéder aux messages et à d'autres documents. Le stockage et les sauvegardes iCloud sont des cibles privilégiées pour les mandats de perquisition américains, qui peuvent être signifiés à Apple à l'insu de l'utilisateur.
Google applique le chiffrement par défaut pour les sauvegardes de téléphones Android depuis 2018. Interrogé pour savoir si un gouvernement britannique avait demandé une porte dérobée, le porte-parole de Google, Ed Fernandez, n'a pas fourni de réponse directe, mais a suggéré qu'il n'en existait pas : « Google ne peut pas accéder aux données de sauvegarde chiffrées de bout en bout d'Android, même avec une ordonnance légale », a-t-il déclaré.
Les services de police du monde entier s'opposent à l'utilisation du...
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