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« Leur service était mal sécurisé, c'est tout » : les pirates ZeroBytes justifient leurs cyberattaques contre le fisc et l'Éducation nationale. Le gouvernement s'excuse et admet une dette technique importante

Le , par Mathis Lucas

48PARTAGES

33  0 
Les cyberattaques menées par l'acteur de la menace ZeroBytes continuent de semer le chaos. Il s'agirait d'un duo de pirates informatiques présumés français. Leurs actions ont partiellement paralysé des institutions clés comme le fisc et l’Éducation nationale. Le groupe a réussi à subtiliser les données personnelles de centaines de milliers de contribuables et dit avoir accédé aux fichiers de millions d'élèves. Leurs motivations principales semblent être « l'appât du gain et la recherche de notoriété médiatique », tout en relevant la vulnérabilité cybernétique de l'État. Tout ceci fait craindre désormais des campagnes massives de fraude et d’hameçonnage ciblé.

Le mystérieux groupe de pirates informatiques ZeroBytes, qui se présente comme un duo français, s'est récemment fait connaître en revendiquant plusieurs cyberattaques d'envergure. Il s'agit, entre autres, d'intrusions majeures au sein des systèmes informatiques du fisc et de l'Éducation nationale. Face à ces piratages, le gouvernement français a présenté ses excuses et ordonné des audits afin de pallier un « retard technique » jugé préoccupant.

Dans le cas du fisc, ZeroBytes aurait réussi à obtenir les identifiants de connexion et le compte d'un agent ou d'un fonctionnaire de l'administration. L’attaquant a ensuite compromis les serveurs internes pour s’installer dans le réseau. Muni de ces identifiants légitimes et depuis les serveurs compromis, cet acteur de la menace a ouvert un accès VPN (Réseau privé virtuel) pour pénétrer plus profondément le système d'information central de la DGFiP.

Un profil oscillant entre appât du gain et recherche de notoriété

Derrière le pseudonyme de ZeroBytes se cacheraient a priori deux personnes, potentiellement très jeunes, voire des adolescents âgés de quinze à vingt ans. Selon des experts en cybersécurité, l'un des membres serait un individu sans emploi ayant postulé dans une entreprise pour faire de l'informatique. Interrogé sur ses objectifs réels par l'AFP, via Telegram, le duo a concédé n'avoir aucune motivation spécifique : « si ce n'est l'argent, j'imagine ».

Ces dernières heures, ils ont également d'autres personnes, dont l'expert en cybersécurité et hackeur éthique Clément Domingo, alias Saxx, invité ce 17 août sur "Bonjour ! La Matinale TF1". « Il s'agit d'une personne sans emploi qui a postulé dans une entreprise pour faire de l'informatique », a déclaré Saxx à propos du membre du duo de pirates avec lequel il a échangé ces derniers jours. « Sa principale motivation reste l'argent », a-t-il poursuivi.

Ces piratages ont exposé les informations personnelles de millions d'élèves et de centaines de milliers de contribuables, suscitant de vives inquiétudes quant à la sécurité du secret fiscal et des données scolaires. La revente de ces données s'élève déjà à plusieurs milliers d'euros auprès de différents acheteurs.

Au-delà du gain financier, ces pirates cherchent avant tout à briller dans l'espace numérique. Pour ces jeunes profils, la réputation du pseudonyme est cruciale, et l'écho médiatique suscité par leurs méfaits flatte directement leur ego, sans qu'ils mesurent pleinement la gravité des risques encourus. Avant de s'attaquer à l'État, le groupe s'était déjà fait la main sur les supermarchés Intermarché, la Fédération française de handball, un opérateur télécom...

Une intrusion révélatrice au sein de l'infrastructure des impôts

Les cyberattaques contre la Direction générale des finances publiques (DGFiP) ont révélé des failles de sécurité majeures au sein de l'appareil d'État. L'intrusion, qui s'est déclinée en trois vagues successives, a permis de dérober les données personnelles et professionnelles d'au moins 678 000 particuliers et entreprises. L'acteur de la menace a réussi à s'infiltrer en obtenant l'accès à un réseau privé virtuel de type VPN utilisé par les agents du fisc.


