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Comment la confiance des agences US dans des logiciels non testés a ouvert la porte aux piratages,
Les autorités devraient fixer des exigences minimales de sécurité pour les logiciels et services

Le , par Stan Adkens

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Un grand scandale de piratage continue d'envoyer des ondes de choc dans toute la communauté de la cybersécurité, soulevant des questions sur la nécessité d'une meilleure réglementation des fournisseurs tiers. Bien que l'étendue réelle du piratage n'ait pas encore été révélée, les pirates informatiques, dont le Secrétaire d’État Mike Pompeo a lié à la Russie, semblent s'être infiltrés dans de nombreuses agences fédérales, y compris le Département d'État, le DHS, le Département du Commerce et même l'Administration nationale de la sécurité nucléaire.

Pour mener à bien cette opération, les pirates ont d'abord pénétré dans les systèmes de SolarWinds, une société américaine de logiciels. Là, ils ont inséré une porte dérobée dans Orion, l'un des produits de la société largement utilisés par les organisations pour voir et gérer de vastes réseaux internes d'ordinateurs. Après avoir intégré le code malveillant dans le logiciel, il leur a suffi d'attendre que les agences téléchargent les mises à jour logicielles de routine du fournisseur de confiance.


Pendant plusieurs semaines à partir de mars, tout client qui se mettait à jour avec la dernière version d'Orion - signée numériquement par SolarWinds, et donc apparemment légitime - téléchargeait à son insu le logiciel compromis, donnant ainsi aux pirates un moyen de pénétrer dans leurs systèmes.

Selon rapport de Politico, les pirates ont pu exploiter une vulnérabilité logicielle pour pénétrer dans les infrastructures critiques des agences américaines parce que le gouvernement fédéral ne procède qu'à des inspections de sécurité superficielles des logiciels qu'il achète à des entreprises privées pour un large éventail d'activités, de la gestion de bases de données à l'exploitation d'applications de chat internes.

Alors que les enquêteurs s'affairent à évaluer les dommages causés par les piratages, les experts et les législateurs demandent un examen plus minutieux du code tiers que les agences gouvernementales autorisent sur leurs réseaux et exigent la correction d'une faiblesse connue depuis longtemps.

« Le gouvernement a désespérément besoin de fixer des exigences minimales de sécurité pour les logiciels et les services, et de refuser d'acheter tout ce qui ne répond pas à ces normes », a déclaré le sénateur démocrate Ron Wyden. « Il est incroyablement contre-productif pour les agences fédérales de dépenser des milliards pour la sécurité et de donner ensuite des contrats gouvernementaux à des entreprises avec des produits non sécurisés ».

Le gouvernement américain s'appuie sur des fournisseurs privés de toutes tailles pour fournir des logiciels à ses agences. Certains disposent d'équipes d'experts en sécurité, comme Amazon, qui fournit des services d'hébergement dans le Cloud, et SAP, dont les logiciels aident les agences à traiter de grandes quantités de données. Mais d'autres, grandes et petites, ont des procédures de test de sécurité moins rigoureuses et sont plus vulnérables à ce genre de compromis, d’après les cyberanalystes.

Jeudi, les enquêteurs fédéraux ont déclaré que le logiciel Orion de SolarWinds n'était pas le seul moyen utilisé par les pirates pour envahir leurs cibles, mettant en garde contre « d'autres vecteurs d'accès initial et des tactiques, techniques et procédures ... qui n'ont pas encore été découverts ». Et maintenant que les pirates ont eu des mois pour s'implanter dans les réseaux fédéraux, l'Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures a averti que les supprimer « sera très complexe et difficile ».

Le piratage qui continue de révéler ses victimes publiques comme privées a poussé plusieurs à envisager de nouvelles procédures pour la création de meilleurs logiciels. Les professionnels techniques et les décideurs politiques affirment que de nouvelles approches en matière de développement et d'acquisition de logiciels pourraient au moins donner aux défenseurs une chance de se battre contre pareilles intrusions à l’avenir.

