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Une faille de sécurité dans des réfrigérateurs, à l'origine d'incendies et de pertes en millions, trouve son origine dans une omission de mises à jour des appareils. L'incident a touché 700 supermarchés

Le , par Patrick Ruiz

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Des pirates informatiques ont pris le contrôle à distance des systèmes de réfrigération de centaines de supermarchés français dans la nuit du 10 octobre 2026, forçant ces systèmes à souffler de l’air chaud à 50 °C et provoquant ainsi la détérioration des marchandises. On estime que cette cyberattaque a coûté « plusieurs millions d'euros » aux géants de la grande distribution. L'attaque qui a ciblé les équipements de réfrigération industrielle Danfoss (notamment les séries AK-SM 800A et AK-SC) repose sur des failles de sécurité critiques au niveau de l'Operational Technology (OT).

Le premier maillon faible de cette attaque réside dans l'exposition directe des contrôleurs industriels sur Internet

De nombreuses interfaces de gestion web (StoreView de Danfoss) étaient directement accessibles via des moteurs de recherche spécialisés (comme Shodan ou Censys). Ces équipements sont souvent installés de manière isolée par des prestataires (via des modems 3G/4G), échappant ainsi aux pare-feu et à la surveillance des équipes informatiques (IT) centrales des magasins.

L'attaque a principalement ciblé des systèmes dotés de microprogrammes obsolètes ou en fin de vie. Les recherches en sécurité (notamment celles de l'équipe Team82 de Claroty et de Synacktiv) avaient mis en évidence trois failles majeures au niveau du serveur web embarqué (Nginx) des boîtiers Danfoss :

  • Contournement d'authentification (CVE-2025-41450) : La présence d'un mécanisme d'authentification caché de type "code du jour" (généré à partir de la date) permettait à un attaquant de contourner totalement le processus d'identification standard et de se connecter à l'interface sans connaître les identifiants de l'administrateur.
  • Exécution de code arbitraire à distance (CVE-2025-41451) : Une faille d'injection de commandes présente dans la configuration des alertes e-mail (SMTP) permettait à un utilisateur (même avec des privilèges limités ou après contournement) d'exécuter des lignes de code malveillantes directement sur le système d'exploitation du boîtier.
  • Injection de configuration Nginx (CVE-2025-41452) : Cette vulnérabilité permettait de modifier les directives du serveur web Nginx afin de manipuler le trafic ou de provoquer un déni de service (crash de l'application de contrôle).


Comment les pirates informatiques ont-ils opéré ?

Une fois connectés à l'interface d'administration à distance, les attaquants n'ont pas cherché à voler des données clients ou à chiffrer des fichiers (ransomware classique). Ils ont directement manipulé les consignes physiques de l'installation.

Les pirates ont détourné la fonction de maintenance qui permet normalement d'effectuer un dégivrage automatique de courte durée. En forçant ce cycle de manière continue pendant la nuit, les résistances de chauffage sont restées actives.

Des congélateurs programmés à -20 °C sont montés à des températures positives extrêmes (parfois jusqu'à +50 °C). Cela a entraîné la destruction immédiate des marchandises et des risques d'incendie sur les compresseurs surchauffés.

Les attaquants ont modifié les paramètres du système de supervision pour empêcher le déclenchement des alarmes techniques automatiques, retardant ainsi la découverte de l'incident par les employés jusqu'à l'ouverture des magasins.

Danfoss a précisé que la majorité des machines touchées appartenaient à d'anciennes générations ("legacy") n'ayant pas reçu les dernières mises à jour de sécurité logicielles (versions antérieures à la v4)

L'autorité française de cyberdéfense (ANSSI) a rapidement mis à jour ses bulletins d'alerte pour signaler que l'attaque s'était étendue à d'autres équipements de gestion frigorifique concurrents

Les investigations menées par l'ANSSI ont révélé que le problème ne se limitait pas à Danfoss. Les attaquants ont adopté une approche opportuniste à grande échelle en ciblant également d'autres protocoles et logiciels de gestion frigorifique concurrents, notamment les systèmes xweb de Dixell et de Copeland.

Dans le cas de Dixell, c’est la même logique d’attaque opportuniste que les pirates ont appliqué aux boîtiers et serveurs de supervision ai travers de l’interface xweb. Les attaquants ont scanné Internet (via Shodan) pour trouver des interfaces web xweb exposées, exploitant des faiblesses d'authentification ou des identifiants par défaut afin d'altérer les températures des frigos.

Pour ce qui est de Copeland, les pirates ont procédé à la compromission d'accès distants ou d'interfaces web (xweb) non sécurisées par des VPN, entraînant la perte de marchandises dans plusieurs enseignes de supermarchés.

Le dilemme avec les appareils connectés est en général celui de savoir si les avantages de leur utilisation surpassent les inconvénients tels qu’illustrés par ce récent piratage des appareils connectés Danfoss

Danfoss fait en effet la promotion de ses réfrigérateurs en mettant en avant certains avantages :

  • Économies d'énergie et optimisation financière : L'analyse continue des données permet d'ajuster précisément la consommation (par exemple, adapter la vitesse des compresseurs ou ventilateurs à la charge thermique réelle), générant jusqu'à 30 % d'économies d'énergie.
  • Supervision et maintenance prédictive à distance : Via des plateformes cloud (comme Danfoss Alsense ou PLUS+1 Connect), les gestionnaires de flotte ou techniciens peuvent suivre la qualité des aliments en temps réel, gérer les alarmes et effectuer des diagnostics à distance sans déplacement physique.
  • Centralisation et interopérabilité (Smart Buildings) : Leurs passerelles IoT (comme le X-Gate) prennent en charge une multitude de protocoles standardisés (Modbus, BACnet, Zigbee, PROFINET), facilitant l'intégration des équipements industriels et résidentiels au sein d'une seule interface de gestion du bâtiment (BMS)
  • Sécurité modernisée (sur les nouvelles versions) : Danfoss souligne que ses contrôleurs récents (comme l'AK-SM 800A mis à jour) intègrent désormais une conception "security-first" : connexions HTTPS sécurisées, paquets de mise à jour chiffrés, pare-feu intégrés et conformité aux certifications de cybersécurité industrielle (IEC 62443)


Et vous ?

Êtes-vous développeur informatique IoT ? Quelles sont les pratiques de développement susceptibles de laisser des failles à même de mener à de tels piratages ?

Voir aussi :

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Avatar de bathrax
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 15/10/2026 à 10:32
La France est une passoire, nous devons bien le constater au vu de tout ce qui s'est déjà produit cette année. Et je crains que le reste de l'Europe ne vaille guère mieux. Il serait un peu temps d'investir dans la sécurité cybernétique ou nous allons droit à la catastrophe. Qu'il s'agisse de mauvais plaisants, de groupes mafieux ou de guerre électronique, dans tous les cas nous sommes bien trop vulnérables. France, réveille-toi !!!
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