Le duo a ainsi exploité une faiblesse de la DGFiP plutôt qu'un véritable exploit de programmation hautement technique. Parmi les données sensibles en circulation figurent : noms, prénoms, revenus fiscaux de référence, taux de prélèvement à la source et même des données issues des fichiers cadastraux.

Face à l'ampleur du désastre, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a présenté ses excuses officielles : « nos excuses parce que ce qui est arrivé est insupportable pour les Français ». David Amiel a également admis que l'État avait accumulé une certaine dette technique depuis des décennies, illustrant un retard préoccupant dans la protection des infrastructures critiques. La nature des données en circulation suscite des préoccupations.

Les équipes de la DGFiP en charge des systèmes d'information sont pleinement mobilisées, en lien avec les services des ministères économiques et financiers, notamment le service du haut fonctionnaire de défense et de sécurité (SHFDS), ainsi qu'avec l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI).

La DGFiP prendra contact avec chacun des particuliers et professionnels concernés. Ils recevront une information individuelle par courriel ou courrier précisant les données susceptibles d'avoir été consultées ou extraites et, le cas échéant, les mesures de vigilance à adopter. La DGFiP déposera plainte et communiquera de nouveaux éléments à mesure de l'avancée des investigations, selon un communiqué des autorités compétentes en la matière.

L'Éducation nationale ciblée à son tour par le groupe ZeroBytes

Non content d'avoir ébranlé Bercy, ZeroBytes a affirmé s'être introduit dans les systèmes de l'Éducation nationale. Le groupe revendique le vol d'informations personnelles appartenant à des millions d'élèves et à des dizaines de milliers d'enseignants. Les données compromises incluraient des adresses e-mail, des domiciles et des numéros de téléphone d'au moins 200 000 élèves, ainsi que des archives remontant parfois jusqu'à l'année 2000.

Une telle fuite suscite une vive inquiétude chez les parents d'élèves représentés par la fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE). Ces derniers réclament une transparence totale et un accompagnement individuel pour les familles touchées. Les spécialistes alertent sur le fait que ces données précises facilitent des attaques de harponnage extrêmement ciblées. Selon plusieurs sources, ces attaques ont créé le chaos au sein de l'institution.

Des scénarios redoutables sont évoqués, comme l'usage de technologies de trucage vocal pour simuler des enlèvements d'enfants ou la manipulation de l'entourage en exploitant d'anciennes coordonnées géographiques. De plus, la divulgation des adresses personnelles des enseignants pose de graves questions de sécurité physique pour les personnels. Cela dit, les messages de ZeroBytes suggèrent qu'ils ne sont pas conscients du danger.

Provocations numériques et sanctions judiciaires potentielles

La communication décomplexée de ZeroBytes témoigne d'un « profond mépris » pour les institutions qu'ils n'hésitent pas à narguer ouvertement. Lors d'échanges sur des messageries chiffrées, avec des experts et des médias, les pirates de ZeroBytes ont fait preuve d'un grand détachement, résumant leur mode opératoire d'une formule lapidaire : « leur service était mal sécurisé, c'est tout ». Ils ajoutent sur un ton badin : « je trouve et je fais ».

Le groupe justifie son intérêt pour l'Hexagone en affirmant sur les forums du dark Web que les organisations françaises sont particulièrement « faciles à pirater ». Sur les réseaux sociaux, ils se moquent ouvertement des autorités, notamment en publiant des messages provocateurs en réponse aux alertes officielles.

Ils n’hésitent pas à apostropher directement le ministère de l’Éducation nationale sur X (ex-Twitter) : « je viens d’absorber 346 millions de lignes de chez vous (brutes), il y a de ça quelques semaines. Vous m’aviez détecté, mais vous ne m’avez pas coupé. Je suis donc resté infiltré sous vos yeux… » Ou à glisser, sous un message de la Direction générale des finances publiques qui relate les vols de données, un émoji qui pleure de rire.