Les attaques contre les fournisseurs dans la chaîne d'approvisionnement des logiciels représentent un problème connu qui doit être traité en priorité, a déclaré le représentant démocrate Jim Langevin, cofondateur du Congressional Cybersecurity Caucus. « L'incident SolarWinds ... souligne que la sécurité de la chaîne d'approvisionnement est un sujet qui doit être au centre des préoccupations », a déclaré Langevin. Il a ajouté que le Congrès doit « inciter » les entreprises à rendre leurs logiciels plus sûrs, ce qui pourrait nécessiter des changements coûteux.

Comment les pirates informatiques russes ont infiltré le gouvernement américain pendant des mois sans être repérés

SolarWinds compte environ 300 000 clients dans le monde entier, dont la plupart des entreprises du Fortune 500, les principales agences fédérales US et de nombreux gouvernements. Dans un nouveau dépôt auprès de la Securities and Exchange Commission, la société a déclaré que « moins de » 18 000 organisations ont téléchargé la mise à jour compromise. Selon SolarWinds, on ne sait pas encore combien de ces systèmes ont été réellement piratés. La pratique standard en matière de cybersécurité est de garder son logiciel à jour - ainsi, la plupart des clients de SolarWinds, ironiquement, ont été protégés parce qu'ils n'avaient pas tenu compte de ce conseil.

Les pirates étaient « extrêmement intelligents et stratégiques », a expliqué Greg Touhill, ancien responsable fédéral de la sécurité de l'information. Même une fois qu'ils avaient obtenu l'accès par la porte dérobée dans Orion, connue sous le nom de Sunburst, ils se déplaçaient lentement et délibérément. Au lieu d'infiltrer plusieurs systèmes à la fois, ce qui aurait pu facilement éveiller des soupçons, ils se sont concentrés sur un petit ensemble de cibles sélectionnées, selon un rapport de la société de sécurité FireEye.

Sunburst est resté silencieux jusqu'à deux semaines entières avant de se réveiller et de commencer à communiquer avec les pirates, selon le rapport. Le malware déguise son trafic réseau en « programme d'amélioration d'Orion » et stocke des données dans des fichiers légitimes afin de mieux se fondre dans la masse. Il recherche également des outils de sécurité et d'antivirus sur la machine infectée afin de les éviter.

Pour dissimuler davantage leurs traces, les pirates ont pris soin d'utiliser les ordinateurs et les réseaux pour communiquer avec la porte dérobée d'une cible donnée une seule fois - l'équivalent de l'utilisation d'un téléphone jetable pour une conversation illicite, d’après MIT Technology Review. Ils ont fait un usage limité des logiciels malveillants, car ils sont relativement faciles à repérer ; au lieu de cela, une fois qu'ils ont eu un accès initial par la porte dérobée, ils ont eu tendance à opter pour la voie plus silencieuse consistant à utiliser de véritables identifiants volés pour accéder à distance aux machines d'une victime. De plus, les logiciels malveillants qu'ils ont déployés ne réutilisent pas le code, ce qui rend l'espionnage plus difficile à détecter, car les programmes de sécurité recherchent le code qui s'est manifesté lors des piratages précédents.

Les pirates informatiques, présumés issus du Service des renseignements extérieurs russe et connus alternativement sous les noms de Cozy Bear et APT29, ont compilé une longue liste d'infractions, dont le piratage du Comité national démocratique en 2016. La Russie a déjà nié toute implication.

« Cela leur a donné la possibilité de s'introduire par des moyens détournés dans les principaux réseaux », explique Touhill. « Ils ont la capacité de rester sur place, d'aspirer tout le trafic, de l'analyser. Nous devons être très attentifs à ce que ces acteurs recherchent d'autre ? Où d'autre peuvent-ils être ? Où d'autres peuvent-ils se cacher ? S'ils ont un accès, ils n'y renoncent pas facilement ».

Un piratage différent de tout ce que nous avons connu

Equifax, Sony Pictures et l'OPM sont tous des exemples de systèmes informatiques qui ont été spécifiquement visés par des intrus par le passé, mais ces derniers utilisaient des logiciels malveillants génériques plus répandus. Par exemple, pour pirater l'OPM, les intrus ont volé les références des entrepreneurs et ont enregistré le domaine opmsecurity.org afin que leurs connexions aux serveurs de l'OPM paraissent moins suspectes en provenance de cette adresse.

