Palantir a publié des résultats supérieurs aux attentes au quatrième trimestre. Ces performances sont principalement portées par ses contrats lucratifs avec le gouvernement américain pour des outils avancés d'analyse de données et de surveillance. Cette annonce a suscité une vive polémique, ravivant les critiques sur le soutien technique de Palantir à la police de l'immigration (ICE) et à d'autres agences américaines. En réponse, le PDG Alex Karp a vigoureusement défendu les technologies de surveillance de Palantir, affirmant qu'elles sont essentielles pour la sécurité nationale et la stabilité démocratique. Précédemment, il avait qualifié ces critiques de parasites.Palantir Technologies a annoncé un chiffre d’affaires total de 1,41 milliard de dollars au quatrième trimestre. Il est tiré par une forte croissance des contrats avec le gouvernement américain. Les revenus issus de l’administration américaine ont augmenté de 66 % par rapport à l’année précédente, atteignant 570 millions de dollars. Palantir a signé des contrats très lucratifs avec ICE, une police très controversée, et le département de la Sécurité intérieure.
La société a également fourni des prévisions pour l’année 2026 indiquant une croissance substantielle, avec un chiffre d’affaires attendu entre 7,18 milliards et 7,20 milliards de dollars, soit une progression d’environ 60 % par rapport à 2025. Les prévisions pour le premier trimestre 2026 dépassent également les estimations des analystes, avec des ventes anticipées entre 1,53 milliard et 1,54 milliard de dollars. L'entreprise se porterait mieux que jamais.
Palantir prévoit en outre une croissance des ventes auprès des entreprises américaines de plus de 115 % en 2026 par rapport à l’année précédente. Les actions de la société ont bondi d'environ 5 % en bourse et son titre coté à Francfort a progressé de près de 12 % au matin du 3 février, dans un marché peu actif.
Une performance financière qui a déclenché une vague de polémiques
Palantir a obtenu des contrats fédéraux d'une valeur de plusieurs millions de dollars dans le cadre de la répression menée par le président Donald Trump contre les immigrants. Cette entreprise de Denver, dont la valeur s'élève à plus de 376 milliards de dollars, développe des technologies avancées axées sur la surveillance et l'analyse de données. Les principaux clients de Palantir comprennent les agences gouvernementales et les entreprises privées.
Le plus gros client américain de Palantir est le ministère américain de la Défense ; la société d'analyse de données travaille également avec le ministère américain de la Sécurité intérieure, et la majorité de ses revenus provient de contrats lucratifs avec le gouvernement fédéral.
Palantir a suscité de nouvelles critiques concernant son rôle dans la politique d'immigration stricte du gouvernement, depuis que des agents fédéraux de l'immigration ont tué deux manifestants à Minneapolis le mois dernier. Depuis lors, les entreprises qui travaillent avec l'ICE font l'objet d'une surveillance accrue depuis. Le PDG de Palantir, Alex Karp, a déclaré dans une interview avec CNBC que son entreprise contribuait à protéger les données sensibles.
« Si vous critiquez l'ICE, vous devriez manifester pour demander davantage de Palantir », a déclaré Alex Karp en réponse à ses détracteurs. « Notre produit, en fait, dans son essence même, exige que les gens se conforment à la protection des données prévue par le quatrième amendement ». Il n’a toutefois pas répondu directement aux controverses spécifiques sur l’utilisation de ses technologies dans l’application des politiques migratoires américaines.
Lors de la conférence téléphonique sur les résultats de l'entreprise, Alex Karp a réitéré son argumentation en faveur de la protection des données. Il a notamment déclaré que « le travail de Palantir avec le gouvernement américain, y compris les agences de renseignement, est conforme au quatrième amendement et garantit que toutes les institutions qui utilisent les produits [de Palantir] le font dans le respect de la loi et de l'éthique américaines ».
Palantir accusé de violer la vie privée des citoyens grâce à ses outils
Les défenseurs de la confidentialité des données ne sont pas convaincus par les garanties de Palantir. « Les outils de Palantir sont les sbires numériques de l'ICE », a déclaré Will Owen, directeur de la communication de l'organisation à but non lucratif Surveillance Technology Oversight Project, dans une déclaration au Guardian. Il a ajouté : « leurs revenus ont peut-être augmenté grâce à Trump, mais personne ne croit qu'ils demandent des comptes à l'ICE ».
