Des médias iraniens allèguent que les USA ont fait usage de portes dérobées dans des équipements réseau de fabrication américaine pour entraver les frappes militaires de l’Iran lors de moments critiques.Selon des informations relayées par les médias d'État iraniens, des équipements réseau de fabrication américaine ont cessé de fonctionner à des moments critiques lors de frappes militaires. Ces allégations, qui n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante, font état de pannes simultanées sur des routeurs et des commutateurs fabriqués par Cisco, Fortinet, Juniper Networks et MikroTik lors d'attaques contre des infrastructures iraniennes.
Selon des informations publiées par l'agence de presse iranienne Fars, ces perturbations se sont produites alors que les forces américaines menaient des frappes contre des sites situés dans la province iranienne d'Ispahan. Des appareils se seraient déconnectés ou redémarrés alors même que le pays avait largement coupé sa connexion à l'Internet mondial. Les responsables iraniens ont affirmé que ce timing était intentionnel, laissant entendre la présence de vulnérabilités intégrées ou de logiciels malveillants dormants au sein des équipements.
Selon des sources iraniennes, ces pannes n'ont pas pu résulter de cyberattaques à distance classiques, compte tenu de l'isolement du pays par rapport aux réseaux extérieurs pendant les frappes. Elles évoquent plutôt des scénarios impliquant l'insertion préalable de code dans le micrologiciel ou l'activation de portes dérobées capables de provoquer des perturbations sans connexion externe.
Depuis le début du conflit, les autorités ont imposé un blocage quasi total d'Internet. Seul un groupe restreint d'utilisateurs autorisés pouvait y accéder. Cet isolement est l'une des raisons pour lesquelles il est difficile de vérifier les allégations faisant état de pannes matérielles coordonnées.
Cet isolement met en sus en évidence la décision de l'Iran de mettre en place une architecture réseau centralisée et contrôlable, qui limite l'influence étrangère et renforce la surveillance intérieure. L'inconvénient d'une telle approche centralisée est qu'elle comporte un risque de points de défaillance uniques.
Iranian state media alleges that routers and switches from Cisco, Fortinet, Juniper, and MikroTik failed simultaneously during military strikes, citing the country's near-total Internet isolation as evidence of pre-positioned firmware vulnerabilities.
— Security Boulevard (@securityblvd) April 21, 2026
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De l’espionnage de masse à la cyberguerre il n’y a qu’un facilitateur : l’introduction de dispositifs de surveillance dans le matériel informatique. Et le passé est riche en épisodes permettant d’établir que les Etats-Unis sont très actifs en la matière.
C’est à la faveur d’alertes d’Edward Snowden dès 2013 que les programmes de surveillance de masse des USA ont été mis à nu. En 2017, Intel avait dû sortir de sa réserve en ce qui concerne le moteur d’administration (ME) sur les cartes mères d’ordinateurs livrés avec des processeurs sortis après 2008. La firme reconnaissait que ce microcontrôleur (ME), la plateforme de configuration à distance des serveurs à base de processeur Intel (SPS) et le moteur d’exécution fiabilisé (TXE) exhibent des failles.
Les failles sont liées au firmware contenu dans lesdits composants. Elles permettent à un administrateur système qui opère à distance ou à des processus malicieux d’exécuter du code à l’insu du système d’exploitation principal sur un ordinateur cible. Mark Emolov et Maxim Goryachy de la firme de sécurité Positive Technologies avaient entre autres mis en exergue le fait que le moteur d’administration dispose d’un accès exclusif à certaines régions de la mémoire vive.
Les failles permettent en sus l’extraction furtive d’informations sensibles, ce, à distance. La présence de ce composant sur les cartes mères d’ordinateurs est donc la porte ouverte à l’installation de logiciels espions et autres rootkits. D’après les chercheurs de la firme de sécurité Positive Technologies, il s’agit d’une porte dérobée qui serait réservée à des agences gouvernementales américaines comme la NSA.
L’on ne saurait évoquer les actions des Five Eyes et affiliés sans rappeler l’affaire Crypto AG qualifiée de coup d’État du siècle en matière de renseignement par le Washington Post et le diffuseur allemand ZDF.
Crypto AG, une entreprise suisse qui a fait ses preuves en mettant sur pied des dispositifs de chiffrement pour l'armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, en a également fourni, après guerre, à plus de 120 pays qui n'étaient pas au courant de sa collusion avec les services de renseignement américains et allemands. La société a appartenu pendant des décennies à la CIA et à l'agence de renseignement allemande – le BND. Ceci a permis à la CIA, à la NSA et aux services de renseignement allemands de lire les communications les plus sensibles de la plupart des pays à l’exception de la Chine et de la Russie. En fait, des clients de Crypto AG parmi lesquels on liste l’Iran, les juntes militaires d’Amérique du Sud, les rivaux nucléaires indiens et pakistanais et même le Vatican ont fait confiance à l’entreprise pendant près d’un demi-siècle pour garder secrètes les communications de leurs espions, soldats et diplomates.