Cela signifie qu'il existait des sources très claires qui pouvaient être utilisées pour retracer l'étendue de l'incident après la violation. C’est-à-dire les enquêteurs peuvent déterminer ce que l’acteur, qui a utilisé ces informations d'identification volées, a installé ; les données qu’il a consultées via les domaines frauduleux. Cela signifiait également que les enquêteurs pouvaient être relativement sûrs que l'incident était confiné à un service ou à un système cible particulier et que l'effacement et la restauration de ces systèmes seraient suffisants pour éliminer la présence des intrus. Bien sûr, cela ne veut pas dire que le nettoyage de la brèche de l'OPM - ou de Sony Pictures ou Equifax - a été facile.


Les produits Orion de SolarWinds sont spécialement conçus pour surveiller les réseaux de systèmes et signaler tout problème de sécurité, de sorte qu'ils doivent avoir accès à tout, ce qui en fait un conduit parfait pour ce compromis.

Plus inquiétant encore est le fait que les attaquants ont apparemment utilisé leur accès initial aux organisations ciblées, telles que FireEye et Microsoft, pour voler des outils et du code qui leur permettraient ensuite de compromettre encore plus de cibles. Après que Microsoft ait réalisé qu'il avait été compromis via SolarWinds, il a ensuite découvert que ses propres produits étaient utilisés « pour favoriser les attaques contre d'autres », selon Reuters. Microsoft a déclaré après qu’il n’avait aucune preuve de l’utilisation de ses produits pour pénétrer dans les réseaux des cibles.

Cela signifie que les victimes potentielles ne sont pas seulement les 18 000 clients de SolarWinds qui ont pu télécharger les mises à jour compromises, mais aussi tous les clients de ces 18 000 organisations, et potentiellement les clients de ces organisations de second ordre également, etc. Les systèmes des secteurs public et privé pourraient continuer à être activement perturbés pendant l’année à venir par les logiciels malveillants qui ont été subrepticement inclus dans les mises à jour des produits SolarWinds Orion.

« Réarchitecturer l'entreprise fédérale archaïque » et déplacer plus d'applications vers le cloud

Selon Politico, les entreprises privées déploient régulièrement des logiciels présentant des bogues non découverts parce que les développeurs n'ont pas le temps, les compétences ou la motivation nécessaires pour les inspecter complètement. Et il peut être difficile pour les agences fédérales et les entreprises du Fortune 500 d'identifier les faiblesses lorsqu'elles ne comprennent pas la complexité de ce qu'elles achètent ou la façon dont il pourrait être défectueux.

« La sécurité n'est pas une considération importante ni même bien comprise », a déclaré Bryan Ware, ancien directeur adjoint de la CISA. « De nombreux directeurs de l'information ont acheté et déployé des logiciels SolarWinds sophistiqués, donc je ne m'interroge pas seulement sur le vendeur ».

Il n'existe pas d'inventaire central des agences gouvernementales qui utilisent tel ou tel logiciel dans tel ou tel bureau, ce qui explique en partie pourquoi il a fallu tant de temps aux agences pour déterminer si elles avaient été piratées.

« Le problème de premier ordre est toujours d'essayer de déployer nos armes autour de tous les applications et logiciels qui résident sur les 101 réseaux civils du pouvoir exécutif », a déclaré Matthew Travis, ancien directeur adjoint de la CISA. Travis a déploré l'approche décentralisée et a encouragé le Congrès à autoriser la CISA et l'OMB (Bureau de la gestion et du budget ) à « réarchitecturer l'entreprise fédérale archaïque » et à déplacer plus d'applications vers le cloud.

Les États-Unis ont investi massivement dans la détection des menaces ; un système de plusieurs milliards de dollars connu sous le nom d'Einstein patrouille les réseaux du gouvernement fédéral à la recherche de logiciels malveillants et d'indications d'attaques. Mais comme le montre un rapport détaillé du Government Accountability Office de 2018, Einstein n’est efficace que pour identifier les menaces connues. Une lacune que les pirates ont soigneusement exploitée en utilisant des serveurs qui n'étaient pas auparavant signalés comme malveillants.

