Les cyberattaques menées par l'acteur de la menace ZeroBytes continuent de semer le chaos. Il s'agirait d'un duo de pirates informatiques présumés français. Leurs actions ont partiellement paralysé des institutions clés comme le fisc et l’Éducation nationale. Le groupe a réussi à subtiliser les données personnelles de centaines de milliers de contribuables et dit avoir accédé aux fichiers de millions d'élèves. Leurs motivations principales semblent être « l'appât du gain et la recherche de notoriété médiatique », tout en relevant la vulnérabilité cybernétique de l'État. Tout ceci fait craindre désormais des campagnes massives de fraude et d’hameçonnage ciblé.Le mystérieux groupe de pirates informatiques ZeroBytes, qui se présente comme un duo français, s'est récemment fait connaître en revendiquant plusieurs cyberattaques d'envergure. Il s'agit, entre autres, d'intrusions majeures au sein des systèmes informatiques du fisc et de l'Éducation nationale. Face à ces piratages, le gouvernement français a présenté ses excuses et ordonné des audits afin de pallier un « retard technique » jugé préoccupant.
Dans le cas du fisc, ZeroBytes aurait réussi à obtenir les identifiants de connexion et le compte d'un agent ou d'un fonctionnaire de l'administration. L’attaquant a ensuite compromis les serveurs internes pour s’installer dans le réseau. Muni de ces identifiants légitimes et depuis les serveurs compromis, cet acteur de la menace a ouvert un accès VPN (Réseau privé virtuel) pour pénétrer plus profondément le système d'information central de la DGFiP.
Un profil oscillant entre appât du gain et recherche de notoriété
Derrière le pseudonyme de ZeroBytes se cacheraient a priori deux personnes, potentiellement très jeunes, voire des adolescents âgés de quinze à vingt ans. Selon des experts en cybersécurité, l'un des membres serait un individu sans emploi ayant postulé dans une entreprise pour faire de l'informatique. Interrogé sur ses objectifs réels par l'AFP, via Telegram, le duo a concédé n'avoir aucune motivation spécifique : « si ce n'est l'argent, j'imagine ».
Ces dernières heures, ils ont également d'autres personnes, dont l'expert en cybersécurité et hackeur éthique Clément Domingo, alias Saxx, invité ce 17 août sur "Bonjour ! La Matinale TF1". « Il s'agit d'une personne sans emploi qui a postulé dans une entreprise pour faire de l'informatique », a déclaré Saxx à propos du membre du duo de pirates avec lequel il a échangé ces derniers jours. « Sa principale motivation reste l'argent », a-t-il poursuivi.
Ces piratages ont exposé les informations personnelles de millions d'élèves et de centaines de milliers de contribuables, suscitant de vives inquiétudes quant à la sécurité du secret fiscal et des données scolaires. La revente de ces données s'élève déjà à plusieurs milliers d'euros auprès de différents acheteurs.
Au-delà du gain financier, ces pirates cherchent avant tout à briller dans l'espace numérique. Pour ces jeunes profils, la réputation du pseudonyme est cruciale, et l'écho médiatique suscité par leurs méfaits flatte directement leur ego, sans qu'ils mesurent pleinement la gravité des risques encourus. Avant de s'attaquer à l'État, le groupe s'était déjà fait la main sur les supermarchés Intermarché, la Fédération française de handball, un opérateur télécom...
Une intrusion révélatrice au sein de l'infrastructure des impôts
Les cyberattaques contre la Direction générale des finances publiques (DGFiP) ont révélé des failles de sécurité majeures au sein de l'appareil d'État. L'intrusion, qui s'est déclinée en trois vagues successives, a permis de dérober les données personnelles et professionnelles d'au moins 678 000 particuliers et entreprises. L'acteur de la menace a réussi à s'infiltrer en obtenant l'accès à un réseau privé virtuel de type VPN utilisé par les agents du fisc.
Le duo a ainsi exploité une faiblesse de la DGFiP plutôt qu'un véritable exploit de programmation hautement technique. Parmi les données sensibles en circulation figurent : noms, prénoms, revenus fiscaux de référence, taux de prélèvement à la source et même des données issues des fichiers cadastraux.
Face à l'ampleur du désastre, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a présenté ses excuses officielles : « nos excuses parce que ce qui est arrivé est insupportable pour les Français ». David Amiel a également admis que l'État avait accumulé une certaine dette technique depuis des décennies, illustrant un retard préoccupant dans la protection des infrastructures critiques. La nature des données en circulation suscite des préoccupations.
Les équipes de la DGFiP en charge des systèmes d'information sont pleinement mobilisées, en lien avec les services des ministères économiques et financiers, notamment le service du haut fonctionnaire de défense et de sécurité (SHFDS), ainsi qu'avec l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI).