Pourtant, la réalité judiciaire pourrait rapidement rattraper ces pirates prétendument très jeunes. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour extraction frauduleuse de données et association de malfaiteurs. Bien que les pirates informatiques semblent protégés par l'anonymat de leurs outils de communication chiffrés, ils s'exposent à des peines allant de sept à dix ans de prison pour ces infractions très préjudiciables à la souveraineté nationale.

La France devient une cible de choix pour les cybercriminels

Cette année est particulièrement douloureuse pour les systèmes d'information français. Les piratages du fisc et de l’Éducation nationale ne sont que la partie émergée de l'iceberg des incidents cybernétiques qui frappent la France. Les experts craignent désormais une hausse des tentatives d’hameçonnage ciblé et d'usurpation d'identité utilisant ces dossiers dérobés. Au moins une vingtaine de cyberattaques majeures ont été répertoriées :

  • ministère de l'Intérieur : 111 528 agents concernés (noms, prénoms, adresses e-mail, numéros de téléphone) ;
  • ministère de l'Intérieur – BANATIC : 91 213 personnes (département, fonction et nom du délégué, numéro SIREN) ;
  • Santé publique France :...
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 19/08/2026 à 22:37
Et ces clowns voulaient que l'on donne notre CNI pour parler sur les réseaux sociaux ...
17  0 
Avatar de r0d
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 20/08/2026 à 10:06
J'ai beaucoup réfléchis à ces histoires de piratages depuis quelques années.
Disclaimer: je ne suis pas un développeur web donc je n'y connais rien en sécurité, donc je risque de dire des âneries.

Quand j'étais jeune, j'ai travaillé quelques années dans une ESN (anciennement SSII). Une chose m'avait marqué : ils envoyaient des jeunes avec très peu d'expérience chez des gros clients et les vendaient comme senior expert. Moi par exemple, qui était déjà spécialisé en C/C++ (mais loin d'être expert), ils m'avaient envoyé chez France Telecom en tant qu'expert senior java.
Et d'après les retours que j'ai à droite à gauche, ces pratiques continuent. En particulier à propos de l'état, qui continue de travailler avec les ESN, lesquelles leurs vendent des jeune sorti de l'école en tant qu'expert.
Ceci pourrait expliquer, au moins en partie, les vulnérabilités des entreprises et de l'état français.

Ensuite, je me suis toujours demandé comment cela pouvait fonctionner.
Aujourd'hui je pense avoir un début de réponse.
J'ai pris conscience depuis quelques années que le haut de la pyramide, en France, est totalement corrompus. "Ils ne sont pas corrompu, ils sont la corruption" comme dit l'autre. Cela signifie qu'ils sont tellement corrompu qu'ils l'ont intégré, que c'est devenu naturel pour eux et ils ne se s'en rendent même plus compte.
Quand je parle du "haut de la pyramide", je parle des décideurs, c'est à dire les politiques et les grand chefs d'entreprise.

My 2 cts.
16  0 
Avatar de Fagus
Membre expert https://www.developpez.com
Le 21/08/2026 à 13:16
Citation Envoyé par r0d Voir le message
J'ai beaucoup réfléchis à ces histoires de piratages depuis quelques années.
[...] "Ils ne sont pas corrompu, ils sont la corruption" comme dit l'autre.
Citation Envoyé par Christophe Voir le message
compares les offres d''emploi cyber du service public avec celles du privé, vu les écarts de salaire, ou vont les vrais compétents à votre avis ?
Mes 2 sous. A mon humble avis ce n'est pas juste qu'ils sont la corruption. ça c'est un problème du haut de l'état.

Le problème, c'est qu'il sont la caricature de la bureaucratie.


On a entendu une cohorte de pleureuses professionnelles de la politique sur les manques de moyens.
Or, on apprend dans la presse que "DGFiP compte plus de 5300 informaticiens, dont un peu plus de cent consacrés à la cybersécurité", (soit plus d'effectifs totaux que des boîtes comme Orange) que " le rapporteur spécial du Sénat notait dès le budget 2023 que ses dépenses informatiques approchaient 400 à 450 millions d'euros, contre 200-250 en moyenne les années précédentes."