« Mais ce qu'aucun de ses clients n'a jamais su, c'est que Crypto AG appartenait à la CIA dans le cadre d'un partenariat hautement secret avec les services de renseignement ouest-allemands. Ces agences d'espionnage ont truqué les appareils de l'entreprise afin de pouvoir facilement casser les codes que les pays utilisaient pour envoyer des messages chiffrés. Cet arrangement, qui dure depuis des décennies et qui compte parmi les secrets les plus étroitement gardés de la guerre froide, est mis à nu dans un historique classifié et complet de l'opération », avait rapporté le Washington Post.
Tout part d’une première poignée de main entre les services de renseignement américains et Crypto AG en 1951. L’entente appelait Benoit Hagelin (fondateur de Crypto AG) à restreindre les ventes des dispositifs de chiffrement les plus sophistiqués de son entreprise à des pays sur une liste approuvée par les USA. Ceux absents de cette dernière recevraient alors des systèmes au chiffrement plus aisé à casser. Hagelin serait indemnisé pour ses ventes perdues à hauteur de 700 000 dollars d’avance. Dès 1960, l’entente fait l’objet de renouvellement pour 855 000 dollars ; une somme qui se déclinera en honoraires évalués à 70 000 $ par an et en suppléments de 10 000 $ pour des dépenses marketing. D’autres services de renseignement dont ceux de France et d’Allemagne de l’Ouest auraient été mis au courant de l’entente entre les USA et l’entreprise suisse. Ceci, en 1967, a amené Français et Allemands de l’Ouest à se rapprocher de Crypto AG pour tenter un rachat. Le fondateur refuse et fait remonter l’offre à la CIA qui rachètera finalement l’entreprise en 1970, en tandem avec le BND pour 5,75 millions de dollars.
Les services de renseignement américains et ouest-allemands ont ainsi pu surveiller la crise des otages à l’ambassade américaine de Téhéran en 1979, fournir des informations sur l’armée argentine au Royaume-Uni pendant la guerre des Malouines, suivre les campagnes d’assassinats des dictateurs sud-américains et surprendre des responsables libyens se féliciter après l’attentat contre la discothèque la Belle à Berlin-Ouest en 1986 (bilan : deux soldats américains décédés).
Les services de renseignement ouest-allemands se sont désengagés de l’accord dès la fin des années 1970 et s’en sont totalement retirés au moment de la réunification de leur pays. Ils ont procédé à la revente de leurs parts à la CIA qui est demeurée seul maître à bord du navire jusqu’en 2018 – période à laquelle elle a revendu l’entreprise. « Crypto avait perdu de son importance sur le marché mondial de la sécurité du fait de la diffusion massive d’une technologie de chiffrement fort dorénavant accessible sur les smartphones », avait rapporté le Washington Post en guise d’analyse de la manœuvre.
L’ancien coordinateur du renseignement allemand, Bernd Schmidbauer, avait confirmé à la ZDF l’existence de cette opération estimant qu’elle avait permis « de rendre le monde un peu plus sûr. »
Grosso modo, plus de cent pays se sont appuyés sur Crypto AG pour entrer en possession de dispositifs de chiffrements truqués au profit des USA et des services de renseignement ouest-allemands pendant près de quatre décennies.
C’est dire l’étendue de la surveillance dont les populations sont les cibles de la part des Five Eyes et affiliés. L’organisation travaille à étendre son influence. Avec des pays comme Israël, le Japon, la Corée du Sud et Singapour qui souhaitent tous rejoindre ce consortium et obtenir une part des renseignements, les droits des personnes à la vie privée sont plus menacés que jamais.
Les mêmes Etats-Unis interdisent les équipements de télécommunications de Huawei et ZTE pour des raisons de sécurité nationale
Les équipements de télécommunications sont toujours interdits aux USA et les restrictions se sont même intensifiées au début de l’année 2026 et les restrictions se sont même intensifiées début 2026 aux États-Unis. La politique américaine visant à exclure les fournisseurs chinois jugés à risque pour la sécurité nationale, tels que Huawei, ZTE, Hikvision, Dahua et Hytera, reste en vigueur et s'applique aux nouveaux équipements.
En 2022, La FCC (régulateur américain des télécoms) interdit l'homologation de tout nouveau matériel de télécommunications et de vidéosurveillance provenant de ces entreprises chinoises, ce qui empêche leur importation et leur vente.
En mars 2026, la FCC a étendu cette interdiction aux routeurs grand public produits à l'étranger (notamment chinois). De nouvelles mesures sont proposées pour interdire également les équipements approuvés avant 2022 qui sont encore importés.
Les principales entreprises de télécommunications chinoises (China Telecom, China Unicom, China Mobile) se sont vu retirer ou refuser leurs autorisations d'opérer sur le territoire américain. Les États-Unis ont mis en place des programmes pour subventionner le remplacement des équipements Huawei et ZTE déjà installés dans les réseaux américains, bien que le financement initial soit insuffisant.
Source : Agence FARS
Et vous ?
Que pensez-vous de la situation actuelle du monde en matière d’espionnage de masse et de cyberguerre ? Les choses auraient-elles pu être différentes ? A quelles conditions ?Voir aussi :
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