La DGFiP prendra contact avec chacun des particuliers et professionnels concernés. Ils recevront une information individuelle par courriel ou courrier précisant les données susceptibles d'avoir été consultées ou extraites et, le cas échéant, les mesures de vigilance à adopter. La DGFiP déposera plainte et communiquera de nouveaux éléments à mesure de l'avancée des investigations, selon un communiqué des autorités compétentes en la matière.
L'Éducation nationale ciblée à son tour par le groupe ZeroBytes
Non content d'avoir ébranlé Bercy, ZeroBytes a affirmé s'être introduit dans les systèmes de l'Éducation nationale. Le groupe revendique le vol d'informations personnelles appartenant à des millions d'élèves et à des dizaines de milliers d'enseignants. Les données compromises incluraient des adresses e-mail, des domiciles et des numéros de téléphone d'au moins 200 000 élèves, ainsi que des archives remontant parfois jusqu'à l'année 2000.
Une telle fuite suscite une vive inquiétude chez les parents d'élèves représentés par la fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE). Ces derniers réclament une transparence totale et un accompagnement individuel pour les familles touchées. Les spécialistes alertent sur le fait que ces données précises facilitent des attaques de harponnage extrêmement ciblées. Selon plusieurs sources, ces attaques ont créé le chaos au sein de l'institution.
Des scénarios redoutables sont évoqués, comme l'usage de technologies de trucage vocal pour simuler des enlèvements d'enfants ou la manipulation de l'entourage en exploitant d'anciennes coordonnées géographiques. De plus, la divulgation des adresses personnelles des enseignants pose de graves questions de sécurité physique pour les personnels. Cela dit, les messages de ZeroBytes suggèrent qu'ils ne sont pas conscients du danger.
Provocations numériques et sanctions judiciaires potentielles
La communication décomplexée de ZeroBytes témoigne d'un « profond mépris » pour les institutions qu'ils n'hésitent pas à narguer ouvertement. Lors d'échanges sur des messageries chiffrées, avec des experts et des médias, les pirates de ZeroBytes ont fait preuve d'un grand détachement, résumant leur mode opératoire d'une formule lapidaire : « leur service était mal sécurisé, c'est tout ». Ils ajoutent sur un ton badin : « je trouve et je fais ».
Le groupe justifie son intérêt pour l'Hexagone en affirmant sur les forums du dark Web que les organisations françaises sont particulièrement « faciles à pirater ». Sur les réseaux sociaux, ils se moquent ouvertement des autorités, notamment en publiant des messages provocateurs en réponse aux alertes officielles.
Ils n’hésitent pas à apostropher directement le ministère de l’Éducation nationale sur X (ex-Twitter) : « je viens d’absorber 346 millions de lignes de chez vous (brutes), il y a de ça quelques semaines. Vous m’aviez détecté, mais vous ne m’avez pas coupé. Je suis donc resté infiltré sous vos yeux… » Ou à glisser, sous un message de la Direction générale des finances publiques qui relate les vols de données, un émoji qui pleure de rire.
Pourtant, la réalité judiciaire pourrait rapidement rattraper ces pirates prétendument très jeunes. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour extraction frauduleuse de données et association de malfaiteurs. Bien que les pirates informatiques semblent protégés par l'anonymat de leurs outils de communication chiffrés, ils s'exposent à des peines allant de sept à dix ans de prison pour ces infractions très préjudiciables à la souveraineté nationale.
La France devient une cible de choix pour les cybercriminels
Cette année est particulièrement douloureuse pour les systèmes d'information français. Les piratages du fisc et de l’Éducation nationale ne sont que la partie émergée de l'iceberg des incidents cybernétiques qui frappent la France. Les experts craignent désormais une hausse des tentatives d’hameçonnage ciblé et d'usurpation d'identité utilisant ces dossiers dérobés. Au moins une vingtaine de cyberattaques majeures ont été répertoriées :
- ministère de l'Intérieur : 111 528 agents concernés (noms, prénoms, adresses e-mail, numéros de téléphone) ;
- ministère de l'Intérieur – BANATIC : 91 213 personnes (département, fonction et nom du délégué, numéro SIREN) ;
- Santé publique France :...
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l'ambiance du conseiller, c'est plutôt "je pense à ma carrière, je ferai remonter que les trucs qui iront dans mon sens, mon idéologie et je suis prêt à faire de l'intox en haut si ça me fera une voie" Pour les gentils, c'est de la pensée très corporate, pas trop le style hacker fab-lab : c'est pour ça que tout est ainsi...).