Je connais trop pour ma santé mentale ce genre d'organismes publics. Ils sont la bureaucratie. Ils ont des procédures pour tout, des certifications dans tous les sens, des procédures de qualités, des contrats externes pas donnés avec des boîtes qui t'obligent à regarder des animations pendant des heures qui se résument à ne clique pas n'importe où et ferme ta session.

Par contre, si tu trouves un problème, alors c'est toi le problème. Si tu es motivé, il y aura une pré-réunion, puis une réunion avec chaque sous-division interne, puis une validation des signatures pendant des mois pour débloquer 3 sous. Un délai normal, c'est de commencer les réunions en avril et peut être qu'on pourrait faire quelque chose en septembre si on est un grand optimiste. Mais souvent, les projets sont repoussés pendant des années, voire 10 ans s'ils ne sont pas marqués prioritaires. Toute personne sensée ou douée se casse avant, d'autant que c'est mal payé. Les autres deviennent des chefs politiques (pour se faire bien voir de la hiérarchie), et poursuivent des objectifs plus politiques que concrets. Ou les gens sont dans le ron-ron quotidien ou la philosophie "pas d'initiative, pas de problème".

Dans cette mentalité, la sécurité réelle ne s'inscrit pas vraiment. Une certification, une démarche qualité en sécurité permettra de valider les procédures.

Pour tous ceux qui se disent que c'était une attaque de qualité et qu'on n'y peut rien. En fait non. C'est un bête vol d'identifiant d'un agent. ça révèle que :
- Ils n'ont pas de double authentification (token crytographique. ça coûte quelques dizaines d'euros).
- Ils n'ont pas de politique efficace de détection des extractions qu'un agent peut normalement faire.
- Ils ne sont pas capables de savoir ce qui a été consulté (ou ils refusent illégalement de divulguer le piratage, vu que ce sont les pirates eux-même qui ont révélé l'ampleur de la fuite).
- Ils ne tiennent pas compte des alertes, car ils ont été piratés en début d'année avec 1,2M d'identités volées sur FICOBA, le fichier national des comptes bancaires en début d'année avec le même mode opératoire. Les syndicats avaient avertit
Citation Envoyé par [URL="https://blogs.mediapart.fr/regard-marseillais/blog/180826/piratage-du-fisc-et-si-la-sophistication-netait-quun-ecran-de-fumee"
mediapart[/URL]]le syndicat Solidaires Finances publiques écrivait à sa direction pour l'alerter d'un risque « à très court terme » de piratage, d'usurpation d'identité, d'hameçonnage ciblé. Réponse en juillet, « lapidaire » selon le syndicat : tout est « sous contrôle »
Et si on voulait éviter tout ça ? j'ai bien entendu "la" solution

Vous avez entendu parler des légionnaires ? Des gens avec un goût et des talents spéciaux qu'ils ont besoin d'exprimer, et qui sont mis au service de la France pour faire des "opérations spéciales". Et c'est très bien comme ça, c'est mieux que de les laisser s'épanouir "dans la nature".

Il nous faudrait la même chose pour les pirates en herbe. On les attrape, on les met en prison s'ils ont fauté, et on les sort sous une nouvelle identité comme pour la légion, pour les former dans un cadre, pour les payer, pour qu'ils trouvent les failles dans nos organismes (et "chez les méchants").

Non mais il faut se rendre compte que la DGFIP a été piratée par des gamins qui s'en sont vantés à la presse.

Je ne sais pas si vous avez déjà respiré à côté d'un organisme public. La sécurité est souvent basée sur des mots de passe (même chez moi j'ai au moins des yubikey). Il y a une dette technique (genre les logiciels, les serveurs pas à jour depuis des années). Tout est désorganisé. Ils sont des postes oubliés branchés au réseau complètement infestés et pas maintenus d'un ancien fournisseur, avec cependant un accès distant. Les authentifications se spoofent les doigts dans le nez, bref...

