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Meta réagit à une révélation fracassante concernant ses lunettes Ray-Ban et supprime en silence le système de reconnaissance faciale de l'appli de ses lunettes connectées, après la publication d'un rapport

Le , par Patrick Ruiz

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Meta réagit à une révélation fracassante concernant ses lunettes Ray-Ban et supprime en silence le système de reconnaissance faciale de l'appli de ses lunettes connectées, après la publication d'un rapport

Meta n'a pas publié de communiqué officiel et public concernant la suppression du code de reconnaissance faciale de son application pour lunettes connectées. L'entreprise a plutôt supprimé ce code en toute discrétion le 5 juin 2026, dans le cadre d'une mise à jour logicielle de routine, à la suite d'une vive polémique suscitée par la publication d’un rapport en la matière. Le tableau est cohérent avec de précédentes publications selon lesquelles les lunettes connectées Ray-Ban sont des machines de surveillance pour l’intelligence artificielle.

Le projet en lien avec le code supprimé était dénommé « Name Tag » et impliquait l’abolition définitive de l’anonymat dans les espaces publics

De précédents rapports publiés sur developpez.com avaient déjà fait état de l’existence d’un projet baptisé « Name Tag ». Cette fonctionnalité était prévue pour permettre à l'utilisateur d'identifier, en temps réel et grâce à la caméra intégrée dans ses lunettes, toute personne entrant dans son champ de vision — en croisant les données visuelles avec les profils disponibles dans l'écosystème Meta, ou d'autres informations basiques associées à l'individu. La perspective était radicale : là où les lunettes actuelles se contentent de filmer, Name Tag était censé attribuer une identité. Le projet impliquait ainsi l’abolition de l'anonymat dans les espaces publics.


Le 4 juin 2026, un reportage d'investigation a révélé que Meta a discrètement intégré une infrastructure de reconnaissance faciale non encore commercialisée dans son application Meta AI Companion, touchant ainsi plus de 50 millions d'appareils. Exactement un jour après la publication du rapport, Meta a effectué une mise à jour de l'application qui a supprimé les bibliothèques de reconnaissance faciale et effacé les dossiers locaux destinés à stocker les données relatives aux visages non reconnus.


Les lunettes Ray-Ban de Meta c’est une longue chaîne d’ingrédients qui mettent à mal la vie privée : une LED quasi invisible, des employés sous-traitants qui visionnent vos images en temps réel, etc.

Meta a intégré une petite LED sur la monture censée indiquer aux personnes environnantes que la caméra est active. Cette mesure se veut être le garde-fou technique garantissant une transparence minimale. Sauf que, comme l'a démontré une enquête publiée par le quotidien suédois Svenska Dagbladet (SvD) et largement relayée, ce voyant lumineux est quasi invisible en plein jour, imperceptible à plusieurs mètres de distance. Dans les espaces professionnels, des travailleurs interrogés sous couvert d'anonymat décrivent la capacité de surveillance que confèrent ces lunettes : « Vous ne savez pas s'ils enregistrent ou non ». Des forums en ligne montrent que certains utilisateurs masquent délibérément ce voyant avec un simple morceau d'adhésif opaque, supprimant l'unique signal visible.

Les cas d'usages abusifs sont documentés et se multiplient. Des porteurs filment dans des salles de bain, des cabinets médicaux et des tribunaux. La tendance des propriétaires à porter ces lunettes dans les salons de massage, en diffusant parfois en direct sur Instagram à destination de milliers de spectateurs, est devenue un motif récurrent de plaintes. En octobre 2025, l'Université de San Francisco a émis une mise en garde officielle après des signalements de captation non consentie de femmes dans l'enceinte du campus. La RTBF a recensé, entre décembre 2025 et février 2026, 44 femmes victimes de ce type de filmage caché pour 25 hommes — et dans un cas espagnol similaire, 100 % des victimes étaient des femmes.

Au-delà de la question du voyant, certaines enquêtes déjà relayées sur developpez.com soulèvent un angle bien plus préoccupant encore : le contenu capturé par les lunettes est régulièrement visionné par des travailleurs humains, en sous-traitance, chargés d'annoter les données pour entraîner les modèles d'IA de Meta. Ces annotateurs ont accès à des images qui peuvent inclure des scènes très intimes — des personnes se déshabillant, des situations médicales, des moments captés dans des espaces que leurs occupants croyaient protégés.

Ce n'est pas une pratique isolée dans le secteur. Amazon, Apple et Google ont tous été épinglés pour des pratiques similaires avec leurs assistants vocaux. Mais dans le cas des lunettes connectées, la dimension visuelle ajoute une couche de vulnérabilité inédite. Un enregistrement vocal accidentel déclenché par une fausse reconnaissance du mot-clé est déjà problématique ; une image captée dans une salle de bain ou un cabinet médical l'est bien davantage.

En avril 2025, Meta a révisé sa politique de confidentialité pour les Ray-Ban Meta, en activant par défaut les fonctionnalités d'IA incluant la caméra. L'entreprise assure que les photos et vidéos restent stockées localement sur le téléphone de l'utilisateur et ne servent à l'entraînement de l'IA qu'en cas de partage explicite vers les services cloud. Mais les enregistrements vocaux déclenchés par « Hey Meta » sont, eux, stockés dans le cloud par défaut et peuvent être conservés jusqu'à un an.

Les algorithmes d'annotation génèrent des erreurs — et c'est là qu'intervient le regard humain des sous-traitants, parfois sans que les frontières entre consentement et exploitation des données ne soient clairement établies.


