Les fuites de données s’enchaînent en France. Quelques heures après la confirmation que feu Bloctel a laissé filer des centaines de milliers de numéros de téléphone, c’est au tour de la DGFiP d’annoncer qu’un acteur malveillant a eu accès au système d’information des impôts après une usurpation d’identité. L’accès initial à la plateforme s’est fait par usurpation d’identité
Le pirate informatique, connu sous le pseudonyme de ZeroBytes, a réussi à obtenir les identifiants de connexion et le compte d'un agent ou d'un fonctionnaire de l'administration.
L’attaquant a ensuite compromis les serveurs internes pour s’installer dans le réseau. Muni de ces identifiants légitimes et depuis les serveurs compromis, le hacker a ouvert un accès VPN (Réseau privé virtuel) pour pénétrer profondément le système d'information central de la DGFiP.
Une fois connecté au VPN, il a exploité un outil interne de recherche conçu pour consulter les dossiers des particuliers et des professionnels. Il a extrait les lignes de données de manière ciblée, sans déclencher immédiatement les alertes de volume de la DGFiP.
Ainsi, contrairement aux attaques classiques par force brute ou aux aspirations de bases de données par requêtes massives (faciles à détecter par les outils de surveillance réseau SIEM), le hacker a utilisé une méthode furtive et sophistiquée.
L'intrusion illégitime s'est déroulée fin juin 2026. Bien que l'accès de l'agent compromis ait été détecté et coupé à cette période dans le cadre des contrôles de routine, l'extraction de données n'a été confirmée et rendue publique par Bercy qu'à la mi-août, après la mise en vente des données par le pirate informatique.
L'attaque a permis l'extraction frauduleuse de 678 437 lignes de données fiscales.
Le fichier, mis en vente pour plusieurs milliers d'euros sur des forums cybercriminels, contient des détails fiscaux hautement confidentiels structurés ainsi :
Pour les particuliers (392 867 comptes) : Noms, prénoms, dates et lieux de naissance, adresses postales et électroniques, numéros de téléphone, revenu fiscal de référence (RFR), situation et quotient familial, ainsi que le taux de prélèvement à la source. Les données semblent cibler en partie des usagers ayant soumis des réclamations ou des questions techniques
Pour les professionnels (285 570 comptes) : numéros SIREN, adresses de l'entreprise et identité des mandataires
Ciblage patrimonial précis : le pirate a trié les contribuables par niveau de richesse (ex. : 26 805 foyers affichant un RFR supérieur à 100 000 €, et plusieurs centaines dépassant le million d'euros), ce qui augmente le risque d'arnaques financières ultra-ciblées ou d'ingénierie sociale.
Une enquête judiciaire a été confiée à l'Office anticybercriminalité (Ofac) par la section cyber du parquet de Paris pour "extraction frauduleuse de données" et "accès et maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé"
Les équipes de la DGFiP en charge des systèmes d'information sont pleinement mobilisées, en lien avec les services des ministères économiques et financiers, notamment le service du Haut fonctionnaire de défense et de sécurité (SHFDS), ainsi qu'avec l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI).
La DGFiP prendra directement contact avec chacun des particuliers et professionnels concernés. Ils recevront une information individuelle par courriel ou courrier précisant les données susceptibles d'avoir été consultées ou extraites et, le cas échéant, les mesures de vigilance à adopter. La DGFiP déposera plainte et communiquera de nouveaux éléments à mesure de l'avancée des investigations, selon ce qui ressort du communiqué des autorités compétentes en la matière.
Une vague massive de fuites de données touche les ministères français et les principales administrations depuis le début de l'année 2026C'est scandaleux, honteux. Suis très en colère 😡😡 Notre pays est une passoire numérique.
