Les fonctionnaires US disposent désormais d'une appli mobile White House qui s’installe automatiquement, qu'ils ne peuvent supprimer, qui traque leurs mouvements et qui sert d’outil de propagande à Trump Les fonctionnaires américains disposent désormais d’une application mobile White House qui s’installe automatiquement, qu’ils ne peuvent supprimer, qui traque leurs mouvements et qui sert d’outil de propagande à Donald Trump. C’est surtout sur ce dernier point qu’elle fait le plus l’objet de controverse étant donné l’installation obligatoire sur les appareils des fonctionnaires fédéraux (non partisans) d’une application diffusant des messages à forte connotation politique et donc qui constituent une violation du principe de neutralité politique au sein de la fonction publique fédérale.
En effet, des observateurs, parmi lesquels figurent d'anciens responsables du secteur technologique, affirment que la promotion de contenus partisans — comme la fonctionnalité permettant de remplir automatiquement un message adressé au président avec la mention « Le plus grand président de tous les temps ! » — sur les appareils officiels du gouvernement fédéral constitue une violation de la loi Hatch, qui impose aux fonctionnaires de rester politiquement neutres.
L'application lancée en mars a été automatiquement installée en mai sur les téléphones professionnels des employés du ministère américain de l'Agriculture, du département d'État et du ministère du Travail. Les fonctionnaires fédéraux signalent qu'il est impossible de la désinstaller.
L’application comprend les publications du compte Truth Social de Trump, une rubrique « Actualités » regroupant des articles de Fox, Breitbart, Reuters, du New York Post et d’autres médias, ainsi qu’un bouton permettant d’« envoyer un SMS au président Trump » (avec la mention « Le plus grand président de tous les temps » pré remplie).
Un rapport de décompilation de cette application mobile fait état de ce qu’elle traque les mouvements des utilisateurs
Des captures d'écran et le code décompilé de l'application ont confirmé que celle-ci demande les autorisations de localisation Android pour accéder à la localisation en avant-plan et en arrière-plan, avec des intervalles de mise à jour de 4,5 minutes et 10 minutes, respectivement. L'application utilise One Signal, un service de notifications push bien connu qui collecte également des données GPS toutes les 5 minutes afin de permettre l'envoi de messages ciblés.
La liste des autorisations de l'application comprend :
- Accès à la localisation précise et approximative (uniquement en arrière-plan)
- Possibilité de modifier le stockage partagé
- Empêcher la mise en veille du téléphone
- Lire les notifications de badge
- Afficher les connexions réseau et le Wi-Fi
- Utiliser le capteur d'empreintes digitales
- Accès au microphone (utilisation active non précisée)
Le fait d'empêcher le téléphone de passer en mode veille laisse supposer une volonté délibérée de maintenir un suivi continu de la localisation, indépendamment de l'activité de l'utilisateur ou de l'état d'utilisation de l'application.
Des experts et des personnalités publiques pointent du doigt une surveillance de masse à la Chinoise via l’application qui est disponible en téléchargement sur les boutiques d’application Google et Apple
Plusieurs analystes indépendants ont souligné que l'application du gouvernement disposait d’autorisations Big Brother à la Chinoise, laissant entendre une surveillance étatique accrue, comparable à celle des régimes autoritaires.
De nombreux utilisateurs et commentateurs ont fait part de leurs réserves et de leur indignation, notamment parce que ce niveau de surveillance émane directement du gouvernement et non d'entreprises technologiques privées.
Certains considèrent cette application comme une forme de logiciel espion gouvernemental plutôt que comme une simple application d'actualités, en raison de ses autorisations très intrusives et de son suivi permanent. Sans détour, certains affirment que cette application ne diffère en rien de MAX – l’application russe de surveillance de type « Big Brother », présentée comme une alternative à WhatsApp, dans l'Ukraine occupée.
White House : application mobile vibe-codée ?
Certains s’interrogent sur la capacité des développeurs travaillant avec la Maison Blanche sur cette application à mener à bien une telle tâche.
Plusieurs rapports font état de ce qu’il semblait que le développeur de l’application manquait d’expérience en matière de programmation d’applications mobiles, compte tenu de ses mesures de cybersécurité insuffisantes pour une application gouvernementale aussi médiatisée. L’application n’utilise ni obfuscation de code ni épinglage de certificat, ce qui facilite la rétro-ingénierie de son code et de son trafic réseau, et permet de détecter plus facilement ses vulnérabilités.
D’après les fichiers internes de l’application, le code indique qu’elle a été développée par 45Press, une société de développement de sites web basée dans l’Ohio. Selon les informations relatives aux marchés publics, cette société s’est vu attribuer, le 6 février, un contrat de plus de 1,4 million de dollars pour soutenir les services en ligne de la Maison Blanche.
La biographie de l’entreprise sur X indique qu’elle propose « des services experts en développement WordPress, conception, hébergement, e-commerce et bien plus encore ! » Mais elle ne mentionne aucun travail antérieur de développement d’applications.
Sources : White House (Communique de lancement), TheReallo Blog (notes technique sur la décompilation de l’appli mobile White House)
Et vous ?
Que pensez-vous de la mise à contribution de logiciels pour faire de la propagande personnelle ? Comment l’appliquez-vous au cas Donald Trump compte tenu de la fonction qu’il occupe et des lois pour lesquelles il est censé montrer l’exemple en termes d’application ?
Application White House : Surveillance de masse délibérée ou application vibe-codée ?Voir aussi :
L'IA peut écrire du code mais ne parvient pas à le comprendre, selon une étude d'OpenAI. Testés sur des tâches réelles de programmation, les modèles les plus avancés n'ont pu résoudre qu'un quart des défis
« Jusqu'à 90 % de mon code est désormais généré par l'IA », d'après Adam Gospodarczyk, qui ravive le débat sur l'impact de l'IA et son aptitude à remplacer les humains dans la filière du génie logiciel
Le « premier ingénieur logiciel IA » loin d'être à la hauteur : Devin a un taux de réussite de 15 %. Des chercheurs notent que l'IA prend des jours pour faire des tâches simples qui auraient pris des heures
Vous avez lu gratuitement 6 483 articles depuis plus d'un an.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.