Certains membres du Congrès sont prêts à agir. Dans une déclaration, le représentant Ted Lieu a déclaré qu'il « travaillait sur une législation visant à garantir que les fournisseurs qui font des affaires avec le gouvernement américain maintiennent une politique de divulgation de la vulnérabilité ». Mais pour certains, le Congrès devrait plutôt « étudier soigneusement les sanctions pour négligence » dans la conception des logiciels, a déclaré M. Ware, mais seulement de façon limitée, « car cela pourrait entraîner des conséquences négatives non intentionnelles ».

James Lewis, cyberexpert au Center for Strategic and International Studies, a, quant à lui, lancé l'idée d'un décret ordonnant aux agences de « surveiller et mieux gérer leur utilisation de ce type de plateformes » et exigeant des régulateurs sectoriels qu'ils exigent la même chose des entreprises dans les secteurs critiques, comme l'électricité et les soins de santé.

« Exiger quelque chose de similaire à ce qu'Apple fait sur l'App Store », a déclaré Lewis, notant que le géant de la technologie examine chaque application soumise et n'approuve que celles qu'il certifie être sûres. Mais selon Politico, l'audit de routine des logiciels serait probablement un fardeau énorme pour les agences fédérales, dont peu disposent d'assez de personnel de sécurité pour s'occuper de ce travail en plus de leurs tâches existantes.

Sources : MIT, Solarwinds, Questions des sénateurs au secrétaire du Trésor, Rapport du GAO

Et vous ?

Que pensez-vous de la cyberattaque qui a touché les principales agences fédérales des États-Unis  ?
Quels commentaires faites-vous de la procédure d’infiltration "lente" et "intelligente" des pirates ?
Le Congrès devrait autoriser la CISA et l'OMB à « réarchitecturer l'entreprise fédérale archaïque » et à déplacer plus d'applications vers le cloud pour améliorer la lutte contre le piratage. Qu’en pensez-vous ?
Quelle solution proposeriez-vous au gouvernement US pour éviter pareille attaque à l’avenir ?

Voir aussi :

La vaste campagne de piratage informatique a atteint Microsoft, qui qualifie la violation de la chaîne d'approvisionnement contre SolarWinds d'« acte d'imprudence »
Les pirates informatiques ont ciblé l'Agence américaine des armes nucléaires dans une violation massive de la cybersécurité, dans le cadre d'un assaut plus large contre les agences fédérales
Les Etats-Unis accusent la Chine de cyberespionnage des entreprises et agences américaines, HPE, IBM piratés et les données de leurs clients volées
Le cabinet de campagne Biden frappé par un piratage informatique présumé du Kremlin, l'échec de l'attaque décelé par Microsoft, qui révèle que les hackers russes ont atteint 200 autres cibles

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Avatar de Nancy Rey
Chroniqueuse Actualités https://www.developpez.com
Le 22/03/2021 à 9:36
Les États-Unis prévoient une contre-attaque cybernétique "agressive" contre la Russie,
dans le cadre d'un changement majeur de tactique destiné à servir d’avertissement aux puissances rivales

L'attaque, qui devrait avoir lieu dans les quinze prochains jours selon le New York Times, est une riposte au piratage de SolarWinds, l'infiltration à grande échelle d'agences gouvernementales et de sociétés américaines découverte à la fin de l'année dernière et dont l'origine remonte au Kremlin. Elle impliquerait des sanctions économiques accrues. Des actions clandestines devraient en outre être menées sur les réseaux russes afin de les rendre visibles pour le gouvernement de Vladimir Poutine et les services de renseignements, mais sans que celles-ci ne le soient pour le reste du monde. L’objectif de l’administration Biden ici, est d’envoyer un message aux Russes afin de pouvoir engager une vraie discussion stratégique avec ces derniers.

« C’est un ensemble d'actions à la fois visibles et invisibles », c’est ainsi que Jen Psaki, la porte-parole de la Maison Blanche, a décrit la réplique que préparent les États-Unis contre la Russie à la suite de la cyberattaque SolarWinds. Cette décision intervient alors que Joe Biden s'est engagé la semaine dernière, dans une guerre des mots avec Vladimir Poutine, qualifiant le président russe de « tueur ». En même temps, la Maison Blanche a attaqué la Chine pour ses violations des droits de l'homme lors de l'ouverture tendue de pourparlers en tête-à-tête.