Les risques liés aux lunettes connectées de Meta sont exacerbés par l'intelligence artificielle

Lorsque les utilisateurs prennent des photos ou des vidéos avec les lunettes connectées, celles-ci sont envoyées au cloud de Meta pour être traitées par l'IA. Selon Meta, « toutes les photos traitées par l'IA sont stockées et utilisées pour améliorer les produits Meta, et seront utilisées pour former l'IA de Meta avec l'aide d'évaluateurs qualifiés ». L'entreprise précise que ce traitement comprend l'analyse des objets, du texte et d'autres contenus des photos.

En outre, l'omniprésence des appareils photo numériques portables, y compris ceux que l'on peut porter sur soi, a eu un impact considérable sur la manière dont nous documentons notre vie, tout en ravivant les débats juridiques et éthiques sur la protection de la vie privée et la surveillance. Après la sortie des lunettes, Meta a publié un ensemble de bonnes pratiques pour encourager les utilisateurs à respecter les droits d'autrui lorsqu'ils portent les lunettes.

Ces lignes directrices suggèrent d'annoncer officiellement quand vous avez l'intention d'utiliser la caméra ou de faire du livestream, et d'éteindre l'appareil lorsque vous entrez dans des espaces privés. Ce qui n'est pas encore clair, c'est la question du consentement des passants et la manière dont les personnes qui apparaissent involontairement à l'arrière-plan des photos de quelqu'un d'autre seront utilisées par Meta dans le cadre de la formation de son IA.

Au fur et à mesure que les capacités de l'IA évoluent et que ces technologies se généralisent, ces préoccupations risquent de s'accentuer. Le fait que Meta s'appuie sur le comportement des utilisateurs pour faire respecter les normes de protection de la vie privée pourrait ne pas être suffisant pour répondre aux questions complexes concernant le consentement, la surveillance et l'exploitation des données. Meta pourrait également se heurter aux régulateurs.

Compte tenu des antécédents de Meta en matière de protection de la vie privée et de son modèle commercial axé sur les données, il est légitime de se demander si les garanties actuelles sont suffisantes pour protéger la vie privée dans notre monde de plus en plus numérisé. Des critiques considèrent déjà ces lunettes comme un cauchemar pour la vie privée. Et sa nouvelle politique de confidentialité semble confirmer ses préoccupations.

Et vous ?

Partagez-vous les avis selon lesquels le retrait par Meta de cette fonctionnalité de reconnaissance faciale répond plus au fait que la manœuvre n’a pas pu passer sous silence qu’à son éthique en matière de vie privée ?
Partagez-vous les avis selon lesquels les inconvénients des dispositifs comme les lunettes Ray-Ban de Meta surpassent leurs avantages et de ce fait ne devraient pas être commercialisés ?

Voir aussi :

Des étudiants de Harvard ajoutent la reconnaissance faciale aux lunettes connectées Ray-Ban de Meta pour identifier les inconnus en temps réel, la démonstration met en évidence le côté obscur de ces gadgets

Lunettes connectées Ray-Ban : Meta annonce de nouvelles fonctionnalités avancées comme le traitement vidéo IA en temps réel, la traduction en direct des langues, les rappels et la lecture de codes QR

Meta a truqué les tests pour donner l'impression que son nouveau modèle d'IA Llama 4 est meilleur que la concurrence, ce qui remet davantage en cause la pertinence des résultats des benchmarks de l'IA
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Avatar de totozor
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 11/06/2026 à 15:48
Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
Cette règle cherche à protéger la vie privée des citoyens en interdisant toute capture audio ou ou vidéo dissimulée
Ce qu'elle ne fait pas en fait.
Que se passe-t-il si je croise quelqu'un qui a des lunettes avec ladite lumière allumée et que je ne veux pas être filmé?
Je lui signale? J'ai déjà été filmé, il en fait ce qu'il veut. le mal est potentiellement déjà fait, mon image peut déjà être stockée et analysée.
J'évite de passer dans son champ de vision? Le monde est un nouveau escape game où le but est d'éviter d'être filmé par tout un chacun?
Nous sommes en 2026, la notion de consentement a été largement maturée depuis mon enfance et on sait tous que "qui en dit mot consent" est inexact.
Nous nous rapprochons lentement mais surement de 1984.

Cette lumière n'est en rien une protection, c'est juste un moyen de te signaler que ton consentement n'a pas été respecté.
En agissant ainsi, les autorités souhaitent limiter les dérives liées à la surveillance clandestine sans le consentement des personnes filmées.
La surveillance clandestine... Non consentie...
On est pas en train de se répéter. La surveillance clandestine est par essence non consentie.
Mais on nous fait croire que l'enjeu c'est la lumière.
Alors que l'enjeu c'est les lunettes en elle même.
Concentrez vous sur la lumière, oubliez la caméra qu'elle signale. Tout va bien... Faites moi confiaaance.
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Avatar de Access_to_folder
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 09/06/2026 à 22:15
Des reconnaissances faciales se pratiquaient déjà du temps de Picasa.. même si celle ci était plus évoluée et recoupait avec des empreintes sur un serveur central selon l'article.

Une crainte similaire n'a pas été pour le smartphone (et assimilés : tablettes, montres connectées...), pourtant constituant là aussi suivant le paramétrage et l'applicatif installé des "cas d'usages abusifs". Qui éteint maintenant son smartphone avant de rentrer chez quelqu'un de demande ensuite préalablement l'autorisation de l'allumer tel on fait avec les cigarettes ? Outre être malpoli, cela peut poser des problèmes de non recueil de consentement préalable (reconnaissance vocale d'un habitant non consentant...).
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