Une enquête suggère que des satellites russes lancent des attaques IT de type DoS qui brouillent le GPS en UE. Moscou teste ses capacités d’immobilisation de l’Europe, d’après des observateursDes chercheurs ont publié les résultats d’une enquête de laquelle il ressort que des satellites militaires russes sont à l'origine de plusieurs perturbations du GPS enregistrées en Europe depuis 2019. Ces brouillages, qui s'étendent de l'Islande à l'Italie, touchent les systèmes de navigation américain, chinois et européen, mais épargnent le système russe GLONASS. Moscou teste ses capacités d’immobilisation de l’Europe, d’après des observateurs.
Des satellites russes perturbent les signaux GPS à travers l'Europe depuis des années, selon les résultats d’une enquête publiée par une équipe de chercheurs. Depuis 2019, les chercheurs ont recensé 75 incidents de perturbation GPS en Europe. Les résultats de l’enquête font état de ce que le signal perturbateur provenait directement de satellites russes dans au moins trois de ces incidents.
Le jamming (ou brouillage) est la technique déployée dans ces incidents. Dans le domaine informatique et des télécommunications, il s'agit d'une attaque par déni de service (DoS) visant à perturber ou bloquer les communications sans fil
Le jamming revient à crier très fort sur la même fréquence radio que celle utilisée par les satellites GPS. Les rapports font état de ce que les satellites russes émettent un puissant bruit radio sur les fréquences standard (ou voisines) de la bande L (comme la fréquence L1, utilisée pour le GPS civil). Lorsque ce bruit est d'un ordre de grandeur supérieur au signal provenant des véritables satellites GPS, le récepteur civil est submergé et ne parvient plus à calculer sa position ni l'heure.
En passant au crible les données publiques provenant de stations terrestres équipées de récepteurs GNSS (système mondial de navigation par satellite), ils ont identifié un schéma d'interférences de forte puissance d'une durée inférieure à 10 secondes à chaque fois, mais détectables simultanément par des stations terrestres à travers l'Europe, de la Norvège à l'Espagne en passant par la Pologne, et s'étendant même vers l'ouest jusqu'au Groenland et au Canada.
En analysant les données des stations au sol entre janvier 2019 et avril 2026, les chercheurs ont recensé 75 jours au cours desquels au moins un épisode d’interférence GNSS généralisée a coïncidé avec la bande de fréquences GPS L1, centrée sur 1575,42 mégahertz. Il s’agit de la bande principale utilisée pour la transmission des signaux par la constellation de satellites GPS de fabrication américaine et par les constellations GNSS d’autres pays.
Ces phénomènes d'interférence se produisaient principalement les mardis, mercredis et jeudis pendant les heures de bureau en Europe, d’après les résultats de l’enquête. Étant donné que ces interférences « à l'échelle continentale » affectaient simultanément les récepteurs GPS à travers l'Europe et au-delà. Les chercheurs ont effectué des calculs et déterminé que la source devait se trouver à au moins 1200 kilomètres au-dessus de la terre.
Les données du rapport débouchent sur la conclusion selon laquelle les attaques DoS provenaient de six satellites au sein de la constellation Edinaya Kosmicheskaya Sistema (EKS), dont le Kosmos 2546.
La publication des résultats de l’enquête fait suite à des alertes sur des menaces de la Russie de couper Internet et le GPS en Europe
C’est ce que rapporte John Flannery – ancien procureur fédéral de New York – dans une sortie : « La Russie menace de couper l’Internet et le GPS de l’Occident. » C’est une sortie qui laisse entrevoir que les brouillages du GPS par les satellites russes sont voulus. Des observateurs soutiennent ce positionnement sur la base des valeurs des fréquences émises par les satellites de la constellation EKS.
Ces dernières sont voisines de celles du GPS et d’une puissance suffisante pour déborder et brouiller les appareils en Europe. La manœuvre serait compréhensible étant donné que ces publications se font dans un contexte de guerre entre la Russie et l’Ukraine qui requiert que les Russes puissent masquer ses positions militaires ou mettre à mal des infrastructures ennemies qui s’appuient sur le GPS.
Pavel Podvig, directeur du Russian Nuclear Forces Project, organisme qui suit les capacités stratégiques russes, juge pour sa part peu vraisemblable que Moscou utilise ces satellites à des fins de brouillage étant donné que leur mission première est l’alerte nucléaire.
Ce n’est pas la première fois que la Russie se retrouve au centre de telles allégations
C’est ce que suggère un rapport du Center for Advanced Defense (C4AD) paru en 2019 et selon lequel « Les Russes auraient piraté les systèmes de positionnement par satellites pour envoyer de fausses données de navigation à des navires. »
Selon le C4AD, la manœuvre était destinée à protéger le président russe. Alors que Poutine traversait un pont aux volants d’une voiture, les systèmes de navigation par satellite installés qui se trouvent dans les salles machines d’environ 24 navires des alentours du pont ont tous commencé à afficher de fausses données de navigation. Leurs systèmes GPS auraient indiqué qu'ils étaient ancrés à plus de 65 kilomètres à terre, à l'aéroport d'Anapa.
Source : Rapport
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