— Christophe 🇨🇵 🇨🇵🇨🇵 (@Christophe02800) August 14, 2026
@EmmanuelMacron @SebLecornu @gouvernementFR
- Ministère de l'Intérieur : 111 528 agents concernés (noms, prénoms, adresses e-mail, numéros de téléphone)
- Ministère de l'Intérieur – BANATIC : 91 213 personnes (département, fonction et nom du délégué, numéro SIREN)
- Santé publique France : 80 000 personnes (noms, prénoms, adresses e-mail et postales)
- INSERM : 189 997 personnes (noms, adresses e-mail, numéros de téléphone, numéros RPPS)
- Ministère de la Culture : 45 362 personnes (noms, adresses e-mail professionnelles, numéros de téléphone, direction ou service d’appartenance)
- INSEE : 12 800 personnes (identités des agents, coordonnées professionnelles, informations relatives aux fonctions exercées)
- Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative : 227 000 personnes au 29 juin + 217 000 au 2 mai (noms, prénoms, IBAN, dates et lieux de naissance, numéros de carte professionnelle)
- France Services : 12 831 personnes (noms, prénoms, adresses e-mail)
- JeVeuxAider.gouv.fr : 558 952 personnes (noms, adresses postales, adresses e-mail, dates de naissance)
- Osmose / Resana : 11 000 personnes (noms, adresses e-mail professionnelles, ministères ou services d’appartenance, identifiants internes)
- Ministère de la Transition écologique : 80 000 personnes le 25 avril + 1 154 le 26 avril (noms, adresses, e-mails, documents, connexions et interactions)
- Agence nationale des fréquences : 330 000 personnes (noms, adresses, adresses e-mail, dates de naissance)
- Agence des services et du paiement : nombre non précisé (noms, adresses, IBAN, numéros de téléphone)
- Police nationale – E-campus : 176 000 personnes (noms, prénoms, adresses e-mail)
- Système d'information sur les armes à feu (SIA) : 62 000 personnes (noms, adresses, adresses e-mail, numéros de téléphone)
- Réserve citoyenne de l'Éducation nationale : 13 000 personnes (noms, prénoms, adresses e-mail, numéros de téléphone)
- CROUS : 1,9 million de personnes (noms, adresses, adresses e-mail, documents)
- Ministère de l'Éducation nationale : 243 000 personnes (noms, adresses, adresses e-mail, numéros de téléphone)
- Membres du gouvernement : 60 000 personnes (noms, adresses, adresses e-mail, numéros de téléphone)
- Ministère de la Santé : 491 800 personnes (noms, prénoms, adresses, adresses e-mail)
- France Travail : 1,6 million de personnes en décembre 2025 + 31 000 en octobre 2025 (adresses e-mail et postales, dates de naissance, identifiants France Travail, numéros de sécurité sociale, cartes d’identité/passeports, avis d’imposition, contrats de travail)
En gros, l’Etat français peine à sécuriser son infrastructure numérique mais pousse pour obtenir des mesures législatives de nature à conduire à la mise sur pied d’une identité numérique🚨🇫🇷 ALERTE INFO | Une série massive de fuites de données touche les ministères et grandes administrations françaises depuis le début de l’année 2026.
— Cerfia (@CerfiaFR) August 16, 2026
Parmi les principaux incidents recensés par le site spécialisé French Breaches (@Frenchbreaches) :
🔸 DGFiP (administration… https://t.co/kLrqGhk7P1 pic.twitter.com/AGgQybOyYO
Emmanuel Macron considère les réseaux sociaux comme une jungle sur laquelle le poids de la réglementation gouvernementale doit s’abattre. Il cite les contrôles de carte d’identité et les systèmes de reconnaissance faciale parmi les moyens techniques permettant l’atteinte de cet objectif. Ce positionnement est aligné sur un engagement déjà formulé par les autorités du pays de lancer une carte d’identité numérique.
Source : Annonce gouvernementale
Et vous ?
Partagez-vous les avis selon lesquels la posture du gouvernement français qui consiste à pousser pour une législation sur une carte d’identité en ligne est contradictoire avec son incapacité de protéger les données des citoyens ?
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