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La réalité terrifiante de la mise à disposition de technologies de surveillance de masse non réglementées à la police : un policier licencié pour une utilisation abusive de la base de données des caméras Flock

Le , par Jade Emy

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Une nouvelle affaire choquante en Californie a mis au jour une énorme lacune juridique qui permet à des agents sans scrupules de rester en liberté. Un policier de San José a récemment été licencié après avoir accédé illicitement au réseau de caméras Flock Safety de la ville pour localiser une victime de violences conjugales et avoir communiqué sa position en temps réel directement à son agresseur présumé. Conséquence directe de ce scandale, le service affirme que les agents ont désormais strictement l’interdiction d’accéder au système ALPR depuis leurs appareils personnels. Malgré cette grave atteinte à la sécurité publique et ce harcèlement numérique flagrant, l’agent, dont l’identité n’a pas été révélée, a simplement été licencié, et non arrêté.

Flock Group Inc., opérant sous le nom de Flock Safety, est une société américaine privée spécialisée dans la fabrication et l’exploitation de matériel et de logiciels de surveillance, notamment la reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ALPR), la vidéosurveillance de masse, les systèmes de localisation des coups de feu et les logiciels permettant d’intégrer les données recueillies par ces technologies. Fondée en 2017, Flock exploite ces systèmes dans le cadre de contrats conclus avec des forces de l'ordre, des associations de quartier et des propriétaires privés. En juillet 2026, Flock affirmait être présente dans plus de 6 000 collectivités réparties dans 49 États américains et effectuer plus de 20 milliards de scans de véhicules aux États-Unis chaque mois.

Le réseau de Flock Safety repose sur des caméras, la reconnaissance d’images et l’apprentissage automatique, qui partagent des données avec les services de police. Cependant, Flock Safety fait face à une résistance civile inédite. Dans le même temps, des policiers ont été pris en flagrant délit d’utilisation du système pour traquer d’anciens partenaires et des collègues, et des journalistes ont rapporté que, contrairement aux affirmations de l’entreprise selon lesquelles elle n’enregistre que les véhicules, les caméras peuvent être utilisées pour suivre des personnes. On recense plus d’une douzaine de cas où des policiers ont été accusés ou arrêtés pour avoir utilisé Flock afin de harceler et de traquer des personnes.

En juin 2025, l'Electronic Frontier Foundation (EFF) avait déjà révélé un exemple effrayant de surveillance policière, dans lequel le bureau du shérif du Texas a utilisé les données de plus de 83 000 caméras de lecture automatique des plaques d'immatriculation (ALPR) pour retrouver une femme soupçonnée d'avoir pratiqué un avortement sans assistance médicale. Selon l'EFF, le policier a effectué des recherches dans 6 809 réseaux de caméras différents gérés par la société de technologie de surveillance Flock Safety, y compris dans des États où l'accès à l'avortement est protégé par la loi, tels que Washington et l'Illinois. Le dossier de recherche indiquait clairement la raison : « a subi un avortement, recherche une femme ».

Des révélations qui n’ont fait qu’accroître le rejet et la méfiance du public. Un nouveau rapport vient s'ajouter à cette liste. Quelques jours seulement après l’arrestation d’agents en Floride et à New York pour avoir détourné des lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation (ALPR) à des fins de harcèlement personnel, une nouvelle affaire choquante en Californie a mis au jour une énorme lacune juridique qui permet à des agents sans scrupules de rester en liberté. Un policier de San José a récemment été licencié après avoir accédé illicitement au réseau de caméras Flock Safety de la ville pour localiser une victime de violences conjugales et avoir communiqué sa position en temps réel directement à son agresseur présumé.


Un policier a accédé illicitement au réseau de caméras Flock Safety pour localiser une victime de violences conjugales et avoir communiqué sa position à son agresseur présumé

Cet effroyable abus de pouvoir a été découvert après que la victime a signalé à la police que son agresseur présumé affirmait connaître sa position exacte. « Le policier a utilisé son téléphone personnel pour accéder au système de caméras Flock », précise le rapport. « Il a ensuite communiqué la position d’un véhicule à son cousin, qui était suspect dans une affaire de violence conjugale. » Le cousin a alors activement utilisé ces données de localisation en temps réel, extrêmement sensibles, pour traquer la victime.

Le service a immédiatement mis le policier en congé administratif et ouvert une enquête interne. Dans une déclaration publique ferme, le chef de la police de San José, Paul Joseph, a condamné ces agissements : « Lorsqu’un agent trahit aussi gravement la confiance du public, ma responsabilité est claire : cette personne ne peut pas rester à un poste d’autorité policière, et elle ne peut pas porter l’insigne de San José. Cette technologie est nouvelle ; la norme, elle, ne l’est pas ».

Conséquence directe de ce scandale, le service affirme que les agents ont désormais strictement l’interdiction d’accéder au système ALPR depuis leurs appareils personnels. Malgré cette grave atteinte à la sécurité publique et ce harcèlement numérique flagrant, l’agent, dont l’identité n’a pas été révélée, a simplement été licencié — et non arrêté. « Ni le cousin ni l’agent n’ont fait l’objet de poursuites pénales », a noté le rapport.