L'ANSSI a des référentiels, des ressources etc pour tout ça pourtant.
10  0 
Avatar de Razmauve12
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 25/08/2026 à 10:27
Citation Envoyé par Artemus24 Voir le message
Salut à tous.

Tu te trompes comme analyse, ils ne sont pas corrompus, ils sont incompétents et surtout, j'insiste sur ce point : insouciants. Ces politiques ne prennent pas la mesure des conséquences de ce qu'ils font. Nous voyons ce qui se passe au parlement, et la manière de s'exprimer après un nième incident. Et c'est toujours la même ritournelle, du genre, nous allons monter une équipe d'expert pour enquêter et puis plus rien. Autrement dit, que des effets d'annonces, pour faire semblant de maitriser le sujet, mais au final, rien car d'une part l'état n'a plus les moyens de ses ambitions, et d'autre part, ces problèmes les dépassent complètement.

Quand à leur formation pour devenir politique, elle date de la quatrième république. Cela n'a plus aucun rapport avec la problématique d'aujourd'hui, à savoir l'économie et les nouvelles technologies. Le pire, ils ne comprennent rien à la géopolitique, ce qui en principe est leur domaine de compétence.

La dette publique démontre bien l'insouciance de nos politique sur la gestion au long terme du pays. Je me rappelle d'une locution de feu M. le président François Mitterrand sur l'endettement et de son irresponsabilité où il ne se gène pas pour remettre ce problème sur la responsabilité des futurs gouvernements successifs. A ce niveau, ce n'est plus de l'incompétence mais une volonté de nuire le pays. Je fais ce que je veux et tant pis pour les générations suivantes.

Quand aux nouvelles technologies, le gouvernement n'y comprend rien. Je prends l'exemple où, suite au piratage des impôts, le gouvernement veut recruter des experts en cybersécurité comme s'ils y en avait pléthore alors qu'il n'y a en a déjà pas énormément sur le marché mais qu'il manque aussi des formations. Mais qui voudrait travailler dans le public sachant que c'est mal payé ? Et encore une fois, ce n'est pas le nombre d'experts qui fait la qualité d'une bonne sécurité mais des moyens que l'on met à leur disposition pour la rendre solide.

Le tout numérique dans notre pays va devenir une catastrophe car il faut de la maitrise et surtout les moyens, soit ce qui nous manque le plus aujourd'hui pour bien faire ce changement.

C'est exactement la même chose avec la voiture électrique, et les centrales nucléaires, sans parler des batteries et de leur recyclage. Ou encore du changement climatique, des incendies dont on ne dispose plus assez de moyens qui sont pour la plupart rudimentaire, sans parler non plus de la raréfaction de l'eau qui va devenir un très sérieux problème en France, pas que pour les centrales nucléaire, mais pour l'agriculture, ainsi que l'alimentation des foyers français.

Mais à part cela, tout va très bien madame la marquise, le château brûle et nous nous gratifions que cela ne soit pas plus catastrophique. Ben si, cela le devient quand on ne fait rien.
Il a raison sur le ratio compétence/prix. Quand tu as des années d'XP et que té bon dans ton truc, devenir interne dans le public, ou passer par une ESN qui t'envoie chez ce genre de client. C'est compliqué avec de la séniorité, car ils veulent te marger à mort... du coup, ça ne t'intéresse pas trop. Puis, se taper une équipe tech. de 'politiciens' d'ESN, non merci! Les mecs se prennent trop la tête entre eux pour leurs salaires. Dans une équipe tech. pot pourri de plusieurs ESN, le mec sait qu'il devra mieux signer pour sa prochaine mission
Et encore une fois on en revient au même dans ce genre de boulots dans les administrations. Ils veulent un expert senior cyber sécurité a 40-45k€ 15 ans XP dernières technos et tu as tous les managers, commercieux inutiles sont à 80k€ etc. Car ils considèrent toujours que l'ingénieur IT, c est un simple exécutant, un ouvrier de l'informatique. Du coup les meilleurs talents sont absorbés par les start up et GC, ils fuient le public sous payé
6  0 
Avatar de TheGuit
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 20/08/2026 à 12:00
Citation Envoyé par r0d Voir le message
J'ai beaucoup réfléchis à ces histoires de piratages depuis quelques années.
Disclaimer: je ne suis pas un développeur web donc je n'y connais rien en sécurité, donc je risque de dire des âneries.

