Les logiciels espions ont plus que jamais le vent en poupe. Les gouvernements et les institutions supranationales investissent dans les logiciels espions pour épier la vie privée de leurs citoyens. Un rapport récent met en lumière un problème alarmant : l'industrie des logiciels espions bénéficie de subventions de l'UE et de financements publics nationaux, tout en étant impliquée dans la surveillance illégale de citoyens européens. Des entreprises telles que Cy4Gate, Verint et Cognyte auraient reçu des fonds européens et nationaux, notamment en Italie et en Espagne, alors même qu'elles développent et commercialisent des logiciels espions.En 2013, Edward Snowden a divulgué des documents confidentiels exposant des programmes de surveillance tels que PRISM, Boundless Informant et XKeyscore. Ces programmes permettaient à la NSA de collecter massivement des données de communication, y compris des métadonnées de téléphones et des informations sur les activités en ligne des citoyens américains et étrangers. Ces révélations troublantes ont suscité une indignation mondiale.
Elles ont suscité des appels à une réglementation plus stricte de la surveillance électronique. Cependant, plus de dix ans après ce scandale, les gouvernements et les institutions supranationales sont plus que jamais obsédés par le besoin de surveiller leurs citoyens et de connaître chaque détail de leur vie privée.
L'industrie des logiciels espions n'a pas diminué. Au contraire, elle a continué de se développer, alimentée par la demande sans cesse croissante des gouvernements, des entreprises et d'autres acteurs pour des logiciels de surveillance avancés. Des entreprises telles que NSO Group, avec son logiciel espion Pegasus, ont été accusées d'utiliser ces technologies pour espionner des journalistes, des militants des droits de l'homme et des opposants politiques.
Sur le Vieux continent, le journal néerlandais d'investigation financier et économique Follow The Money (FTM) rapporte que les fonds européens affluent vers les entreprises spécialisées dans les logiciels espions. L'enquête révèle que plusieurs fournisseurs de logiciels espions ont reçu des subventions de l’Union européenne et de certains États membres, alors même que leurs produits sont utilisés pour surveiller des individus de manière controversée.
De nombreuses entreprises ont reçu des millions d'euros de fonds publics
L'enquête a révélé que le Centre pour le développement des technologies industrielles (CDTI), financé par des fonds publics espagnols, avait versé 1,3 million d'euros à Mollitiam Industries, un distributeur de logiciels espions aujourd'hui fermé. De même, il a été découvert que la banque publique italienne Mediocredito Centrale avait garanti un prêt de 2,5 millions d'euros à Dataflow Security, un développeur de logiciels espions commerciaux basé en Italie.
Parmi les entreprises figurent des acteurs connus du secteur, comme Intellexa, Cy4Gate, Verint ou Cognyte. Ces fonds publics devaient officiellement soutenir la recherche et le développement de technologies numériques, mais ils ont permis à ces entreprises de développer et de commercialiser des logiciels espions.
Follow The Money a déclaré qu'il n'avait pas été prouvé que l'argent, dans aucun des cas qu'il avait découverts, avait été utilisé pour financer directement le développement de logiciels espions, bien que des fonds aient été fournis dans plusieurs cas. L’enquête de Follow The Money met en lumière un problème structurel : les mécanismes de financement publics manquent de supervision stricte. Les subventions accordées ne sont pas suffisamment contrôlées.
Cela permet à des entreprises impliquées dans des activités controversées de recevoir de l’argent public sans responsabilité claire. « Ce phénomène n'est pas une bonne chose, mais ce n'est pas rare. Je me demande si ce comportement a conduit l'Union européenne au fiasco de l'identification numérique. Toutes ces données surveillées peuvent être utilisées pour manipuler les politiciens afin qu'ils apportent leur soutien », peut-on lire dans les commentaires.
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