L'année dernière, l'ICE a attribué à Palantir un contrat de près de 30 millions de dollars pour la création d'ImmigrationOS, qui facilite l'extraction d'informations sur les immigrants à partir des bases de données gouvernementales, quelle que soit l'exactitude de ces dossiers. 404 Media a récemment fait état de l'existence d'un autre outil créé par Palantir pour le gouvernement fédéral : Enhanced Leads Identification & Targeting for Enforcement (ELITE).
Selon 404 Media, « ELITE remplit une carte avec les cibles potentielles d'expulsion, affiche un dossier sur chaque personne et fournit un score de confiance sur l'adresse actuelle de la personne ». Le logiciel s'appuierait sur les données d'adresse du ministère de la Santé et des Services sociaux, qui comprend Medicaid.
Palantir a qualifié les affirmations de 404 Media concernant l'outil ELITE de trompeuses. D'après Palantir, « ELITE est utilisé pour des mesures coercitives prioritaires visant à mettre en évidence les adresses probables d'individus spécifiques, tels que ceux faisant l'objet d'une décision définitive d'expulsion ou d'accusations criminelles graves ». Toutefois, Palantir peine à calmer les critiques, qui accusent l'entreprise de « s'enrichir en traquant les américains ».
Dans un rapport publié à la fin du mois de janvier, Wired a déclaré que le gouvernement fédéral américain utilise les outils d'IA de Palantir pour traiter les informations relatives à l'application des lois sur l'immigration. Wired a également rapporté que le ministère de la Santé utilise d'autres outils d'IA de Palantir pour examiner les subventions et les descriptions de poste sous l'angle de la diversité, de l'équité et de l'inclusion (DEI) et de l'idéologie de genre.
Alex Karp rejette les allégations concernant l'État de surveillance
En novembre dernier, Alex Karp a critiqué les détracteurs qui qualifient Palantir de société de surveillance, les traitant de « parasites » et affirmant qu'ils comprennent mal à la fois le produit et le pays qui l'a rendu possible. Son argument repose sur l'idée que le logiciel de Palantir est conçu pour les travailleurs américains ordinaires et les militaires, et non pour les bureaucrates chargés de la surveillance. Mais selon détracteurs, il s'agit d'une inversion populiste.
Alex Karp a souligné que la technologie de Palantir vise à améliorer la vie des personnes exerçant diverses professions et à renforcer les capacités de défense du pays. Il insiste sur le fait que le logiciel est conçu pour les soudeurs, les techniciens d'usine et les soldats, et non pour les bureaucrates chargés de la surveillance. Il a aussi lié le succès de Palantir au patriotisme, suggérant que la Silicon Valley ne s'intéresse qu'aux idées qui génèrent des profits.
« Non seulement le patriotisme est juste, mais il vous rendra riche ». Le PDG a également déclaré qu'il prend plaisir à imaginer de riches dirigeants de banques coincés dans de vieilles voitures, tandis que des employés sans origine privilégiée conduisent de « magnifiques Tesla » achetées grâce aux bénéfices de Palantir.
Un rapport de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale sur les territoires palestiniens occupés, adressé au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, a critiqué le travail de certaines entreprises, dont Palantir, avec Israël et les Forces de défense israéliennes. Bloomberg avait précédemment rapporté que les forces de défenses d'Israël (Tsahal) utilisaient un logiciel militaire développé par Palantir pour frapper des cibles à Gaza.
L'entreprise a réfuté ce qu'elle qualifie d'allégation « sans fondement » selon lesquelles elle serait le développeur d'un logiciel de ciblage assisté par l'IA qui aurait été utilisé par Tsahal à Gaza, ou qu'elle serait impliquée dans la base de données « Lavender » utilisée par Tsahal pour le recoupement des cibles. Peter Thiel a donné à l'entreprise le nom des boules de cristal utilisées comme « pierres de voyance » dans Le Seigneur des anneaux.
La face cachée de Peter Thiel : l'informateur confidentiel du FBI
Palantir, cofondé par Peter Thiel et soutenu dès ses débuts par la CIA, a consolidé son positionnement grâce à une série de contrats gouvernementaux à long terme. Parmi ces contrats figure un accord d’environ 30 millions de dollars avec l’agence américaine ICE destiné à développer un système de suivi des immigrants en situation irrégulière, qui constitue l’un des plus importants...
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