Quand j'étais jeune, j'ai travaillé quelques années dans une ESN (anciennement SSII). Une chose m'avait marqué : ils envoyaient des jeunes avec très peu d'expérience chez des gros clients et les vendaient comme senior expert. Moi par exemple, qui était déjà spécialisé en C/C++ (mais loin d'être expert), ils m'avaient envoyé chez France Telecom en tant qu'expert senior java.
Et d'après les retours que j'ai à droite à gauche, ces pratiques continuent. En particulier à propos de l'état, qui continue de travailler avec les ESN, lesquelles leurs vendent des jeune sorti de l'école en tant qu'expert.
Ceci pourrait expliquer, au moins en partie, les vulnérabilités des entreprises et de l'état français.

Ensuite, je me suis toujours demandé comment cela pouvait fonctionner.
Aujourd'hui je pense avoir un début de réponse.
J'ai pris conscience depuis quelques années que le haut de la pyramide, en France, est totalement corrompus. "Ils ne sont pas corrompu, ils sont la corruption" comme dit l'autre. Cela signifie qu'ils sont tellement corrompu qu'ils l'ont intégré, que c'est devenu naturel pour eux et ils ne se s'en rendent même plus compte.
Quand je parle du "haut de la pyramide", je parle des décideurs, c'est à dire les politiques et les grand chefs d'entreprise.

My 2 cts.
C'est très simpliste de rejeter la faute sur les ESN. Quand elle envoie des juniors pour tel profile, c'est parce que généralement le client ne veux pas payer pour le senior/expert.

La vrai raison n'est pas à chercher très loin, personne ne veut payer le cout de la sécurisation et de la gestion de la dette technique, personne ne veut mettre les moyens. Qu'est ce que va couter cette fuite de donnée ? Rien du tout à l'état directement. Et si l'image est abimé, tu vas pas changer de service puisque c'est l'état.

Les gens ont ils massivement quitté Bouygues ou Free après les fuites de données ? Non, et on pourrait regarder pour toutes les boites privée. Les gens en ont majoritairement pas grand chose à faire. Donc ça n'a un impact que très limité de ne pas faire la sécurité comme il faut. À partir de là pourquoi payer pour ça ?
4  1 
Avatar de Escapetiger
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 20/08/2026 à 15:13
Citation Envoyé par ericb2 Voir le message
Je suis surtout très inquiet pour les commerces et les entreprises qui devront mettre TOUTES leurs données en ligne dès le 1er septembre (dans ~ 15 jours ! ) ...

Encore plus inquiet de ne voir personne se révolter ....
Tatiana Ventôse (Tatiana Jarzabek), vidéaste web politique française selon Wikipedia, a publié en mai 2026 une vidéo sur ce sujet (merci de mettre entre parenthèses votre sensibilité politique) :


J'AI ENQUÊTÉ SUR LA FACTURATION ÉLECTRONIQUE... ET C'EST BEAUCOUP PLUS GRAVE QUE VOUS NE L'IMAGINEZ

Durée: 39 min

10 mai 2026 FRANCE
📕 C O M M A N D E R M O N L I V R E 📘
https://lefildactueditions.com

⤵️ S O U T E N I R M O N T R A V A I L ⤵️
https://www.tipeee.com/tatiana-ventose

✍️ L A P É T I T I O N ⬇️
https://petitions.assemblee-nationale...