Les États-Unis ne cibleront pas les structures ou les réseaux civils, mais le piratage est plutôt conçu comme un défi direct à Vladimir Poutine, le président russe, et à sa cyberarmée. La Maison Blanche a confirmé qu'elle prendrait un mélange d’actions vues et invisibles, mais sans toutefois préciser quand ni comment elle le ferait. Une telle mesure marquerait un changement de tactique par rapport aux administrations précédentes, qui ont largement agi de manière défensive contre la cyberguerre de Moscou. Donald Trump a adopté une approche beaucoup plus prudente à l'égard de la Russie, prenant soin de ne jamais critiquer ou défier directement le régime.


« Je pense en fait qu'un ensemble de mesures qui sont comprises par les Russes, mais qui peuvent ne pas être visibles pour le monde entier, sont en fait susceptibles d'être les mesures les plus efficaces en termes de clarification de ce que les États-Unis estiment être dans les limites et hors limites, et de ce que nous sommes prêts à faire en réponse », a déclaré Jake Sullivan, conseiller américain à la sécurité nationale.

Une source gouvernementale russe a déclaré qu'ils prévoyaient que ces cyberattaques prendraient la forme d'une « campagne d'information à grande échelle » visant à discréditer le vaccin russe à coronavirus. Les responsables russes s'attendraient à des « fake news » sur l'efficacité de son vaccin Sputnik-V, visant principalement les pays européens qui ont donné leur accord d'urgence à la vaccination, comme la Hongrie, la Slovaquie et la Serbie. Dmitry Peskov, le porte-parole du Kremlin, s'est dit alarmé par ces informations. « Ce serait de la cybercriminalité internationale pure et simple », a-t-il déclaré aux médias d'État.

Joe Biden a signalé cette semaine qu'il adopterait une position agressive à l'égard des ennemis de l'Amérique. La querelle latente avec Moscou s'est intensifiée cette semaine lorsque Joe Biden a qualifié Vladimir Poutine de « tueur », incitant le président russe et ses assistants à qualifier le nouveau commandant en chef des États-Unis de vieux et de sénile. En effet, Joe Biden, qui interrogé par un journaliste qui lui demandait s'il pensait que son homologue russe Vladimir Poutine était « un tueur », a acquiescé et a promis qu'il paierait « le prix » de ses actes.

Quelques heures après les propos du président américain, la Russie a annoncé, avoir rappelé son ambassadeur aux États-Unis. Selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères, l'ambassadeur à Washington, Anatoli Antonov, a été rappelé à Moscou « pour des consultations afin d'analyser ce qu'il faut faire et où aller en ce qui concerne les relations avec les États-Unis », tout en assurant vouloir éviter la « dégradation irréversible » des relations avec les États-Unis, qui se trouvent « dans un état difficile » depuis des années.


Quelques jours plus tôt, les agences de renseignement américaines ont publié un rapport sur la tentative de la Russie d'interférer avec l'élection de novembre dernier, en faveur de Donald Trump. « Biden va faire dans les prochaines semaines quelque chose que Trump n'a jamais pu faire : préparer des représailles contre la Russie », a déclaré Frank Figliuzzi, ancien directeur adjoint du FBI.

La Russie et les États-Unis s'étaient engagés à respecter les mesures dites de « cyberconfiance », qui permettaient aux pays d'avoir une ligne de conduite confidentielle sur d'éventuelles violations, mais l'accord s'est effondré de manière spectaculaire en 2016 lorsque des pirates russes ont ciblé le Comité national démocrate. Les États-Unis ont alors pris une mesure sans précédent pour identifier et dénoncer les hackers russes liés au gouvernement, mais cela n'a pas dissuadé d'autres attaques. Il y a beaucoup de confusion sur la façon dont les États-Unis vont réagir parce que les anciennes stratégies de traitement de la Russie ne fonctionnent plus. « Les anciennes stratégies d'endiguement ne fonctionnent plus », a effectivement déclaré Andrei Soldatov, un expert russe en cybercriminalité.