Comment un agent peut-il aider activement un suspect de violence conjugale à harceler une victime sans enfreindre la loi ? Tout repose sur une terrifiante subtilité juridique dans la législation californienne sur la protection de la vie privée. Comme l’agent était un membre assermenté des forces de l’ordre, il « avait techniquement l’autorisation d’accéder à la base de données ; même s’il en a fait un usage abusif, il n’a pas commis de crime ». Steven Clark, analyste juridique et ancien procureur, a expliqué cette dangereuse lacune juridique. « Il existe une faille juridique concernant Flock : il est illégal d’accéder à une base de données pénale confidentielle sans motif légitime, mais Flock n’est pas concerné par cette disposition », a déclaré Clark.

La législation sur la protection de la vie privée n'arrive pas à suivre les cas d'abus

Alors que le bureau du procureur du comté de Santa Clara a refusé de porter plainte, un autre rapport confirme que le service de police de San José a transmis l’affaire à la Commission sur les normes et la formation des agents de la paix (POST), qui détient le pouvoir de révoquer définitivement son habilitation à exercer dans tout l’État. Cet incident terrifiant est en passe de devenir la « preuve n° 1 » pour les associations de défense de la vie privée numérique qui luttent contre la surveillance municipale. L’Institute for Justice a récemment souligné qu’il ne s’agissait pas d’un cas isolé, citant plus de 140 cas documentés à l’échelle nationale d’agents ayant abusé des bases de données ALPR, souvent pour suivre des partenaires amoureux ou des victimes de violences.

San José est déjà confrontée à une avalanche de poursuites judiciaires concernant les quelque 500 caméras Flock qui couvrent toute la ville. L’ACLU de Californie du Nord et l’Electronic Frontier Foundation (EFF) ont apporté leur soutien à des actions en justice arguant que la surveillance rétrospective des citoyens viole les droits constitutionnels. Dans le même temps, les efforts législatifs visant à combler cette lacune restent complètement au point mort.

Malgré le nombre croissant de cas d’abus liés à l’ALPR à travers le pays, les législateurs californiens ont récemment ajourné leurs travaux pour la cinquième année consécutive sans imposer de nouvelles garanties strictes concernant la technologie de lecture des plaques d’immatriculation, laissant ainsi des millions de conducteurs exposés à ce type précis de traçage abusif qui a failli coûter la vie à une victime de violence conjugale à San José.

Avec le manque de régulation, la population est tentée à se faire justice. En l'espace de quelques années, la start-up spécialisée dans la surveillance Flock a installé plus de 100 000 caméras de lecture de plaques d'immatriculation à travers les États-Unis. Mais un mouvement citoyen, indigné par les atteintes à la vie privée, riposte — allant même jusqu'à vandaliser systématiquement ces équipements. Les opposants s'indignent face à ce qu'ils qualifient d'outil dangereux, susceptible d'être utilisé pour porter atteinte à la vie privée et aux libertés civiles des Américains. Le groupe Facebook « DeFlock America » compte plus de 600 000 membres et en gagne des milliers de plus chaque jour.

En outre, ces révélations interviennent alors qu'une nouvelle enquête a montré que Flock Safety a mis au point un outil capable de reconnaître, d'identifier, et de suivre des individus. La société a affirmé depuis des années que ses caméras « ne peuvent ni reconnaître, ni identifier, ni suivre des individus », mais ce système d'intelligence artificielle (IA) permet à la police de rechercher des personnes et des véhicules en se basant uniquement sur leurs schémas de déplacement. Il ne nécessite ni plaque d'immatriculation, ni nom, ni infraction comme point de départ. L'enquête a reconstitué l'outil à partir de fichiers exposés via les pages de connexion de Flock. Un ancien policier ayant examiné le logiciel a affirmé que cela montrait que Flock « suit littéralement les gens ». Un outil d'IA qui a ouvert la voie à toute une série d'abus de pouvoir potentiels.

Et vous ?

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Voir aussi :

La société de surveillance Flock utilise désormais l'IA pour signaler une personne à la police lorsqu'elle estime que ses déplacements sont « suspects », d'après l'ACLU

Arrêtés par l'IA : quand la police ignore les normes après les correspondances de reconnaissance faciale par l'IA. Toutes les personnes arrêtées à tort subissent d'énormes préjudices

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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 17/09/2026 à 11:22
Faut-il saper la vie privée pour protéger l’ordre public ?
En l’occurrence, l'usage de caméras contrôlant l'espace public n'a JAMAIS protégé l'ordre public!

Les caméras n'empêchent pas les délits... Elles permettent simplement dans certains cas de retrouver plus facilement les auteurs!
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Avatar de Fagus
Membre expert https://www.developpez.com
Le 16/09/2026 à 14:01
heureusement que ce n'est pas en France...

En France, on a de l'ordre du million de vraies fausses plaques en circulation (https://journaldupneu.com/services/i...r-des-comptes/). La raison est qu'autrefois c'était fait à la main par les préfectures par des agents qui connaissaient leur rayon, mais que lorsque ça a été informatisé, de nombreuses failles de logiques dans le processus ont été décelées par des acteurs malveillants (en jouant avec les délais légaux, avec des entreprise éphémères, des entreprises UE hors France), qui permettent de créer des fausses vraies plaques (c'est à dire de fausses plaques délivrées par les autorités compétentes), en grandes quantités.

Sans compter les doublettes (les fausses plaques qui copient celles d'une voiture identique, qui peuvent être fabriquées par n'importe qui depuis que le marché a été libéralisé)
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 17/09/2026 à 9:36
Les adeptes de la surveillance :
Toujours prêt à donner votre visage et déplacement en étant filmé si c'est pour la sécurité ?
Vous accepterez bien de donner votre CNI pour protéger les enfants des réseaux sociaux aussi ?
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