ℹ️ S O U R C E S ℹ️
L'enquête de Giak : https://giak.substack.com/p/le-reseau...
Sur les fuites de données : https://cybernews.com/fr/actualites/f...
Les votes au Parlement européen : https://www.europarl.europa.eu/doceo/...
Lobby Facts - Open Peppol : https://www.lobbyfacts.eu/datacard/op...
Frédéric Baldan sur Tocsin sur le sujet : • Si cette loi passe, l'UE bascule dans le t...
Dépliant officiel sur la Facturation électronique : https://www.impots.gouv.fr/depliant-l...
L'URSSAF sur le sujet : https://www.urssaf.fr/accueil/actuali...
Membres de Peppol : https://peppol.org/members/full-membe...
Baiwang : https://simplywall.st/stocks/hk/softw...
https://www.baiwang.com/official_webs...
Abandon du PPF : https://www.channelnews.fr/facturatio...
https://innovatetax.com/blog/the-risk...
https://thepaypers.com/fintech/news/t...
https://aureliesoldai.be/2025/04/06/v...

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C R É D I T S
Génériques : Yohann Delozier & Tatiana Ventôse, 2026
Montage et réalisation : Tatiana Ventôse, 2026
Transcription

Suivez la vidéo à l'aide de la transcription.
Tatiana Ventôse
3  0 
Avatar de foetus
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 21/08/2026 à 13:30
Citation Envoyé par Fagus Voir le message
Il nous faudrait la même chose pour les pirates en herbe. On les attrape, on les met en prison s'ils ont fauté, et on les sort sous une nouvelle identité comme pour la légion, pour les former dans un cadre, pour les payer, pour qu'ils trouvent les failles dans nos organismes (et "chez les méchants").
Il y a déjà eu le cas de Serge Humpich (<- page Wikipédia en français) inventeur de la "yes card" (il a craqué le numéro sur les cartes bancaires) en 1997 : condamné en France (10 mois) et il est parti aux États-Unis.
Donc ne rêve pas
3  0 
Avatar de Fagus
Membre expert https://www.developpez.com
Le 21/08/2026 à 18:24
Citation Envoyé par foetus Voir le message
Il y a déjà eu le cas de Serge Humpich (<- page Wikipédia en français) inventeur de la "yes card" (il a craqué le numéro sur les cartes bancaires) en 1997 : condamné en France (10 mois) et il est parti aux États-Unis.
Donc ne rêve pas
Je rêve complètement , je n'y crois pas un instant. Si quelqu'un connaît les conseillers des futurs membres du gouvernement, allez-y (j'ai déjà parlé à des conseillers, en termes de rêve, on est plus au niveau bad trip l'ambiance du conseiller, c'est plutôt "je pense à ma carrière, je ferai remonter que les trucs qui iront dans mon sens, mon idéologie et je suis prêt à faire de l'intox en haut si ça me fera une voie" Pour les gentils, c'est de la pensée très corporate, pas trop le style hacker fab-lab : c'est pour ça que tout est ainsi...).

Il y a aussi l'affaire Bluetouff dans le style punition délirante pour un white hat qui venait signaler un problème manifeste de sécurité sans avoir rien piraté*

* de mémoire du google hacking fortuit. Par contre, le juge n'a pas pensé à punir google qui avait indexé et mis en cache des documents gouvernementaux secrets en accès http direct public... Le juge n'arrivait pas à prononcer les mots informatiques au procès, ça disait tout d'une justice restée dans sa compréhension technologique au 18e siècle (l'informatique a été théorisée très tôt...)

PS : Le pire, c'est que je vois gros comme une maison ce qui arrivera.

  1. Scandale public
  2. séquence © des macronistes "Réaction - Compassion - Propositions (non suivies) - Inaction"
  3. Scandale persistant car pour le coup c'est vraiment nul.
  4. Pleureuses professionnelles qui demandent des sous.
  5. Un chef à plumes du gouvernement promet une enveloppe exceptionnelle et une task force théodule (y'a qu'eux qui ne savent pas que le français est plus prestigieux que l'anglais à l'international ; enfin c'était le cas avant)
  6. Quand tout le monde a oublié Bercy signale discrètement après quelques mois qu'il n'y a pas de budget pour ça. Et le ministre signe très discrètement l'annulation totale ou partielle demandée par Bercy.
3  0 
Avatar de Artemus24
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 20/08/2026 à 11:51
Salut à tous.