Ce problème est d’autant plus important à gérer que la nouvelle administration doit également prendre en compte la gigantesque cyberattaque qui a touché Microsoft. La firme de Redmond a informé le grand public que des milliers d’entreprises, de villes, et d’institutions locales subissent des piratages. Elle a très vite affirmé que la République populaire de Chine se trouvait derrière ces offensives. Le gouvernement sera donc tenté de répliquer, mais comme dans le cas russe, cela devrait se faire avec une extrême prudence. Beaucoup craignent en effet qu’une réponse trop brutale ne dégénère vers un conflit plus important.

Brett Bruen, un ancien diplomate américain qui a été directeur de l'engagement mondial à la Maison Blanche du président Obama, a déclaré : « Qu'il s'agisse de la Russie ou de la Chine, nous allons devoir donner du mordant à nos politiques. Il y a eu beaucoup de déclarations, nous devons être prêts à mettre du poids derrière ce que nous faisons ».

Source : New York Times

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?

Voir aussi :

Au moins 30 000 organisations US ont été piratées via des failles dans Microsoft Exchange, des correctifs ont été publiés, mais l'attaque continuerait sur les serveurs non patchés

Les pirates informatiques proposent de vendre à Microsoft et Cisco davantage de code source lié à l'incident Solarwinds et offrent l'accès au code source de Windows 10 volé pour 600 000 dollars

Les pirates informatiques de SolarWinds ont pu accéder au code source de Microsoft, qui avait précédemment détecté sur son réseau une porte dérobée sans incidence sur son système de production

Président de Microsoft : le piratage de SolarWinds a été « l'attaque la plus importante et la plus sophistiquée » jamais réalisée, les empreintes informatiques de plus de 1000 développeurs trouvées
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 18/07/2021 à 13:09
Les États-Unis restreignent le commerce avec quatre sociétés informatiques et d'autres entités,
en raison de leurs liens avec la Russie

En avril, dans un avis conjoint, la National Security Agency, le FBI et la Cybersecurity and Information Security Agency ont déclaré que le service de renseignement extérieur russe, en abrégé SVR, a mené l'attaque de la chaîne d'approvisionnement contre les clients du logiciel de gestion de réseau édité par SolarWinds, basé à Austin, au Texas. Le groupe de renseignement et de sécurité, qui a enquêté sur la campagne massive de piratage informatique, avait déjà déclaré en janvier que les cybercriminels étaient « vraisemblablement d’origine russe » et que l'attaque était considérée comme un acte d'espionnage plutôt que de cyberguerre.


La campagne, qui a débuté des mois avant d’être découverte, a infecté le système de construction et de distribution des logiciels de SolarWinds et l'a utilisé pour envoyer des mises à jour détournées à environ 18 000 clients. Les pirates ont ensuite envoyé des charges utiles de suivi à une dizaine d'agences fédérales américaines et à une centaine d'organisations privées. Outre l'attaque de la chaîne d'approvisionnement de SolarWinds, les pirates ont également utilisé des mots de passe et d'autres techniques pour pénétrer dans les réseaux. Microsoft est l’une des sociétés privées de premier plan qui ont été touchées par l’opération malveillante et dont le code de ses produits a été volé et mis en vente par les cybercriminels.

Le même mois, le Département du Trésor américain a fait un communiqué qui était accompagné de sanctions en représailles à ce qu'il a qualifié « d'activités agressives et nuisibles du gouvernement de la Fédération de Russie ». Les mesures comprenaient des sanctions contre six entreprises basées en Russie qui, selon le Département, « ont soutenu les efforts des services de renseignement russes pour mener des cyberactivités malveillantes contre les États-Unis ».

Les six sociétés et instituts russes concernés par ces sanctions américaines sont : ERA Technopolis, Pasit, SVA, Neobit, AST et Positive Technologies.

« La raison pour laquelle elles ont été mentionnées est qu'elles font partie intégrante de l'opération que le SVR exécute et y participent », a déclaré le directeur de la cybersécurité de la NSA, Rob Joyce, à propos des six sociétés. « Nous espérons qu'en privant le SVR du soutien de ces sociétés, nous réduirons leur capacité à projeter certaines de ces activités malveillantes dans le monde et en particulier aux États-Unis ».

