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Faut-il saper la vie privée pour protéger l'ordre public ? Des pirates dérobent le logiciel des caméras Flock utliisées par la police et révèlent comment l'entreprise piste les voitures et les personnes

Le , par Patrick Ruiz

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Le piratage et l'analyse technique des caméras de surveillance Flock Safety ont mis en lumière le fonctionnement interne de ce réseau de surveillance de masse. En septembre 2026, des révélations majeures ont dévoilé comment ces outils traquent les véhicules et les citoyens. Le tableau réanime le débat sur le dilemme entre nécessité de maintien de l’ordre public et craintes de surveillance de masse.

Tout est parti du vol du logiciel Flock. Comment les pirates y sont parvenus ?

Un collectif de pirates activistes nommé stegan0gram est parvenu à extraire le logiciel embarqué et une copie quasi complète des données locales d'une caméra opérationnelle.

Les pirates ont physiquement démonté une caméra installée au-dessus d'une chaussée. Contrairement aux affirmations de Flock qui certifiait que ses appareils étaient protégés par un chiffrement de bout en bout, le groupe a réussi à extraire la clé de chiffrement directement depuis le stockage physique de l'appareil. Cela leur a permis de déverrouiller le système et d'accéder aux journaux de bord ainsi qu'aux flux vidéo.

L'analyse du code source de l'interface policière de Flock (baptisée OS Investigate, anciennement Nightshift) et du logiciel embarqué a mis en lumière les mécanismes précis de suivi.

  • Extraction d'images en masse : Pour un seul passage de véhicule, le logiciel génère des dizaines d'images distinctes (parfois plus de 100) pour créer une signature unique du véhicule. Les journaux récupérés ont montré qu'une seule caméra avait généré 1,6 million d'images en seulement 21 jours.
  • Détection explicite des individus : Bien que Flock affirme ne pas faire de reconnaissance faciale, son logiciel de vision par ordinateur (qui exécute une vingtaine d'applications simultanées sur l'appareil) est programmé pour détecter et catégoriser explicitement les personnes, les piétons, les cyclistes et les caractéristiques des objets.
  • Isolation des détails visuels spécifiques : L'intelligence artificielle isole les détails hautement spécifiques comme les autocollants sur les pare-chocs ou les motifs graphiques. Les pirates ont par exemple découvert que la caméra avait capturé et isolé un écusson de drapeau américain sur la sacoche d'un motard.
  • Analyse comportementale globale : Le logiciel central croise les données des caméras avec des fichiers de police et des bases de données commerciales pour identifier les conducteurs, repérer les véhicules qui voyagent fréquemment ensemble et cartographier les habitudes de vie.


Faut-il s’armer de dispositifs qui mettent en danger la vie privée au motif de préserver l’ordre public ? C’est le dilemme que posent des dispositifs comme les caméras Flock

Pour les forces de l'ordre, la technologie Flock Safety est un outil d'investigation d'une efficacité redoutable :

  • Lecteurs automatisés de plaques (ALPR) : Les caméras photographient en continu les plaques d'immatriculation
  • Reconnaissance par IA : Au-delà des numéros, l'intelligence artificielle identifie la marque, la couleur, le modèle, les rayures, et même les autocollants des véhicules.
  • Alertes en temps réel : Le système signale instantanément le passage de voitures volées ou de véhicules suspectés d'être liés à un crime (listes de surveillance)
  • Résolution de crimes : La firme affirme avoir soutenu plus d'un million d'enquêtes criminelles (enlèvements, homicides, vols)


De l’autre côté, Les associations de libertés civiles, comme l'ACLU et la Electronic Frontier Foundation (EFF), dénoncent la création d'un système de surveillance de masse injustifié :

  • Possibilité de suivi permanent sans mandat : Les caméras enregistrent les déplacements de millions de citoyens ordinaires qui ne sont suspectés d'aucun crime.
  • Cartographie des habitudes de vie : Reconstituer l'itinéraire d'un véhicule permet de déduire des données ultra-privées : opinions politiques (visites à des manifestations), orientation religieuse (lieux de culte) ou état de santé.
  • Base de données centralisée : Les données récoltées sont stockées, interconnectées au niveau national et accessibles par des milliers d'agents sans contrôle judiciaire strict.