Citation Envoyé par r0d
J'ai pris conscience depuis quelques années que le haut de la pyramide, en France, est totalement corrompus. "Ils ne sont pas corrompu, ils sont la corruption" comme dit l'autre. Cela signifie qu'ils sont tellement corrompu qu'ils l'ont intégré, que c'est devenu naturel pour eux et ils ne se s'en rendent même plus compte.
Quand je parle du "haut de la pyramide", je parle des décideurs, c'est à dire les politiques et les grand chefs d'entreprise.
Tu te trompes comme analyse, ils ne sont pas corrompus, ils sont incompétents et surtout, j'insiste sur ce point : insouciants. Ces politiques ne prennent pas la mesure des conséquences de ce qu'ils font. Nous voyons ce qui se passe au parlement, et la manière de s'exprimer après un nième incident. Et c'est toujours la même ritournelle, du genre, nous allons monter une équipe d'expert pour enquêter et puis plus rien. Autrement dit, que des effets d'annonces, pour faire semblant de maitriser le sujet, mais au final, rien car d'une part l'état n'a plus les moyens de ses ambitions, et d'autre part, ces problèmes les dépassent complètement.

Quand à leur formation pour devenir politique, elle date de la quatrième république. Cela n'a plus aucun rapport avec la problématique d'aujourd'hui, à savoir l'économie et les nouvelles technologies. Le pire, ils ne comprennent rien à la géopolitique, ce qui en principe est leur domaine de compétence.

La dette publique démontre bien l'insouciance de nos politique sur la gestion au long terme du pays. Je me rappelle d'une locution de feu M. le président François Mitterrand sur l'endettement et de son irresponsabilité où il ne se gène pas pour remettre ce problème sur la responsabilité des futurs gouvernements successifs. A ce niveau, ce n'est plus de l'incompétence mais une volonté de nuire le pays. Je fais ce que je veux et tant pis pour les générations suivantes.

Quand aux nouvelles technologies, le gouvernement n'y comprend rien. Je prends l'exemple où, suite au piratage des impôts, le gouvernement veut recruter des experts en cybersécurité comme s'ils y en avait pléthore alors qu'il n'y a en a déjà pas énormément sur le marché mais qu'il manque aussi des formations. Mais qui voudrait travailler dans le public sachant que c'est mal payé ? Et encore une fois, ce n'est pas le nombre d'experts qui fait la qualité d'une bonne sécurité mais des moyens que l'on met à leur disposition pour la rendre solide.

Le tout numérique dans notre pays va devenir une catastrophe car il faut de la maitrise et surtout les moyens, soit ce qui nous manque le plus aujourd'hui pour bien faire ce changement.

C'est exactement la même chose avec la voiture électrique, et les centrales nucléaires, sans parler des batteries et de leur recyclage. Ou encore du changement climatique, des incendies dont on ne dispose plus assez de moyens qui sont pour la plupart rudimentaire, sans parler non plus de la raréfaction de l'eau qui va devenir un très sérieux problème en France, pas que pour les centrales nucléaire, mais pour l'agriculture, ainsi que l'alimentation des foyers français.

Mais à part cela, tout va très bien madame la marquise, le château brûle et nous nous gratifions que cela ne soit pas plus catastrophique. Ben si, cela le devient quand on ne fait rien.
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Avatar de suricata
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Le 20/08/2026 à 12:44
Je répondrai en argumentant que la CNIL (sanction) a besoin de renforts pour répondre au nombre de fuites. L'ANSSI (aide à la cyberdéfense) a besoin de renforts aussi. Bref mettre les moyens pour être efficace tant dans la sanction que dans l'accompagnement face à la recrudescence des fuites de données.

Quand l'aide à la sécurisation sera efficace, les moyens pour la sanction le seront également et pourront être plus sévères car le nombre de piratages sera en baisse. Cela profitera à tous car les données seront mieux gardées.
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