Alors que certains experts en sécurité nationale affirment que l'opération de piratage de SolarWinds pourrait être considérée comme une activité d'espionnage traditionnelle, ce qui n'est pas rare chez les pirates du gouvernement, le Département du Trésor a dit dans son communiqué que « la portée et l'ampleur de cette compromission, combinées à l'histoire de la Russie dans la réalisation de cyberopérations imprudentes et perturbatrices, en font une préoccupation de sécurité nationale ».

De nouvelles sanctions

Vendredi 16 juillet 2021, les États-Unis ont porté un nouveau coup à l'industrie russe de la cybersécurité, restreignant le commerce avec quatre sociétés de technologie de l'information et deux autres entités pour des activités « agressives et nuisibles » (y compris l'espionnage numérique) que Washington impute au gouvernement russe.

Une publication du ministère du Commerce a déclaré que les six entités avaient été sanctionnées par le département du Trésor américain en avril, qui visait des entreprises du secteur technologique qui soutiennent les services de renseignement russes.

Leur ajout à la liste noire du département du Commerce signifie que les entreprises américaines ne peuvent pas faire affaire avec eux sans licences, qui sont rarement accordées.

L'annonce fait donc suite aux sanctions d'avril, qui visaient à punir Moscou pour piratage, ingérence dans les élections américaines de l'année dernière, empoisonnement du critique du Kremlin Alexei Navalny et d'autres actions présumées malveillantes (des allégations que le Kremlin nie).

Les sanctions surviennent alors que les États-Unis répondent à un rythme d'intrusions numériques imputées à des espions soutenus par le gouvernement russe et à une série d'épidémies de ransomwares de plus en plus perturbatrices imputées aux cybercriminels russes.

Les entités ajoutées à la liste noire sont Aktsionernoe Obshchaestvo AST; Aktsionernoe Obshchestvo Pasit; Aktsionernoe Obshchestvo Pozitiv Teknolodzhiz, also known as JSC Positive Technologies; Federal State Autonomous Institution Military Innovative Technopolis Era; Federal State Autonomous Scientific Establishment Scientific Research Institute Specialized Security Computing Devices and Automation (SVA); et Obshchestvo S Ogranichennoi Otvetstvennostyu Neobit.

Era est un centre de recherche et un parc technologique exploité par le ministère russe de la Défense ; Pasit est une société informatique qui a fait de la recherche et du développement à l'appui des cyberopérations malveillantes du service russe de renseignement étranger ; SVA est une institution publique russe qui aurait également soutenu des cyberopérations malveillantes ; et les sociétés de sécurité informatique basées en Russie Neobit, AST et Positive Technologies ont des clients qui incluent le gouvernement russe, selon les États-Unis.

Positive Technologies a déclaré que l'annonce du département du Commerce ne contenait aucune nouvelle information et que la société s'était engagée dans « l'échange éthique d'informations avec la communauté professionnelle de la sécurité de l'information » et n'avait jamais été impliquée dans une attaque contre l'infrastructure américaine.

Les autres entités n'ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires des médias ou n'ont pas pu être jointes.

Les restrictions contre l'industrie technologique russe sont en préparation depuis des mois. Le jour même où les sanctions du Trésor ont été annoncées, le procureur général adjoint de l'époque, John Demers, a déclaré aux journalistes que des responsables étaient en train d'évaluer des dizaines d'entreprises russes en vue d'un éventuel renvoi au département du Commerce.

Demers a déclaré que les enquêteurs examineraient « un lien connu entre une entreprise particulière et les services de renseignement russes » tandis qu'ils évaluaient si une entreprise représentait un risque. Les entreprises non russes qui ont des opérations de back-office en Russie seront également examinées, a-t-il déclaré.

Les États-Unis ajoutent des entités à la liste noire du commerce du département du Commerce qui, selon eux, présentent un risque pour la sécurité nationale ou les intérêts de politique étrangère des États-Unis.

Source : Département du Trésor américain
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Avatar de marsupial
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 22/12/2020 à 13:08
SolarWinds dispose de deux portes dérobées dans Orion indépendantes l'une de l'autre. source Ziff Davis

La sonde Einstein de l'administration US n'est pas "heuristique" = grosse faiblesse comme dit dans la news.

