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Vous pouvez jailbreaker un F-35 comme un iPhone, déclare le chef de la défense néerlandais. Et si l'Europe venait de découvrir son arme secrète contre le chantage numérique de Washington ?

Le , par Stéphane le calme

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Le secrétaire d'État néerlandais à la Défense a lâché une phrase qui a aussitôt fait le tour des médias spécialisés : le chasseur furtif F-35 de Lockheed Martin peut être « jailbreaké comme un iPhone ». Derrière cette formule provocatrice se cache une réalité technique et géopolitique d'une complexité redoutable, qui questionne la dépendance logicielle des armées européennes vis-à-vis des États-Unis dans un contexte transatlantique de plus en plus tendu.

C'est lors d'une émission de podcast sur BNR Nieuwsradio que Gijs Tuinman, secrétaire d'État néerlandais à la Défense, a lâché cette confidence pour le moins surprenante. Interrogé sur la capacité des forces européennes à maintenir et à mettre à jour le logiciel de leurs F-35 si les États-Unis venaient à se retirer du partenariat de défense occidental, il a répondu avec un aplomb déconcertant : « Je vais dire quelque chose que je n'aurais jamais dû dire, mais je le dis quand même : vous pouvez jailbreaker un F-35 comme un iPhone. »

La formule est saisissante, elle est volontairement provocatrice, et elle est surtout révélatrice d'une inquiétude profonde qui monte dans les capitales européennes depuis que les États-Unis de Donald Trump ont fait planer le doute sur leur fiabilité comme alliés. Tuinman n'a pas développé davantage sa pensée technique, mais le sous-entendu est clair : si Washington venait à couper le robinet des mises à jour logicielles, les Européens auraient la capacité de se débrouiller seuls. Du moins, en théorie.

Le F-35 : une arme, mais surtout un logiciel

Pour comprendre l'enjeu, il faut d'abord saisir ce qu'est réellement le F-35 du point de vue informatique. Avec plus de 8 millions de lignes de code, le F-35 est fondamentalement un système d'armes défini par le logiciel, de nature très fortement en réseau, qui repose sur des mises à jour régulières pour maintenir ses performances. Ce n'est pas un avion avec un ordinateur de bord. C'est presque le contraire : un ordinateur volant dont les capacités combatives dépendent d'un flux continu de données, de patches, et de mises à jour de missions.

Le cerveau logistique de cet appareil s'appelle ALIS — Autonomic Logistics Information System. Ce système surveille la santé de l'avion — statistiques du moteur, usure des éléments — et transmet ces informations à un serveur central géré par les États-Unis afin que les unités de maintenance puissent réparer les éléments et commander des pièces. ALIS a cependant souffert de nombreux problèmes : données inexactes, mises à jour lentes, infrastructure lourde difficile à déployer en environnement expéditionnaire. C'est pourquoi le département américain de la Défense est en train de migrer vers son successeur cloud-native, ODIN — Operational Data Integrated Network.

ODIN maintient les mêmes fonctions de haut niveau qu'ALIS, mais il emploie des améliorations architecturales majeures. Son backend est hébergé dans le cloud, son matériel est plus compact et renforcé, et il permet des mises à jour logicielles continues via un environnement de données intégré. En termes techniques, on est passé d'une architecture distribuée locale à une architecture cloud-first centralisée côté américain. Ce qui est fonctionnellement plus efficace, mais stratégiquement plus problématique pour les alliés non-américains.


Le mythe du « kill switch » et la réalité plus froide de la dépendance

Depuis plusieurs mois, les commentateurs s'interrogent sur l'existence d'un hypothétique « kill switch » que Washington pourrait activer à distance pour immobiliser les F-35 européens. Plusieurs autorités, dont le Pentagone via le Joint Program Office, démentent ce scénario. Et sur le plan purement technique, selon un rapport du Government Accountability Office, ni ALIS ni ODIN ne s'interfacent avec les commandes opérationnelles du F-35 : ce sont des systèmes de support, pas des coupe-circuits.

Autrement dit, un F-35 peut décoller et voler sans connexion permanente à ODIN. Mais voilà où la nuance devient capitale : voler ne veut pas dire combattre efficacement. Si les Américains venaient à couper le cordon ombilical des mises à jour du F-35 et surtout de leur chaîne logistique, la capacité opérationnelle des flottes européennes ne tiendrait pas très longtemps.

La vraie dépendance est donc plus subtile et plus insidieuse qu'un simple bouton on/off. Elle réside dans les clés cryptographiques, les fichiers de mission...
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Avatar de Fagus
Membre expert https://www.developpez.com
Le 20/02/2026 à 18:11
Selon cet article l'avion est dépendant d'un logiciel pour les capteurs et les cibles, dont le serveur est aux USA, et j'ai cru comprendre que le logiciel de mission se désactive après 30 jours sans connection.
Sachant que la connection permet aux USA de déployer les mises à jour activatrices ou désactivatrices... et que les USA ont le contrôle des pièces détachées et des codes pour activer les armes, autant dire que cet avion dispose d'un licol américain.

Le chef de la défense néerlandais pense qu'il peut le jailbreaker, parfait, mais comment vont-il faire pour dans un temps raisonnable :
- faire la rétro-ingénierie du matériel et logiciel de l'avion, ainsi que des serveurs situés aux USA
- réécrire tout ça
- déjouer les protections matérielles et cryptographiques que les américains ont dû mettre partout et qui empêcheront d'exécuter du code non-signé ?

Par exemple, sur des terminaux bancaires, il existe des circuits qui lorsqu'on les ouvre au démontage, déclenchent l'effacement des certificats cryptographiques dans les puces et ça brique l'appareil. Je vous laisse imaginer ce que le constructeur a pu mettre comme mesures anti-rétroingénierie dans l'avion. S'il y a des fusibles dans les puces...
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Avatar de phil995511
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 20/02/2026 à 15:12
Selon cet article dont les sources sont sûres, on ne peut pas jailbreaker un F35...

https://www.avianews.ch/post/f-35-pe...-les-logiciels
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Avatar de RenarddeFeu
Membre averti https://www.developpez.com
Le 20/02/2026 à 9:34
Le problème, c'est que sans l'ALIS, le F-35 devient un gadget coûteux et inutile. Or, jailbreak les avions revient à s'en passer.

Le meilleur avion de combat est celui qu'on peut déployer librement en cas de conflit. Les USA ne voudront jamais s'opposer frontalement à la Russie et les F-35 seront cloués au sol, CQFD !
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Avatar de andré_b
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 22/02/2026 à 21:47
Ce que les États-Unis fourni avec le F35 est plutôt l'information en temps réel. Et ça vient du réseau de satellites des États-Unis. Il serait au moins 10 années avant Europe aura un système satellite autour d'Europe aussi capable. Entre temps, Europe est fortement dépendant des États-Unis.
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