Des cas documentés viennent légitimer les craintes de surveillance de masse

Une enquête d'envergure du Washington Post a révélé qu'au moins 50 policiers ont détourné le système Flock à des fins personnelles. Des agents ont utilisé la base de données pour traquer illégalement les déplacements de leurs épouses, de leurs ex-compagnes ou de femmes de leur entourage, transformant un outil de sécurité publique en instrument de harcèlement domestique.

Dans le contexte post-Roe v. Wade, des documents officiels ont révélé au Texas que des shérifs adjoints ont interrogé le réseau Flock pour suivre une femme soupçonnée de se rendre dans une clinique pour avorter. Cette militarisation de la surveillance contre les droits des femmes a provoqué une indignation politique majeure.

Une analyse de l'EFF a démontré que plus de 80 agences de police utilisaient des termes à caractère racial (comme le mot "Roma" ou des injures raciales) pour effectuer des recherches de véhicules sur le réseau national Flock, et ce, sans aucun lien avec un crime précis.

Bien que Flock nie tout contrat direct avec les agences fédérales de l'immigration (comme l'ICE), des policiers locaux ont utilisé le système pour transmettre des données de localisation à la police des frontières, contournant les lois locales de certaines villes sanctuaires protectrices des immigrés.


C’est la raison d’être de mouvements de révolte et de protestations contre ces caméras Flock

Dans le cadre du mouvement DeFlock, des collectifs de citoyens partagent des cartes participatives pour localiser les appareils. Dans plus de 30 États, des actes de sabotage (caméras sciées, masquées par des cartons ou aspergées de peinture) se multiplient.

Près de 70 villes américaines (dont Los Angeles, Fort Collins, Madison) ont purement et simplement annulé leurs contrats ou désactivé leurs caméras Flock. Certaines municipalités (notamment dans le Wisconsin) reprochent également à Flock de réaliser des profits commerciaux sur la revente de données prétendument anonymisées.

Des membres du Congrès américain ont lancé une enquête formelle sur la manière dont Flock menace les libertés civiles des minorités et des femmes.

Sous une pression étouffante, le PDG de Flock Safety, Garrett Langley, a dû formellement s'excuser pour les dérives policières. L'entreprise a réduit sa durée par défaut de conservation des données (passant de 30 jours à 7 jours) et a imposé l'obligation pour les policiers d'entrer un numéro de dossier criminel valide pour chaque recherche. Des réformes jugées encore insuffisantes par les défenseurs de la vie privée.

Source : 404 Media

Et vous ?

Faut-il saper la vie privée pour assurer le maintien de l’ordre public ?
Comment peut-on parvenir à un équilibre entre les deux extrêmes ?

Voir aussi :

Arrêtés par l'IA : quand la police ignore les normes après les correspondances de reconnaissance faciale par l'IA. Toutes les personnes arrêtées à tort subissent d'énormes préjudices

Bien qu'il affirme le contraire depuis des années, Flock développe un système IA capable de reconnaître, identifier et suivre des individus, à partir des schémas de déplacement des véhicules

Les policiers passent au crible des milliers de caméras Flock en indiquant comme motif de recherche des expressions comme "PTDR", "jsp" et "Hehe", traitant la surveillance de masse comme une plaisanterie
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 17/09/2026 à 11:22
Faut-il saper la vie privée pour protéger l’ordre public ?
En l’occurrence, l'usage de caméras contrôlant l'espace public n'a JAMAIS protégé l'ordre public!

Les caméras n'empêchent pas les délits... Elles permettent simplement dans certains cas de retrouver plus facilement les auteurs!
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 17/09/2026 à 9:36
Les adeptes de la surveillance :
Toujours prêt à donner votre visage et déplacement en étant filmé si c'est pour la sécurité ?
Vous accepterez bien de donner votre CNI pour protéger les enfants des réseaux sociaux aussi ?
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