L'Etat américain rémunère au plus bas du marché ses consultants en sécurité. Cela implique que ce ne sont malheureusement pas les meilleurs qui, eux, se retrouvent dans le privé, plus lucratif. source Ars Technica

Les recommandations du GAO sont sur la table depuis fin 2018 et ont été rapportées par le sénateur démocrate du comité du Congrés à la cybersécurité. Peu d'entres elles sont appliquées. Voire pas du tout. source Ziff Davis

De tous ces éléments, je tire comme conclusion que l'Etat américain peut se défendre des petits rigolos dans mon genre mais certainement pas contre un groupe de pirates déterminés.

La France n'est pas concernée par cette attaque, ni l'OTAN. Et même si c'était le cas, les attaquants n'auraient pas pu se déplacer dans le réseau comme ils l'ont fait aux Etats-Unis.
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Avatar de der§en
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 01/03/2021 à 14:26
Rhooo, la faute d'un stagiaire, franchement quel manque d'imagination...
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Avatar de Fagus
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 16/04/2021 à 13:50
Les USA écoutent et piratent le monde entier notamment pour voler les secrets industriels et diplomatiques (allo Merkel ;-) ?). La belle affaire, les chancelleries occidentales en remercient leurs alliés américains et en demandent encore. Demandez à Snowden et Assange ce qu'ils en pensent. Ah ? on me dit que le dernier est au secret dans une prison de haute sécurité britannique ? (alors que toutes les charges contre lui ont été abandonnées ou les peines ont expiré ?).

Les Américains et les vassaux européens ont tellement acculé la Russie qu'au final, on semble en sortir plutôt perdants nous les Européens. On aurait pu avoir un allié, on avait un partenaire économique, et on se retrouve face à une puissance militaire qu'on rend hostile et qu'on pousse à s'allier à la Chine.

Tiens, le jour où la Chine mangera Taïwan, et obtiendra ainsi l'hégémonie mondiale sur quasi toute la chaîne de production de composants électroniques, on fera moins nos malins puisqu'il n'y en a plus en occident, notamment grâce aux entreprise françaises sans usines, puis sans R&D, puis finalement sans entreprises.

Peut être que si les Russes ne sont pas trop vaches, ils voudront bien nous faire un prix d'ami sur leurs processeurs russes
5  0 
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 17/02/2021 à 7:33
Haa ! Les américains ! Tellement fiers de leur Quick and Dirty ! Et voilà...
4  0 
Avatar de TotoParis
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 14/03/2021 à 11:05
« Wow, je suis complètement sans voix ici », a écrit sur Twitter Dave Kennedy, fondateur de la société de sécurité TrustedSec. « Microsoft a vraiment retiré le code PoC de Github. C'est énorme, retirer de GitHub le code d'un chercheur en sécurité contre leur propre produit et qui a déjà été patché ».

Wow, le mec, il déconne à donf ! Microsoft à pris cette décision car il restait 125 000 serveurs non encore "patchés". Ben ouais, c'est ballot, mais ils protègent un peu leurs clients aussi.
Si des chercheur en securité sont en désaccord, ils peuvent aller voir ailleurs que sur GitHub.

Quant au fond de l'affaire, des groupes terroristes soutenus par l'Etat chinois, ils en pensent quoi, ces "chercheurs" ?
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Avatar de Daïmanu
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 24/12/2020 à 11:07
À chaque fois que je vois ce genre de news je suis aussi dégoûté que ce personnage de CommitStrip.

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Avatar de Arya Nawel
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 22/03/2021 à 10:56
Comment peut-on critiquer les actions de ses ennemis lorsque l'on démontre que l'on tout aussi mauvais que lui ? Ça ressemble juste à une banale rivalité enfantine... Et dans ces cas là, tout le monde fini toujours trempé
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 22/03/2021 à 10:58
Les USA disposent de 18 agences de renseignement disposant d'un effectif supérieur à 100'000 collaborateurs avec un budget annuel supérieur à 55 milliards de dollar. A cela s'ajoute des milliers d'entreprises privées sous contrat avec le gouvernement américain portant l'effectif des services de renseignement américains à plus de 400'000 personnes...

Et donc, on veut nous faire croire que c'est seulement dans quelques semaines que les USA ayant perdu patience vont finir par organiser une action cybernétique "agressive"... C'est une farce?
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